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21 mai 2023 7 21 /05 /mai /2023 13:14
La fête des insectes...

 

Des myriades d'insectes sur les fleurs d'oranger... des tourbillons d'elfes, de sylphes, de nymphes des bois...

 

 

Les insectes s'enivrent de senteurs printanières...

 

 

 

Les insectes se gorgent de sucs odorants...

 

 

Abeilles, bourdons, volucelles, cantharides, cicindèles, cétoines dorées s'attardent sur les bouquets parfumés.

 

 

 

Une cétoine d'or chavire sur les fleurs... Sa carapace scintille sous le soleil.

 

 

 

De près, on admire sa robe rutilante, ses teintes mordorées, nuancées de rouge, de vert, de lumières...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéo : rosemar

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19 mai 2023 5 19 /05 /mai /2023 09:45
La glycérie flottante...

 

Dans un extrait des Travailleurs de la mer, Hugo évoque les herbes luxuriantes de l'île de Guernesey, et notamment la "glycérie flottante"...

 

"L’herbe à Guernesey, c’est l’herbe de partout, un peu plus riche pourtant ; une prairie à Guernesey, c’est presque le gazon de Cluges ou de Géménos.

Vous y trouvez des fétuques et des pâturins, comme dans la première herbe venue, plus le cynodon pied-de-poule et la glycérie flottante, plus le brome mollet aux épillets en fuseau, plus le phalaris des Canaries, l’agrostide qui donne une teinture verte, l’ivraie raygrass, le lupin jaune, la houlque qui a de la laine sur sa tige, la flouve qui sent bon, l’amourette qui tremble, le souci pluvial, l’ail sauvage dont la fleur est si douce et l’odeur si acre, la fléole, le vulpin dont l’épi semble une petite massue, le stipe propre à faire des paniers, l’élyme utile à fixer les sables mouvants.

Est-ce tout ?

non, il y a encore le dactyle dont les fleurs se pelotonnent, le pannis millet, et même, selon quelques agronomes indigènes, l’andropogon. Il y a la crépide à feuilles de pissenlit qui marque l’heure, et le laiteron de Sibérie qui annonce le temps. Tout cela, c’est de l’herbe ; mais n’a pas qui veut cette herbe ; c’est l’herbe propre à l’archipel ; il faut le granit pour sous-sol, et l’océan pour arrosoir."

 

Quelle variété dans cette évocation ! Et quelle poésie dans tous ces termes mystérieux et étranges ! Fétuques, pâturins, cynodon, brome, phalaris, agrostide, ivraie, lupin, houlque, flouve, fléole, vulpin, stipe, élyme, dactyle, pannis, crépide, laiteron !

 

On est ébloui par cette énumération de plantes, par cette profusion de mots !

 

Que de noms aux sonorités lointaines, pleines d'exotisme ! Que de végétations à découvrir !

 

Et la glycérie flottante nous semble particulièrement étrange...

 

Quelle est cette plante aquatique, qui flotte sur les ondes ? Le nom nous étonne par des sonorités discordantes : rudesse des gutturales "g" et "r", douceur de la sifflante, acuité de la voyelle "i" réitérée...

 

Ce mot ancien vient d'un adjectif grec "glykéros", "doux" qui peut qualifier dans l'antiquité le miel, une fleur, une lumière, un chant, le sommeil ou encore le retour dans la patrie, chez Homère...

Ainsi, la "glycérie" revêt une dimension mythique, elle évoque une idée de douceur, d'harmonie...

 

Associé à l'adjectif "flottante", le nom prend encore plus de relief, on perçoit des ondoiements d'herbes, des images d'eau miroitante, des frissons de lumières sur les ondes...

 

On voit des roseaux, aux tiges feuillées, des herbes vertes qui se reflètent dans les moires des étangs, des mouvements légers...

 

Un tableau digne des peintres impressionnistes nous séduit, et nous subjugue de couleurs, de lumières, de vie...
La glycérie flottante fait naître des paysages de lacs, de marécages aux miroirs éblouissants...

