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24 février 2023 5 24 /02 /février /2023 13:14
La crucifixion de l'Ukraine...

 

Un des anniversaires les plus douloureux de son histoire pour l'Ukraine : il y a un an, le 24 février 2022, Vladimir Poutine lançait son armée pour envahir le territoire ukrainien, il espérait une victoire rapide mais aujourd'hui ses soldats sont enlisés dans le Donbass...

Une guerre sans merci dont les origines sont lointaines : depuis le XVIe siècle, quels que soient les régimes, Moscou prétend défendre la tradition chrétienne originelle et s'élever en rempart contre les ambitions d'une Europe jugée décadente et barbare.

 La "Sainte Russie" semble toujours se situer dans une perspective messianique...
 

Jean François Colosimo, essayiste, invité au Festival de la Biographie est venu présenter son ouvrage : La crucifixion de l'Ukraine... un décryptage du conflit russo-ukrainien à la lumière de l'histoire des guerres de religion en Europe...

Il y a quelques mois, Jean François Colosimo annonçait déjà que la Russie avait perdu la guerre.

"L'illusion, la faute, qui résultent d'une immense tragédie pour les Ukrainiens mais pour les Russes aussi, puisque Poutine massacre les Ukrainiens et en même temps sacrifie les Russes comme de la chair à canon à sa guerre insensée, criminelle, fratricide, cette guerre est perdue parce que nous savons depuis très longtemps depuis le 18ème siècle que les guerres d'invasion qui débouchent sur une occupation sont toujours des guerres qu'on appelle dissymétriques, entre le soldat qui vient de son pays pour occuper un autre pays et celui qui est dans son pays, qui n'est pas nécessairement un soldat, qui peut être un résistant, mais qui tient à sa liberté.

 

Et, évidemment, un jour, le soldat occupant ne rêve que d'une chose, c'est de rentrer chez lui, d'en finir avec une occupation qu'il sait de plus en plus être illégitime puisqu'aucune occupation ne réussit jamais avec les abus que les troupes d'occupation commettent inévitablement sur les populations civiles.

 

Et, en face, il y a un résistant qui, lui, est toujours plus convaincu qu'il doit gagner sa liberté.

Alors regardez l'Algérie pour la France, le Vietnam pour les Etats-Unis, regardez l'Afghanistan pour les Soviétiques et pour les Américains, toute guerre de ce type est nécessairement perdue d'avance.

 

En plus, cette guerre s'est soldée pour Poutine par une véritable débâcle politique, une déroute militaire, une faillite morale aussi extrême que Poutine ne lutte plus pour conquérir l'Ukraine ni même tenir la Russie, il lutte pour la survie de son régime qui est un régime maffieux, un régime cleptomane et un régime fondé sur le culte de la force, de la violence et de la cruauté.

 

La gauche a été aveugle sur le goulag, une droite conservatrice a été aveuglée par Poutine, a cru que c'était le défenseur des valeurs chrétiennes, traditionnelles, familiales, le grand défenseur du christianisme de l'occident européen.

Poutine est un tchékiste, c'est l'héritier des polices politiques soviétiques, c'est un homme qui est dans une logique totalitaire.

 

C'est vrai que Zelensky n'avait pas une image formidable avant la guerre, mais aujourd'hui, il incarne sa nation."

 

Le journaliste qui interroge Jean François Colosimo intervient alors : "Hubert Védrine a dit : "On aime détester Poutine".

"Hubert Védrine est un immense analyste des relations géopolitiques, dont la méthode d'analyse est fondée sur un certain cynisme mitterrandien, mais je dis : Nous ne détesterons jamais assez Poutine." répond l'essayiste.

Une réponse cinglante et sans ambiguïté...

 

 

 

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22 février 2023 3 22 /02 /février /2023 10:56
En France, augmentation des maladies professionnelles...

 

A Rungis, Emmanuel Macron a défendu encore la réforme des retraites et a fait l'éloge de la valeur travail.

Le problème c'est que la santé au travail se dégrade dans de nombreuses professions, notamment le transport des personnes, le secteur médico-social, le commerce...

Ce n'est pas étonnant pour le personnel soignant qui est surchargé de travail, un secteur où l'on peine à recruter...

"Ainsi, l'observatoire santé publié par la Mutualité française n'est pas rassurant...

 

En matière de santé au travail, la France reste la plus mauvaise élève de l'Union Européenne : on se blesse, on tombe malade ou on meurt à cause du travail deux fois plus que la moyenne.

Le nombre de maladies professionnelles augmente.

