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11 novembre 2022 5 11 /11 /novembre /2022 13:20
Manon Lescaut : quelles visions du monde ?

 

Présentation : le roman raconte une histoire d'amour entre un noble et une jeune fille légère. Ce roman très célèbre a connu un succès de scandale : les journaux de l'époque qualifient le héros d'escroc, l'héroïne de catin ou de prostituée. Un fils de bonne famille est ensorcelé par une fille de joie !

 

Quelles sont les visions du monde présentes dans ce roman ?

 

I Ce roman est d'abord le reflet d'une époque : la Régence (début du 18ème siècle), une période libertine, débridée.

 

Louis XIV meurt en 1715 : c'est la fin d'un long règne qui s'achève dans l'austérité, la tristesse. Louis XIV représentait l'absolutisme, le conformisme, un catholicisme rigide et étroit.

A la mort du roi, Philippe d'Orléans devient régent : on assiste alors à une libération des moeurs. Le grand argentier Law, un écossais, invente le papier-monnaie, la banque, le crédit, c'est le début du capitalisme moderne.

 

1) Importance du plaisir, du luxe

Manon représente bien ce goût du luxe : elle a sans cesse besoin d'argent. C'est l'époque où le peintre Antoine Watteau met en scène dans ses tableaux des couples dans des habits somptueux en train de se distraire...

2) Le goût du jeu

On s'adonne au jeu avec frénésie : les pertes d'argent sont pour certains si grandes que certains jeux sont interdits par ordonnance. Les maisons de jeu clandestines se multiplient. Des joueurs ruinés se suicident.

 

3) Les déportations en Louisiane

La Louisiane, nouvelle colonie récemment conquise par Louis XIV doit être peuplée : des femmes, des prisonnières, des prostituées sont envoyées en déportation pour peupler cette colonie. Le transport de ces femmes a lieu dans des charrettes : l'embarquement se fait au Havre de Grâce ou à La Rochelle. Des gravures de l'époque représentent ces convois de déportées.

Au début du roman, le Marquis de Renoncour voit pour la première fois Manon dans l'un de ces convois.

4) Les personnages du roman symbolisent bien cette époque

Manon est coquette, avide d'argent, de plaisirs, elle ne supporte pas le manque, la pauvreté.

Des Grieux lui-même subit l'influence de Manon : il enfreint la loi à plusieurs reprises : vol, tricheries, meurtre.

L'argent est un thème essentiel dans le roman.

 

II La vision du romancier transforme les faits et les personnages.

 

1) Si les personnages s'insèrent dans un cadre réaliste et une époque précise, ils sont aussi idéalisés et deviennent des symboles.

Les deux héros ne sont jamais décrits longuement ( à la différence des héros de romans du 19ème siècle ).

Le lecteur ne voit pas Manon : elle est simplement charmante, il s'agit d'exalter l'imagination du lecteur qui a une connaissance lyrique du personnage.

Manon et Des Grieux symbolisent la passion amoureuse : un couple idéal, ravissant, émouvant, malgré tout.

2) Les faits et les lieux sont aussi idéalisés, embellis ou stylisés.

L'évocation du convoi des déportées reste très sobre. Manon elle-même en haillons rayonne, elle attire tous les regards.

Les maisons de jeux ou tripots sont évoqués dans un langage noble, élégant : on parle "d' Académie."

La prison, ( l'hôpital de la Salpêtrière ) n'est pas vraiment décrite : elle est d'ailleurs transformée grâce à la présence de Manon : elle devient un palais, "Versailles."

Prévost transfigure la réalité : il utilise souvent un langage noble, un style classique, plein de pudeur... l'amour embellit tout, transforme les êtres et les lieux.

 

III Quelle est la signification de l'oeuvre ?

 

1) C'est apparemment une oeuvre morale : au 18ème siècle, la religion exerçait encore toute son influence, la morale religieuse occupait une place importante.

La religion jouait un rôle essentiel : les précepteurs, les maîtres étaient souvent des religieux. L'abbé Prévost est lui-même un ecclésiastique.

Le récit a une valeur morale : la passion conduit Des Grieux vers la déchéance. A la fin du roman, Manon est punie, elle meurt en Amérique.

On perçoit encore l'influence de la littérature du 17ème siècle et de ses auteurs dont la devise était "Instruire et plaire". Prévost montre les dangers de la passion amoureuse de manière plaisante, à travers un roman d'aventures aux multiples péripéties.