 

 

 

 

 

 

La glycérie flottante...
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17 mai 2023 3 17 /05 /mai /2023 10:49
Homophobie : les mentalités n'évoluent guère...

 

Je me souviens d'une scène à laquelle j'ai assisté quand j'étais en classe de seconde : un homosexuel moqué, maltraité, traîné par ses camarades au milieu d'insultes.

J'en ai gardé une impression de malaise : comment peut-on ainsi mépriser un camarade, l'agonir d'injures, le tourner en dérision ?

Comment peut-on juger quelqu'un sur son orientation sexuelle ?

Hélas l'homophobie est encore très répandue : les mentalités n'évoluent guère, malgré quelques progrès...

 

"Plus de 40 ans déjà que l'homosexualité n'est plus un délit en France mais aucune loi ne pourra changer les mentalités. 

Alors que nous célébrons aujourd'hui la journée mondiale de la lutte contre l'homophobie, des chiffres viennent le démontrer : plus 28% d'agressions homophobes l'an dernier. Violences courantes, gratuites et parfois dramatiques, avec ce témoignage : 

Il porte en lui encore les séquelles de son agression : plus d'un mois après, Samuel a toujours du mal à marcher.

Cette nuit là, à la sortie d'une boîte de nuit, il dit avoir été violemment pris à partie par deux hommes en raison de son homosexualité...

"J'entendais : sale gay, sale gay, des insultes homophobes et au bout d'un moment, je me défends et une altercation se produit, on nous sépare... et à un moment,  le mec prend sa voiture..."

Le véhicule le percute alors à grande vitesse : avec 13 jours d'ITT, une commotion cérébrale et quelques contusions, Samuel a eu finalement de la chance. Le plus dur aujourd'hui, c'est de s'en remettre...

 

Una agression à caractère homophobe pour son avocat... le prouver lors du procès  est essentiel mais souvent compliqué, selon lui.

"C'est finalement souvent parole contre parole : là on est dans un cadre avec beaucoup de monde, des témoins, mais ce n'est pas souvent le cas. Souvent cela se passe plus dans l'intimité, en face à face."

 

Ces agressions physiques envers les personnes LGBT sont de plus en plus nombreuses : 184 cas recensés en 2022, soit un cas tous les deux jours, un chiffre en hausse de 28% en un an.

Mais toutes les victimes ne témoignent pas.

 

"C'est probablement une sous estimation, ce n'est pas évident de dire : je suis une victime, c'est un peu mal connoté même s'il n'y a aucune honte à ça.

Même si la majorité des agressions se font dans des lieux publics, plus de 30% d'entre elles se passent dans le cadre intime de la famille ou du voisinage." déclare un représentant de SOS homophobie.

 

L'homophobie a encore, hélas, la vie dure : des préjugés d'un autre temps l' accompagnent... 

 

Source :

https://www.francetvinfo.fr/societe/homophobie/violences-les-agressions-a-caractere-homophobe-en-forte-hausse-en-2022_5828180.html

 

 

Homophobie : les mentalités n'évoluent guère...
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15 mai 2023 1 15 /05 /mai /2023 12:14
"On me maltraite ici !"

 

Le témoignage de Didier Eribon sur le plateau de la Grande Librairie est particulièrement fort et émouvant : il a dû faire entrer sa mère dans un EHPAD, car elle tombait chez elle et lui et ses frères n'avaient pas d'autres solutions que de l'installer dans un EHPAD... "elle était réticente, elle a fini par accepter. Et elle est morte sept semaines après.

Ma mère me laissait des messages la nuit sur mon répondeur en me disant : "On me maltraite ici, je suis malheureuse. J'appelais le médecin de la maison de retraite car ma mère me disait : "On m'interdit de prendre des douches".

Le médecin expliquait alors : "Pour la lever, il faut deux aides soignantes, je n'ai pas assez de personnel, donc ce n'est possible qu'une fois par semaine..."

Et là, j'étais pris d'exaspération, de colère... Comment c'est possible qu'on traite les personnes âgées comme ça ? C'est un débat public, cela veut dire que le service public est tellement sous financé qu'il n'y a pas de personnel pour que les personnes âgées puissent prendre une douche chaque jour.