 

Deux fois plus fréquentes qu'en 2001, aujourd'hui, plus de 50 000 par an : les plus courantes demeurent les troubles musculosquelettiques, c'est à dire les affections qui touchent les tendons, les articulations, les nerfs.

 

Mais, ce qui est le plus saillant, c'est l'augmentation de 6% des maladies psychiques au travail depuis 2018, car si les contraintes physiques ont tendance à se réduire dans le monde professionnel, l'évolution des modes d'organisation des entreprises entraîne, lui, un développement des risques psycho-sociaux.

 

Ces maladies exposent à la perte d'emploi : l'observatoire estime qu'entre 5 et 10% des travailleurs sont concernés.

Un problème sanitaire majeur que la Mutualité française propose de réduire en renforçant la prévention et le suivi avec des médecins du travail  mais ceux-ci sont de plus en plus rares et âgés.

La tâche s'annonce donc compliquée.

 

Alors, c'est en amont qu'il faut agir, en limitant l'usure professionnelle, et pour cela l'observatoire se prononce pour l'élargissement de la retraite anticipée et le retour dans le compte professionnel de prévention des facteurs de pénibilité supprimés par Emmanuel Macron, en 2017."

 

Eh oui, l'usure au travail, c'est une réalité. Mais les hommes politiques restent encore bien éloignés de cette réalité...

De plus,  les seniors ont moins d'accidents du travail que leurs cadets, mais ces accidents sont plus graves. Notre pays détient actuellement le taux d'accidents du travail non mortels le plus élevé d'Europe : agriculture, bâtiment, logistique sont les secteurs les plus touchés.

 

 

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/journal-de-18h/journal-de-18h-emission-du-mardi-21-fevrier-2023-5896245

 

 

En France, augmentation des maladies professionnelles...
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20 février 2023 1 20 /02 /février /2023 13:03
Les ravages de la drogue au volant...

 

Pierre Palmade impliqué dans un grave accident de la route, alors qu'il conduisait sous l'emprise de la cocaïne : des vies brisées, trois victimes dans un état grave, entre la vie et la mort, une femme enceinte qui a perdu son bébé, un bilan désastreux.

Cet accident montre les dangers de la drogue au volant : un fléau dont on parle peu. 

Pourtant, depuis quelques années, on assiste en France à une forte augmentation de la consommation de cocaïne. Cette évolution s’accompagne d’une progression des cas d’intoxication aiguë en lien avec sa consommation.

Désormais moins chère et plus pure, la cocaïne bénéficie d’une image positive malgré des risques sanitaires et sociaux importants liés à sa consommation. Ses effets psychostimulants sont recherchés par un public plus large, touchant toutes les catégories socio-professionnelles. 

Le cannabis peut avoir aussi des effets sur la vigilance...

"Ainsi, un homme marqué accepte de raconter son histoire : il y a 4 ans, lors d'un contrôle de routine, il se fait prendre au volant de sa voiture, sous l'emprise du cannabis.

"J'avais l'impression que ça ne me faisait rien, que ça ne m'empêchait pas d'être vigilant, au contraire..."

Pourtant, l'année dernière, il récidive. A 35 ans, ce père de famille attend sa sanction, il risque deux ans de prison, une annulation automatique du permis et la confiscation de son véhicule.

Il affirme avoir tout arrêté. Il regrette.

"Aujourd'hui, je me rends compte que ça a un impact réel, c'est à dire qu'on peut être moins concentré au volant. Le déclic ? Ma famille, mon boulot, mon avenir..."

En 2020, sur 450 000 contrôles ciblés, un sur cinq était positif aux stupéfiants, en grande majorité des hommes jeunes. Cette conduite à risque est de plus en plus répandue...

 

En 2021, après la vitesse excessive et l'alcool, les stupéfiants ont été la troisième cause d'accidents mortels. Chaque année, 700 personnes perdent la vie sur la route, tués par des conducteurs sous l'emprise de la drogue. Les substances le plus détectées sont le cannabis, qui altère les réflexes, et la cocaïne, un excitant. 

"On roule vite, on baisse la vigilance, on surestime ses capacités, toutes les drogues font baisser la vigilance. Avec la cocaïne, on surestime ses capacités à réagir", dit un chef de service d'addictologie.

Pour les conducteurs testés positifs, les sanctions sont lourdes : une suspension du permis, jusqu'à 4500 euros d'amende et une peine de prison qui peut aller jusqu'à 7 ans en cas d'accident mortel."

 

L'affaire Pierre Palmade a permis de mettre en lumière ce problème de la drogue au volant : 700 morts par an, un bilan inquiétant.

J'ai moi-même constaté les effets désastreux de la drogue sur des élèves de 16 ans, des élèves qui arrivaient en classe dans un état d'euphorie, ils semblaient hors du monde... un sujet tabou pour l'administration...

Un sujet tabou aussi pour les politiques qui daignent enfin évoquer ce problème à propos de l'affaire Palmade...

Quant à la pratique du "chemsex", le sexe sous l'emprise de la drogue, c'est là une dérive dangereuse, condamnable et sordide.

 

Il serait temps de mener des campagnes actives de prévention et de juguler les trafics de drogue, une économie souterraine qui fait des ravages...

 

 

Source :

https://www.francetvinfo.fr/societe/securite-routiere/securite-routiere-le-fleau-de-la-drogue-au-volant_5655302.html

 

 

Les ravages de la drogue au volant...
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19 février 2023 7 19 /02 /février /2023 14:19
Balades et souvenirs...

 

Une belle invitation au voyage avec cette exposition de tableaux de Christiane Lapierre...

 

Christiane Lapierre nous emmène d'abord au pays des livres, vieux livres empilés, emplis de mystères, vieux grimoires...

 

Elle nous entraîne encore au bord  de l'étang de Thau, avec ses cahutes pittoresques, ses barques en attente, son eau d'un bleu profond...

 

Avec elle, nous pénétrons sous les arches de l'abbaye de Montmajour, au coeur du pays d'Arles... lieu de silence et de recueillement, où on peut lire cette inscription : "Il y a un moment où les mots s'usent et le silence commence à raconter"... citation d'un poète libanais.

 

Et nous voyageons aussi vers des horizons plus lointains avec ces deux silhouettes indiennes aux vêtements colorés...

 

Nous la suivons dans une promenade New-Yorkaise... ou encore en Italie avec ce village de maisons blanches...

 

On découvre les buildings d'une ville japonaise qui s'étire à l'infini sur un tableau tout en longueur...

 

 

On aime ces peintures florales... ces exubérances de fleurs rouges...

 

Ou encore ces verres d'été et cette carafe entourés de fruits...

 

 

Des tableaux peints sur des papiers journaux qui laissent transparaître des phrases, des mots, des lettres, des notes de musique...

 

Comme des messages à déchiffrer...

 

 

 

 

 

 

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18 février 2023 6 18 /02 /février /2023 13:26
Romanesque et réalisme dans Manon Lescaut...

 

On constate dans l'oeuvre de l'Abbé Prévost un mélange étonnant de romanesque et de réalisme...

 

I)Le romanesque est particulièrement présent : 

Qu'est-ce que le romanesque ? Tout ce qui est extraordinaire, imaginaire, presque invraisemblable... Les personnages sont souvent trop parfaits en regard de la vie courante, le romanesque se caractérise aussi par un style particulier : la déclamation, les hyperboles...

1)D'abord, l'oeuvre ressemble à un roman d'aventures extraordinaires : on y retrouve tous les ingrédients du genre :

-des rencontres fortuites : l'homme de qualité qui rencontre Des Grieux, à deux reprises, au début du roman, à Pacy sur Eure avec le convoi de déportées, puis à Calais, quand Des Grieux est revenu d'Amérique...

La rencontre de Des Grieux avec Manon est elle-même fortuite.

-des enlèvements : Des Grieux enlève Manon alors qu'elle doit rentrer dans un couvent.

-des séparations, des retrouvailles : Manon et Des Grieux se trouvent plusieurs fois séparés, puis se retrouvent.

-des arrestations et des évasions : Des Grieux s'évade de la prison de St Lazare, Manon s'évade de l'hôpital. Chaque fois, le hasard fait bien les choses : on s'évade assez facilement.

C'est une suite d'aventures extraordinaires, parfois sanglantes : Des Grieux tue un garde de Saint Lazare, lors de son évasion. Le frère de Manon est tué par un garde du corps.

Les personnages complotent : Des Grieux recrute des hommes de main pour essayer d'arracher Manon au convoi des déportées.

-les personnages se déguisent parfois : Des Grieux se déguise en jeune écolier pour abuser le vieux GM, il se fait passer pour le frère de Manon. Manon, elle, se déguise en homme pour s'évader de l'hôpital.

Prévost utilise là des situations assez conventionnelles, et se conforme à une mode littéraire...

Un auteur du 18 ème siècle se moque volontiers de ce goût pour le romanesque : c'est Voltaire qui, dans Candide, se livre à une parodie du romanesque, grâce à des exagérations burlesques.