Une maltraitance systémique et qui sévit partout.

Les aides soignantes sont elles-mêmes maltraitées dans leur métier. C'est tout un système qui fait qu'il n'y a pas de financement.

Un livre a déjà écrit sur le sujet : EHPAD, une honte française, de Anne-Sophie Pelletier... tout est dit dans le titre. L'auteur parle d'immoralité, elle parle d'un EHPAD dans le secteur privé où la loi du profit veut faire de l'argent, le principal motif de ce qui se passe dans les EHPAD, c'est faire de l'argent pour donner de l'argent aux actionnaires.

L'idée qu'on fasse du profit sur la vieillesse, le grand âge, la perte de l'autonomie physique, parfois aussi la perte de l'autonomie cognitive, tout ça m'a tellement révolté...

Ma mère me laissait des messages et c'étaient des messages très politiques, au fond. Sa plainte était politique.

Tout un système la maltraitait mais cette plainte avait un destinataire qui était moi. Et je me suis dit : je veux faire entendre cette plainte dans l'espace public, parce que, elle, elle ne pouvait pas y accéder. Donc, je serai le porte-parole de ces milliers de femmes qui dans la nuit de leur EHPAD téléphonent à leurs enfants, en disant : On me maltraite ici."

Que raconte ce sandale de notre pays ? 

Voici l'analyse de Nicolas Mathieu :

"Cela raconte quelques chose de notre civilisation, pas seulement de notre pays... Qu'est ce que c'est que notre raison calculante, celle qui fonctionne avec des tableaux excels, qui assigne des moyens ici, qui quantifie là  le nombre de biscottes, de couches, de serviettes, de douches, de personnels.

En fait, quand vous commencez à rechercher la performance et l'efficience à tout prix, cette manière-là, cela produit des situations inhumaines dans tous les coins, partout. Et personne n'est responsable puisque c'est un dispositif. C'est une question d'idéologie, profondément.

Il y a des gens qui au bout du dispositif ont tout à coup des vies de moindre valeur. On est dans une civilisation qui donne des valeurs différentes aux vies selon qu'elles sont puissantes ou misérables, selon qu'on est jeune ou vieux, selon qu'on est étranger ou de souche, etc."

Et rien ne change...

"Un livre dénonce la loi du profit mais ceux qui font fonctionner à leur profit cette loi du profit se moquent totalement de ce qu'on peut dire dans un livre qui les dénonce. Ce qui compte pour eux, c'est de continuer à faire ce profit. C'est la loi du profit poussée à son immoralité la plus abjecte..." ajoute Didier Eribon, auteur du livre Vie, vieillesse et mort d'une femme du peuple.

"On est tous terriblement précaires devant la vieillesse, quelle que soit notre classe sociale... c'est une violence extrême exercée à l'encontre de ces personnes sans défense et sans possibilité de résistance."

Plusieurs livres ont été écrits sur le sujet mais effectivement rien ne change.

 

 

Source :

 

https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/la-grande-librairie-saison-15/4859749-emission-du-mercredi-10-mai-2023.html

 

Rappel : La chanson de Ferrat :

 

http://rosemar.over-blog.com/2018/01/tu-verras-tu-seras-bien.html

 

 

"On me maltraite ici !"
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14 mai 2023 7 14 /05 /mai /2023 12:24
Fleurs de seringat...

 

 

Un foisonnement de fleurs sur l'arbre, des gringoles de fleurs lumineuses, légères, aériennes...

 

 

 

Des fleurettes en forme d'étoiles aux teintes éclatantes de neige et de feu...

 

 

 

Un vertige de fleurs qui s'étagent sur des frondaisons verdoyantes...

 

 

 

 

Quelle modestie dans ces jolies fleurs toutes simples ! Près des feuilles dentelées, les fleurs resplendissent...

 

 

 

 

Et quel parfum enivrant ! Quels sucs éblouissants !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéo : rosemar

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12 mai 2023 5 12 /05 /mai /2023 11:49
Nîmes et le prix Goncourt...

Une exposition intitulée Nîmes et le prix Goncourt mettait en lumières trois figures illustres, trois Nîmois : Alphonse Daudet, Marc Bernard et Jean Carrière...

L'exposition présentait aussi de nombreuses couvertures de romans qui ont obtenu le prix Goncourt.

Une exposition qui raconte l'histoire de ce célèbre prix littéraire, en mettant l'accent sur trois auteurs nîmois.

Alphonse Daudet fut d'abord l'exécuteur testamentaire d'Edmond de Goncourt, Marc Bernard fut primé en pleine guerre, L'épervier de Maheux de Jean Carrière fut l'un des prix les mieux vendus de l'histoire mais aussi l'un des plus lourds à porter pour son auteur.

 

Le premier prix Goncourt fut décerné en 1903.

Il y a 50 ans, le prix Goncourt était attribué à Jean Carrière, à cette occasion son fils a demandé une exposition sur ce thème à la ville de Nîmes.

 

 

Dans un premier espace, on découvre les prémices de l'histoire de ce prix.

Les frères Goncourt sont deux intellectuels argentés, et aussi deux affreux bonhommes : misogynes, antisémites, mais ils sont attachés à la modernité de la littérature. Ils ont soutenu de jeunes auteurs talentueux.

Edmond de Goncourt crée l'académie Goncourt. Et quand il dépose son testament, il choisit Alphonse Daudet comme exécuteur testamentaire...

Daudet est alors très connu comme un écrivain régionaliste, il a écrit aussi des romans d'aventures qui paraissent dans la presse sous forme de feuilletons...

Dans l'exposition, on pouvait voir ainsi un manuscrit d'un  roman intitulé Jack, corrigé par la femme de Daudet qui joua un rôle actif dans l'écriture de ses oeuvres.

 

Le prix Goncourt est créé en 1903 et décerné à un roman de science fiction : il est attribué à  John-Antoine Nau pour son roman Force ennemie (Editions de la Plume).

En voici le résumé :
Un homme est enfermé dans un asile d'aliénés. Est-il fou ? Ou bien sont-ce les aliénistes qu'il faudrait mettre à sa place ? Il se croit habité par un esprit d'une autre planète et tombe passionnément, follement, désespérément amoureux d'une femme, Irène, internée comme lui dans le même établissement. Il s'enfuit, elle sort de l'asile, disparaît... Il court jusqu'au bout du monde pour la retrouver...

On le comprend : cette oeuvre est complètement tombée dans l'oubli, alors que d'autres prix Goncourt restent célèbres, par exemple Le Feu de Barbusse en 1916, un ouvrage écrit en pleine guerre.

 

Marc Bernard, quant à lui, reçoit le prix Goncourt en 1942 : c'est un écrivain nîmois, issu d'un milieu populaire, il écrit des romans prolétariens, et en 1942, il est récompensé pour "Pareils à des enfants." Marc Bernard y retrace son enfance à Nîmes...

L’objectif de Marc Bernard pour Pareils à des enfants était de faire revivre des gens simples. Le récit relate les premières années du héros : son enfance, le départ de son père infidèle et coureur de jupons, la vie quotidienne difficile avec sa mère, tout cela inscrit dans le décor de sa Nîmes natale.

En raison d'une pénurie de papier, le livre s'est mal vendu à l'époque, en pleine guerre.

Les oeuvres de Marc Bernard ont été cependant constamment rééditées, il fut un homme de gauche très engagé.

L'exposition permettait des découvrir des extraits de son roman "Pareils à des enfants", qui étaient situés sur un plan de la ville de Nîmes.

On pouvait découvrir aussi un film Une journée toute simple, réalisé d'après un roman de Marc Bernard... une journée à Nîmes en 1968.

 

Enfin, Jean Carrière, né à Nîmes, est issu d'une famille de musiciens. Il écrit d'abord des essais sur le jazz et la musique du début du XXème siècle.

A 17 ans, il connaît une crise existentielle : il a l'impression de perdre son enfance, une période vécue comme une merveille, il a la nostalgie de cette époque.