 

2)Par ailleurs, on note le caractère peu vraisemblable ou factice des événements qui jalonnent la vie des personnages :

-la même situation se reproduit trois fois : Manon trompe le chevalier Des Grieux à trois reprises, avec M de B, fermier général, avec le vieux GM, puis avec le fils de ce dernier. 

Et chaque fois, Des Grieux lui pardonne ces trahisons, et chaque fois, une nouvelle vie commence.

Les personnages connaissent le comble du bonheur, puis les abîmes du malheur.

-le hasard joue un grand rôle dans l'ensemble du roman : c'est par un hasard malheureux que Manon est mise en présence de son frère, il loge dans la même rue et la reconnaît à sa fenêtre.

-d'autre part, certains faits demeurent inconnus et surprenants : nous ne savons rien des parents de Manon, ont-ils été mis au courant de son arrestation, de sa déportation ?

-malgré leurs défauts, les personnages sont souvent présentés sous un aspect favorable : c'est le cas de Manon, "la plus parfaite des créatures". Les deux héros sont de "parfaits amants." Cette perfection est romanesque, loin de la réalité.

 

II ) Pourtant, les réalités de l'existence sont très présentes dans le roman...

C'est même une réalité sordide qui fait irruption dans le roman français : le héros apparaît comme un escroc, Manon est une fille des rues, on peut parler d'une certaine ambiance de débauche.

1)-Le cadre est bien  réel : l'action ne se passe pas dans un univers lointain et mythique.

-C'est une époque bien précise qui est évoquée : la Régence... Des Grieux et Manon sont présentés comme contemporains de l'auteur : le roman paraît en 1731 et l'action se déroule en 1719 sous la Régence de Philippe d'Orléans, pendant la minorité de Louis XV.

-Les lieux sont réels : les aventures débutent à Amiens avec la première rencontre des deux héros et se terminent tragiquement en Louisiane. Mais, pour l'essentiel, elles se déroulent dans le Paris de la Régence.

Quelques lieux parisiens sont ainsi rapidement évoqués : le Luxembourg, le jardin des Tuileries, le bois de Boulogne, le café Féré rue Saint André des Arts, le pont Saint Michel, l'hôpital de la Salpêtrière (qui était alors une prison destinée aux femmes), la prison Saint Lazare.

2)-L'argent joue un rôle essentiel dans le roman : avec de l'argent, on peut tout se permettre... pour se le procurer, tous les moyens sont bons...

Le couple Des Grieux Manon a sans cesse des problèmes d'argent.

Pour s'en procurer, Des Grieux recourt aux moyens les plus indignes : il triche au jeu, entre dans une "académie", c'est à dire une maison de jeux fréquenté par des truands et des gentilshommes.

Manon et Des Grieux essaient d'abuser les riches amants de Manon, et de les voler.

Pour s'en procurer, Des Grieux recourt aussi à l'aide de Tiberge, son ami.

Le couple est lui-même victime de vol : les domestiques s'emparent de leur argent.

C'est une société où l'argent tient une place importante, où tout s'achète, la complicité d'un valet de la prison, les charmes de Manon, par exemple.

C'est un récit assez moderne : il fait penser à notre société où l'argent est une valeur essentielle.

Dès lors, on ne peut s'étonner du scandale que produisit le roman au 18ème siècle.

Les deux héros apparaissent comme des victimes d'une société corrompue par l'argent : c'est la contagion du Paris corrompu de la Régence qui pèse sur Manon. D'ailleurs, l'amour de Manon semble se purifier sur le continent américain.

3)L'action se déroule dans les bas-fonds de la société : tripots, cafés, prisons, et tous les personnages qui fréquentent ces lieux.

Les personnages ont des moeurs douteuses : il y a des tricheurs professionnels (le frère de Manon en fait partie). Les amants de Manon sont riches et dépravés...

On assiste à un dérèglement des moeurs, caractéristique de la Régence.

4)Les réalités de cette époque sont évoquées : les déportations en Louisiane, on cherchait alors à peupler cette colonie. Les déportées voyageaient dans de mauvaises conditions : elles étaient enchaînées.

Un de ces convois avait été attaqué par le célèbre bandit, Cartouche, et l'une de ces déportées était devenue sa maîtresse.

Pourtant, dans l'ensemble, ce réalisme reste discret : Prévost ne décrit pas longuement les lieux, il donne seulement quelques détails significatifs.

 

En conclusion, un roman fait de contrastes : un mélange d'invraisemblances et de réalités.

Contraste entre les actions commises (mensonges, vol, meurtre, tricherie, escroquerie) et la présentation qui est faite des personnages (Manon exquise, douce, tendre.)

Contraste entre le cynisme de Manon et sa candeur...

Contraste entre les deux héros : Des Grieux destiné à l'état ecclésiastique et Manon, la courtisane...

 

Prévost arrive ainsi à exprimer toute l'ambiguïté de la condition humaine : l'être humain apparaît complexe, mystérieux. Ces contrastes suggèrent que la nature humaine est nuancée, complexe, pleine de possibilités diverses.

Bien sûr, Prévost a le souci d'authentifier son récit, en l'insérant dans une réalité qu'il connaît : il réussit à faire sonner vraie et juste une histoire parfois à la limite du vraisemblable. Il nous livre aussi un témoignage sur son temps, et il mêle à l'analyse de la passion des remarques contemporaines.

Le roman lui-même reste ambigu : dans l'avis au lecteur, l'auteur affirme sa volonté d'écrire une histoire morale pour instruire le lecteur, mais, en fait, il veut rester sans doute fidèle à la tradition des moralistes français. C'est aussi un bon moyen pour Prévost de parler, malgré tout, de sujets interdits tout en mettant en avant le prétexte de la morale.

 

 

 

 

 

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16 février 2023 4 16 /02 /février /2023 13:35
Retraites : les Français paresseux ou clairvoyants ?

 

Comment la presse étrangère commente-t-elle les manifestations françaises contre la réforme des retraites ?

Le plus souvent, surprise, interrogations, indignation...

"La presse étrangère oscille entre incompréhension et étonnement face aux manifestations dans les rues françaises contre la réforme des retraites. 

"Plus d'un million de personnes ont manifesté en France", commente ainsi un journaliste portugais.

À chaque journée de grève, son reportage sur les ondes étrangères, avec parfois une pointe d'ironie. 

C'est le cas en Allemagne : "Le président français ne semble pas compris, et on connaît la France, hein ? Des manifestations monstres, des grèves et un grand mouvement de contestation qui commence..."

Aux États-Unis, une chaîne d'information a donné la parole à Craig Copetas, un ancien correspondant du Wall Street Journal à Paris, plutôt sévère. "Écoutez, les Allemands partent à 67 ans, les Espagnols à 65 ans, les Britanniques à 66… Vous savez, tout ce qui compte, c'est que tous les syndicats sont contre", a commenté le journaliste.

Le face à face entre Emmanuel Macron et ses opposants interroge en Belgique, en Suisse, en Allemagne.

 Un billet du célèbre New York Times questionne même : "Et si les Français étaient simplement paresseux ?"

Son auteur, Robert Zaretsky, y décrit surtout une vision du travail très différente outre-Atlantique.

Mon premier réflexe a été de me dire : "Mais quelle bande de clochards paresseux ! Comment osent-ils ? Je veux dire : le travail, c'est notre raison de vivre... Mais, en fait, tout bien réfléchi, je crois bien qu'avec le Covid, les Américains, aussi et en particulier les jeunes commencent à repenser la place du travail dans leur vie."

 

Alors, le regard sur les manifestants français serait-il en train de changer ?

C'est aussi l'avis d'un correspondant britannique, chroniqueur d'un magazine conservateur anglais :

"C'est vrai que dans le passé les Britanniques ont vu avec amusement la capacité des Français à descendre dans la rue. On a l'impression que vous faites grève toutes les semaines. Mais je crois que cette fois c'est un peu différent. On ne se moque plus des Français parce que nous avons exactement les mêmes problèmes économiques à présent."

 

Et selon lui, si les journalistes britanniques devaient parier sur l'issue du bras de fer, ils miseraient plutôt sur la ténacité des manifestants français."

 

Repenser la place du travail dans la vie, repenser le partage des richesses, revenir à plus de justice et d'égalité dans les salaires : voilà qui est essentiel.

On a vu lors de la crise du Covid toute l'importance de ces métiers : caissière, infirmier, personnel soignant, enseignant... des métiers dévalorisés par des niveaux de rémunérations insuffisants...

 

Source :

https://www.francetvinfo.fr/economie/retraite/reforme-des-retraites/reforme-des-retraites-qu-en-pensent-les-medias-etrangers_5651912.html

 

 

Retraites : les Français paresseux ou clairvoyants ?
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14 février 2023 2 14 /02 /février /2023 13:28
J'ai rendez-vous avec vous...