Puis, il devient le secrétaire particulier de Jean Giono qu'il considère comme son père spirituel. Giono l'encourage à écrire.

En 1967, il écrit son premier roman : Retour à Uzès, couronné par le prix de l'Académie Française.

En 1972, il reçoit le prix Goncourt pour L'épervier de Maheux : un des plus gros succès de l'histoire du Prix Goncourt.

Pourtant, Jean Carrière vit mal ce succès, c'est une personnalité fragile.

Son père meurt peu après dans un accident et il fait une dépression.

En 1987, il publie Le Prix d'un Goncourt où il raconte ses difficultés à la suite de l'obtention de ce prix. Il était passé soudain de l'ombre à la lumière... il était devenu très vite l'écrivain des Cévennes. Et ce n'était pas son intention...

 

L'exposition permettait de découvrir de nombreux documents : manuscrits, extraits de romans, photos, article de journaux... ainsi que de nombreuses reproductions de couvertures de romans qui ont obtenu le prix Goncourt.

 

 

 

 

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10 mai 2023 3 10 /05 /mai /2023 09:56
La journaliste qui a dit non à la guerre...

 

 Marina Ovsiannikova d'un seul coup a dit NON ! NON à la guerre... C'était le 14 mars 2022 sur un plateau de télévision...

"Cette journaliste  est aussitôt arrêtée, licenciée, elle écope d'une amende de 250 euros, elle s'exile ensuite quelques semaines en Allemagne avant de retourner à Moscou pour négocier la garde de ses enfants. Arrêtée, placée en résidence surveillée, elle subit la répression du Kremlin. Elle réussit alors à s'enfuir et se réfugie en France."

 

"C'est un coup de tonnerre, un coup d'éclat au milieu d'un ciel presque sans nuage ! Sur la première chaîne, c'est la chaîne la plus contrôlée, la plus censurée et on a quelqu'un qui effectivement brandit cette pancarte, tout d'un coup.", commente l'historien Andreï Kozovoï.

"On n'y croit pas, on pense à un canular, à quelque chose de totalement faux, non c'est quelqu'un qui existe vraiment, ce ne sont pas des images truquées, et évidemment, on se met à penser : "Mais qu'est-ce qui va lui arriver ?" précise l'historien.

"Marina a sans doute ce courage... Nikita Khrouchtchev  avait dit dans une conversation avec un  écrivain Américain : "Les femmes Russes ne sont pas des peureuses." Et on a ici un exemple de courage extraordinaire."

 

" Il y a des failles dans le système russe qui se présente comme monolithique, et l'une des failles, c'est typique de ce que représente Marina  Ovsiannikova qui est issue d'une famille mixte russo ukrainienne", explique l'historien Antoine Arjakovsky.

"Il y a beaucoup de familles mixtes russo ukrainiennes en Russie, des familles qui sont déchirées par cette guerre, et on les chiffre à plusieurs centaines de milliers de personnes, cela veut dire que c'est important. Ce n'est pas quelques centaines. Les Russes d'origine ukrainienne, les Ukrainiens d'origine russe ne peuvent pas admettre la propagande russe qui explique que l'Ukraine n'existe pas comme nation.

Donc voilà un geste qui est sorti des tripes, de la compassion et aussi de l'identité mixte de Marina."

 

On imagine bien, en effet, le désarroi de ces familles déchirées, leur révolte face à une guerre fratricide qui divise des familles, des amis, des proches...

 

"Beaucoup de Russes disent dans leur cuisine qu'ils sont fatigués de ce régime dictatorial. Tous ces régimes de type dictatorial commencent par une personne qui  a des complexes, qui est faible, qui arrive au pouvoir et dont le pouvoir devient illimité. C'est comme cela que ça s'est passé en Russie... il faut presque être suicidaire pour s'opposer à la guerre.", commente Marina  Ovsiannikova.