 

Un rendez-vous qui comble un amoureux... un rendez-vous avec celle qu'on aime plus que tout : tel est le thème de cette chanson célèbre de Georges Brassens...

 

Dans le premier couplet, c'est "Monseigneur l'astre solaire" qui est mis en concurrence avec l'amoureuse... La personnification du soleil, l'emploi de la périphrase et le titre de noblesse lui donnent une importance évidente... 

Et, pourtant, l'amoureux ne s'en soucie guère : ce titre ronflant ne l'impressionne pas, comme le suggère bien l'expression familière : "j'm'en fous".

 

Peu lui importe d'être privé du feu solaire, ses préférences vont à la lumière des yeux de son amoureuse.

Voilà un bel hommage adressé au regard de la jeune femme, une jolie façon de souligner l'éclat de ses yeux.

Et le refrain vient souligner toute l'importance du rendez-vous amoureux :

"Tout le restant m'indiffère
J'ai rendez-vous avec vous"

 

Dans le deuxième couplet, apparaît un autre personnage qui s'enfle aussi de son rôle, et de ses prérogatives, comme l'indique l'expression : "Monsieur mon propriétaire"... puisqu'il est prêt à chasser son locataire, mais l'amoureux n'en a cure... 

C'est la "robe à froufrous" de la jeune femme qui devient alors sa "demeure".

Evidemment, on note une progression coquine dans les idées : il ne s'agit plus seulement d'admirer les yeux de l'amoureuse, mais de s'abriter sous sa robe...

 

Encore un autre personnage avec "Madame ma gargotière" qui use de son pouvoir pour chasser l'amoureux de sa table, ce qui permet encore de ménager une malicieuse progression : le poète pourra, à la place, se rassasier d'un autre menu : la chair du cou de la jeune femme...

 

Enfin, dans le dernier couplet, une autre instance est convoquée : "sa majesté financière", encore une appellation pompeuse... et c'est alors le coeur de la jeune femme qui devient un trésor inestimable : "une fortune" ! C'est alors l'amour qui est présenté comme l'essentiel.

On retrouve dans cette chanson un Brassens dédaigneux des biens matériels : Brassens refusait le luxe, l’argent étant fait pour être redistribué.

 

La mélodie enjouée, pleine d'entrain vient souligner le bonheur de l'amoureux comblé par le rendez-vous à venir.

 

On aime la simplicité du texte qui se présente comme un discours direct, avec l'emploi du présent, l'alternance de la première et de la deuxième personne.

On aime la progression malicieuse de cette jolie déclaration d'amour...

 

 

Les paroles :

 

https://www.paroles.net/georges-brassens/paroles-j-ai-rendez-vous-avec-vous

 

 

Photo : Pixabay

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13 février 2023 1 13 /02 /février /2023 13:29
Celle qui défie Poutine...

 

Une femme qui ose défier Poutine...

Une journaliste qui fustige le régime de Vladimir Poutine : elle évoque "un régime totalitaire", "une propagande" qu'elle compare à "une pieuvre qui tient le pays tout entier dans ses tentacules..."

On le voit : des mots très durs pour qualifier ce régime...

"En plein direct, la journaliste Marina Ovsiannikova avait osé défier Vladimir Poutine et sa propagande.

 

Un acte de courage en plein journal télévisé sur une chaîne d'état russe : elle avait déployé une pancarte où était écrit : "Arrêtez la guerre. Ne croyez pas la propagande. Ici, on vous ment."

Aujourd'hui, elle est réfugiée à Paris. grâce à l’aide de Reporters sans frontières.

 

Menacée, elle s'est cachée pendant des mois en France, et elle s'est exprimée récemment sur son geste :

"J'avais peur de ne pas réussir à arriver jusqu'au studio. Je pensais qu’ils allaient m’arrêter avant et m’envoyer croupir dans les caves des services secrets russes. Personne n'aurait alors jamais su ce que je voulais faire..."

 

"Il n'y a plus aucun média libre en Russie. C'est un régime totalitaire avec une propagande qui imprègne tout comme une pieuvre qui tient le pays entier dans ses tentacules. Cette propagande est une des armes de Poutine, comme les kalachnikovs."

 

 

Après son geste de défi, Marina Ovsiannikova est interrogée pendant 14 heures, passe une nuit atroce en prison, mais elle est libérée.

Elle poursuit ses critiques contre la guerre menée par les Russes en Ukraine. Discréditer l'armée, c'est risquer 15 ans de prison.

Elle est alors assignée à résidence et porte un bracelet électronique.

 

Mais elle décide de fuir.

" J'avais très bien compris que la prochaine étape serait pour moi la prison ferme. Mon avocat m’a dit que je devais faire vite, que c’était ma dernière chance de fuir."

"Ma famille ne me soutenait pas : mon mari m'a retiré mon fils et ma mère ne cessait d'affirmer que ma place était en prison, parce que j'étais contre Poutine."

Pour fuir, il lui faudra couper son bracelet électronique et emprunter 7 véhicules... une évasion rocambolesque à travers le pays.

"J'étais paniquée, je me disais que c'était au delà des capacités humaines, j'ai demandé combien de kilomètres on devait marcher de nuit, cela devait être moins d'un kilomètre. Mais ça ne s'est pas déroulé comme prévu, on était très loin, on a marché pendant des heures jusqu'à la frontière en se repérant avec les étoiles, notamment la Grande Ourse."

 

 Marina Ovsiannikova laisse derrière elle un pays qu’elle aimait. Elle devra vivre en exil avec la peur de représailles."

 

Avec cet exemple, on perçoit la Russie comme un pays divisé, déchiré : une journaliste est rejetée par sa propre famille...

Vladimir Poutine mène une guerre fratricide qui fracture son propre pays.

 

Source :

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/guerre-en-ukraine-marina-ovsiannikova-la-journaliste-qui-s-est-oppose-a-poutine_5651951.html

 

 

 

Celle qui défie Poutine...
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12 février 2023 7 12 /02 /février /2023 13:18
Les oiseaux bleus...

 

 

C'est l'hiver : un froid intense dans les jardins environnants...

 

 

Quelques graines, des noix broyées déposées sur un balcon afin de nourrir les oiseaux des jardins...

 

 

 

Soudain, des oiseaux aux teintes de bleu, de gris viennent picorer quelques graines...

 

 

 

Quelle promptitude, quelle vivacité ! A peine le temps de les entrevoir !

 

 

 

A peine le temps d'admirer leurs plumages chamarrés : des couleurs vives, bleu, noir, gris, blanc, jaune !

 

 

 

Douces mésanges charbonnières ! Quel joli nom et quelle parure aux teintes contrastées !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : Pixabay

Vidéo : rosemar

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10 février 2023 5 10 /02 /février /2023 13:51
L'Amérique des grands espaces...

 

A la découverte du Montana : l'Amérique des grands espaces, un endroit où se dessine un nouvel âge environnemental...

Sylvie Brieu, grand reporter et écrivain, nous entraîne dans un road-trip captivant à la rencontre d’Indiens, de champions de rodéo, d’auteurs, d’artistes et de spécialistes de la faune sauvage... Son livre : L'âme de l'Amérique...

Sylvie Brieu est venue présenter son livre au Festival de la Biographie à Nîmes...

 

"Le Montana est un endroit où la légende est toujours vivante, un endroit où se créent des alliances entre des anciens ennemis qui étaient les Indiens et les cowboys et ensemble, ils sont en train de créer un nouveau modèle alternatif de société.

 

Depuis les années 70, il y a un renouveau au niveau culturel : pendant une période qui a duré plusieurs décennies, on a interdit aux Amérindiens de pratiquer leur culture et leur spiritualité. Mais certains, comme les Lakotas ou les Blackfeet, les Crows ont continué à la pratiquer dans la clandestinité.

Et aujourd'hui, il y a des écoles en immersion où l'on apprend aux jeunes la langue, et, comme on le sait, la langue véhicule la cosmogonie et permet de se relier à ce passé, à cette histoire, à cette culture...

On trouve ce phénomène un peu partout, des Rocheuses aux grandes plaines... les gens sont en train de retisser des liens avec leur culture et cela les aide à lutter contre le fléau de l'alcool et de la drogue qui touche particulièrement ces communautés, parce qu'elles ont été déracinées, parce qu'on leur a supprimé le lien à la spiritualité, on a exterminé les bisons dans cette région.

 

Les bisons, pour les Indiens des plaines, cela représentait tout : c'était le lien spirituel, le lien économique, le lien social, c'était la nourriture... et à partir du moment où il y a eu une volonté d'exterminer les bisons pour contraindre les Indiens à cesser de nomadiser et à rester dans les réserves, les gens ont été perdus, déracinés et on leur a fourni de l'alcool pour anesthésier la révolte.

 

Aujourd'hui, il y a de gros problèmes avec l'alcool et la drogue, mais c'est en train de changer parce que beaucoup de gens luttent.