 

"Marina  Ovsiannikova décrit aussi dans son livre "No war" les règles, les ficelles de cette propagande d'état : ne jamais délivrer de mauvaises nouvelles après une information sur Vladimir Poutine, parce que cela nuirait à son image de sauveur de la Russie. A l'inverse, jamais de bonnes nouvelles en provenance de l'occident. Il y a aussi une liste de sujets incontournables qui sont envoyés directement par le Kremlin. Tout journaliste qui ne se plierait pas à ces consignes strictes peut être sanctionné d'une amende, d'une retenue sur salaire jusqu'à 40% de son salaire...

Une information corsetée depuis notamment le discours de Munich en 2007."

"Ce système de propagande n'est pas né par hasard, les Russes ont en héritage toute une culture de la propagande et de la censure à la télévision et dans les médias, qu'ils ont gardée, Poutine a été profondément marqué par cette culture de la propagande notamment télévisée, il en a été abreuvé, c'était une propagande beaucoup plus rugueuse et primitive que ce que l'on voit aujourd'hui, une propagande de l'époque soviétique...", explique Andreï Kozovoï.

 

De fait, on retrouve cette propagande figée dans les discours de Vladimir Poutine...

 

 

Sources :

 

https://www.france.tv/france-5/c-ce-soir/c-ce-soir-saison-3/4837093-russie-l-opposition-impossible-a-poutine.html

 

https://www.lepoint.fr/monde/marina-ovsiannikova-la-majorite-des-russes-sont-dans-un-deni-de-la-realite-04-05-2023-2518913_24.php

 

 

 

 

 

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8 mai 2023 1 08 /05 /mai /2023 10:58
Russie : la guerre des chefs...

 

Rien ne va plus entre les chefs de guerre en Russie : une guerre à l'intérieur de la guerre... voilà qui fait désordre...

"La guerre des chefs est désormais totale entre le ministre russe de la défense et le chef de la milice Wagner.

Un antagonisme entre l'armée et le groupe paramilitaire qui se précise...

 

"ça, ce sont des gars de Wagner, ils sont morts aujourd'hui, leur sang est encore frais." dit le chef de la milice Wagner, Evgueni Prigojine, en montrant des cadavres dans une vidéo.

C'est avec cette vidéo macabre que  le chef de la milice Wagner, Evgueni Prigojine a lancé les hostilités.

Avec violence, il s'en prend au ministre de la défense et au chef d'état major russe. Il hurle leurs noms, "Choigou, Guérassimov ! où sont nos putains de munitions ?"

Des propos violents, une remise en cause virulente du commandement russe et de ses chefs de guerre.

 

Cela fait plusieurs mois que Evgueni Prigojine accuse l'armée russe de ne pas lui fournir assez de munitions.

Mais cette fois-ci, Evgueni Prigojine va plus loin : il passe aux menaces :

"Le 10 mai 2023, nous quitterons la ville de Bakhmout."

Situé dans l'est de l'Ukraine, Bakhmout est l'épicentre des combats depuis des mois.

Côté russe, Wagner est en première ligne pour s'en emparer. Que deviendrait l'armée russe sans Wagner ?

Evgueni Prigojine va-t-il mettre sa menace à exécution ?

Le ministre russe de la défense s'est affiché auprès de ses soldats et a semblé lui répondre : "Le chef du département militaire russe a donné l'ordre de surveiller particulièrement les problèmes de l' approvisionnement continu et rapide des groupes de soldats avec tout l'équipement militaire et les armes nécessaires..."

Il semble donc que les menaces de Prigojine ont été efficaces...

 

Pour Vladimir Poutine ces dissensions entre deux fidèles arrivent à un moment crucial : l'Ukraine s'apprête à lancer une contre offensive.

Une menace prise très au sérieux par les Russes : ils ont lancé l'évacuation des civils à proximité du front sud."

 

Cette guerre des chefs prouve une fois de plus que l'armée russe connaît de nombreux problèmes : manque de munitions, d'équipements, et aussi manque de coordination entre l'armée et le groupe paramilitaire...

 

Source :

 

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/guerre-en-ukraine-evgueni-prigojine-menace-de-retirer-ses-troupes-de-bakhmout_5809337.html

 

 

 

 

Russie : la guerre des chefs...
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7 mai 2023 7 07 /05 /mai /2023 20:26
Féerie de fleurs de marronniers...