Les Indiens ont failli disparaître avec la conquête de l'Ouest : il y a eu une sorte de quasi génocide. Les Indiens représentent 2% de la population totale des Etats-Unis. Dans le Montana, c'est 6%. C'est un des états les plus grands des Etats-Unis mais il n'y a qu'un million d'habitants, c'est dire à quel point les grands espaces sont importants.

 

Il y a 12 peuples amérindiens et aujourd'hui, avec le retour de la culture, on assiste à une fierté de l'appartenance à la tribu, ce qui fait que la démographie est en train d'augmenter.

Dans une période où on s'inquiète du réchauffement climatique et de la préservation d'un environnement qui est fortement abîmé par les prédations industrielles, il y a une tendance à se tourner vers les pratiques amérindiennes qui sont très respectueuses de l'environnement.

On se tourne vers les peuples autochtones pour récolter leur savoir et leurs pratiques.

 

Dans le Montana, les gens vivent de l'élevage : il y a beaucoup de cowboys dont la traduction littérale est "garçon vacher".

Le mythe est toujours présent car les gens ont toujours ce mode de vie lié à l'élevage...

Aujourd'hui, il y a un retour des bisons dans les plaines. Les Indiens font revenir les bisons en accord avec les autorités gouvernementales.

Donc, il y a des ranchers et des cowboys qui élèvent aussi des bisons.

 

Le Montana est réputé pour sa faune et sa flore : c'est là qu'a été inaugurée la porte d'entrée du Parc National de Yellowstone, le premier Parc National au monde. Il y a ce contact avec le monde sauvage et on se sent reconnecté au monde du vivant.

On a l'impression qu'à un moment donné, on avait tous un langage commun et qu'on devenu des illettrés de la nature... l'animal essaie de communiquer et on se retrouve démuni.

 

Les Sioux et les Blackfeet, les Cheyennes sont réputés être les plus guerriers et ils sont toujours dans la résistance : ils font peur aux autorités fédérales, encore aujourd'hui.

Le personnage de Sitting Bull reste dans les mémoires. Il y a toujours gravées dans la pierre des marques des visions de Sitting Bull, notamment dans le Montana, la vision qu'a eue Sitting Bull de la défaite des troupes du général Custer face à la coalition des Cheyennes du nord, la bataille de Little Bighorn.

Un personnage fascinant, un guerrier mais aussi un chamane. Les descendants de Sitting Bull sont toujours présents et racontent des anecdotes sur cette bataille. D'ailleurs, il existe des photos de Sitting Bull et de Crazy Horse.

Cependant, les Indiens restent très minoritaires : 2% de la population. Mais ce qui a changé depuis l'élection de Joe Biden, c'est que la secrétaire d'état américaine est amérindienne, c'est une laguna pueblo, elle a en charge la gestion des terres fédérales et le bureau des affaires amérindiennes : c'est une grande avancée par rapport à tous les problèmes de spoliation de ces dernières décennies.

Les Indiens se battent pour récupérer des terres et même s'ils sont très pauvres, ils refusent l'argent qu'on leur propose en échange de leurs terres : pour eux, la terre n'a pas de prix, la terre porte le sang de leurs ancêtres.

La gestion des casinos a pu sortir certains Indiens de la pauvreté : certaines tribus prêtent de l'argent aux autres.

Le culte du colt, de l'arme reste très présent au Montana. Ainsi, un auteur s'est  vanté devant Sylvie Brieu de posséder plusieurs armes, 5 ou 6 au total... Dans les grands espaces, les gens privilégient la liberté : "Tu es libre de faire ce que tu veux, tant que tu m'embêtes pas, par contre, j'ai le droit de porter une arme, au cas où tu volerais ma liberté."

Les gens des grandes villes, des gens fortunés viennent chercher dans ces grands espaces de l'authenticité, un lien avec la nature. Des geeks de la Silicon Valley viennent aussi dans le Montana : avec le télé travail, on peut désormais travailler de n'importe où, tout en profitant des randonnées dans la région... ils allient ainsi revenus économiques et qualité de vie.

Quand j'ai voulu aller au Montana, les réactions de certains Américains : "Oh la la ! Le Montana ! Mais qu'est-ce que tu vas faire là-bas ? C'est arriéré, c'est isolé, c'est surarmé... ils ne mangent que de la viande..."

Il y a ce type de réactions mais le mythe de l'Ouest est encore vivant, il fascine."

 

 

 

https://www.lemonde.fr/vous/article/2010/05/22/hollywood-et-les-indiens_1361719_3238.html

 

 

 

 

 

 

 

 

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