 

Des bouquets, des grappes de fleurs serrées sur les marronniers : une fête des couleurs, des élégances de blancs et de roses dans les Jardins...

 

 

Les arbres se couvrent de myriades de fleurs aériennes et légères... Des toisons foisonnantes, lumineuses sur les frondaisons du printemps...

 

 

Des cônes de fleurs frémissantes sous le vent du printemps...

 

 

Des fleurs délicates aux teintes nuancées de blanc, de xanthe, de rose...

 

 

Des fleurs si douces courtisées par des tourbillons de nymphes des bois...

 

 

 

Des fleurs raffinées, délicates... des féeries de fleurs sur les marronniers !

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéo : rosemar

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5 mai 2023 5 05 /05 /mai /2023 11:29
La reine de l'Egyptologie...

 

Claudine Le Tourneur d'Ison a rédigé une biographie de Christiane Desroches Noblecourt, égyptologue : elle a été son élève et elle est venue présenter son ouvrage lors du Festival de la Biographie à Nîmes...

Christiane Desroches Noblecourt est une des rares femmes à avoir laissé son nom dans l'histoire de l'Egyptologie.

 

"Elle a fait beaucoup pour l'Egypte, pour le musée du Louvres qu'elle a vraiment enrichi. C'est elle qui a initié la campagne de Nubie : en 1954, Nasser qui arrive au pouvoir décide qu'il faut moderniser et industrialiser le pays. Il va faire construire un grand barrage au sud d'Assouan. Ce grand barrage va créer un lac de 500 kilomètres qui va noyer la Nubie. Il noie ainsi toute une partie de l'histoire, avec deux temples emblématiques, le temple d'Abou Simbel et les temples de l'île de Philae.

 

Christiane Desroches Noblecourt clame qu'on ne peut pas laisser disparaître un patrimoine aussi colossal. C'est elle qui génère le début de la campagne de Nubie qui va durer 20 ans, et pendant 20 ans de sa vie, elle va se battre pour que les temples soient sauvés, déplacés.

Et elle y parvient grâce à l'Unesco et au soutien des Egyptiens. C'est une énorme aventure humaine.

 

Construire ces temples a été déjà une colossale entreprise humaine. Ce qu'ont fait les Egyptiens anciens, construire ces temples, cela a déjà été colossal... Ceux qui ont déplacé le monument et qui ont découpé Abou Simbel, (parce qu' Abou Simbel, c'était un temple creusé dans la roche), tous ces hommes qui ont découpé, qui ont démonté, qui ont remis le temple dans un endroit préservé ont fait un vrai travail de génie.

 

Dans le livre, il y a deux chapitres sur la campagne de Nubie : une grande aventure humaine... on n'imagine pas aujourd'hui que cinquante nations dans le monde ont donné de l'argent pour sauver des temples...

Aujourd'hui, cela paraît vraiment inimaginable et cette grande aventure humaine nécessite d'être remise au goût du jour et racontée, parce qu'il faut voir ce que les hommes au XXème siècle ont fait aussi. L'amitié et la coordination entre les peuples, à ce moment-là, entre 1960 et 1980 a fait en sorte qu'un patrimoine mondial a été sauvé.

 

Et c'est de là qu'est issue la notion de patrimoine mondial de l'Unesco.

 

Christiane Desroches Noblecourt a aussi régné 50 ans sur le Louvres, c'est elle qui a vraiment démocratisé et popularisé l'Egyptologie. Avant, c'était quand même un domaine très intimiste et grâce aux grandes expositions qu'elle a initiées, comme en 67 l'expo Toutankhamon, en 76, l'expo Ramsès, ces expositions qui attirent énormément de monde... en 67, il y a un million deux cent mille personnes qui vont voir Toutankhamon, alors que personne n'allait en Egypte et que les voyages en Egypte, c'était pour une toute petite élite."

 

https://www.babelio.com/livres/Le-Tourneur-dIson-Christiane-Desroches-Noblecourt--La-reine-de-lg/1435086#!

 

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