2) Pourtant, le message est plus ambigu 

La passion amoureuse est aussi valorisée : les héros attirent la sympathie de nombreux personnages, Tiberge l'ami fidèle de Des Grieux, l'homme de qualité, ou encore l'administrateur de la prison, M. de T.

La plupart des personnages secondaires aident le couple en perdition.

Le sujet lui-même était audacieux à l'époque : un noble s'éprend d'une fille des rues qui l'entraîne dans la déchéance.

 

Conclusion :

 

On perçoit dans ce roman un monde en train d'évoluer sous la Régence : le plaisir, l'argent occupent une place importante. Le monde semble se libérer aussi du carcan de la religion.

Manon et Des Grieux sont, en ce sens, des héros modernes, ils revendiquent une certaine liberté de vie, de moeurs.

De plus, les romanciers dépassent souvent le contexte historique et social pour donner à leur oeuvre une valeur universelle : Prévost se livre à une réflexion universelle sur la passion amoureuse, il nous en présente à la fois les dangers et les attraits.

 

 

 

 

 

 

Manon Lescaut : quelles visions du monde ?
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9 novembre 2022 3 09 /11 /novembre /2022 09:34
Jusqu'où ira Elon Musk ?

 

"Jusqu’où ira Elon Musk ? Jusqu'où ira l'homme le plus riche du monde, et nouveau patron du réseau social Twitter, qu’il vient de racheter au nom de la liberté d’expression ? Faut-il s’en réjouir ou s’en inquiéter ? La liberté d’expression à la sauce Elon Musk est-elle synonyme de liberté de parole ou de tapis rouge pour les contenus complotistes ou d’extrême droite ? Faut-il avoir peur de la toute puissance d’Elon Musk et d’une poignée de multimilliardaires qui ont tendance à se substituer aux États ?

 

Elon Musk, première fortune mondiale, s'invite un peu partout, que ce soit en Ukraine avec ses satellites, ou son plan de paix qu'il fait voter par des internautes, il s'invite aussi à Taïwan, il parle de la lune, de Mars qu'il veut coloniser, bref un homme d'une puissance folle, qui cherche à influencer le cours de l'histoire...

Escroc ou génie ?

En rachetant Twitter pour 44 milliards de dollars, l’homme le plus riche du monde devient aussi le plus influent de la planète… et prépare une petite révolution sur le réseau social.

230 millions d'utilisateurs dans le monde...

 

Patron de Tesla, le leader mondial de la voiture électrique, dirigeant de l'agence de tourisme spatial Space X, avec laquelle il veut conquérir Mars, Elon Musk est un magnat de la tech ultra influent. Il côtoie les plus grands dirigeants du monde... Donald Trump est un de ses plus fervents admirateurs.

 

Musk n'hésite pas à s'improviser diplomate : en Ukraine, il a offert son réseau d'accès à internet par satellite pour aider l'armée de Kiev à communiquer, puis il a conseillé aux Ukrainiens de faire la paix avec la Russie autour d'un plan qu'il a lui-même écrit. Il y a quelques jours, il a provoqué un nouveau tollé en voulant résoudre le conflit entre la Chine et Taïwan... une liberté d'expression qu'il revendique et promeut à travers le monde entier.

 

En rachetant Twitter, il va être l'arbitre de la liberté d'expression.

Qui est cet homme ? Un fou ? Un génie ?

 

Selon l'économiste Daniel Cohen, il est fou, il a appelé son fils du nom d'une voiture XA 12, l'état de Californie ayant interdit de mettre des numéros dans les prénoms, il a transformé 12 en lettres romaines. Ce n'est pas quelqu'un de tout à fait raisonnable. Il expliquait en 2017 qu'il serait sur la lune en 2022, il explique même aux Ukrainiens ce qu'ils doivent faire pour signer un traité de paix avec la Russie.

Il vit dans un monde de science-fiction, il s'est fabriqué un monde à lui, il l'habite, ça lui permet de ne pas voir que certaines choses ne sont pas possibles.

Par exemple, pour la fabrication de la Tesla, il a rêvé d'une usine de montage où il n'y ait pas un seul humain, il a lancé sa chaîne de montage en 2016, en 2018, il n'y avait toujours pas une seule bagnole qui sortait de sa chaîne de montage... il a été obligé de se résoudre à mettre des humains. Et son commentaire à la fin a été : "On sous estime les humains..."

 

Elon Musk se sent investi d'une mission : il parle de maximiser la vie des humains, il se pose en sauveur de l'humanité.

Selon Nathan Devers, romancier, la clef de l'argent n'est pas la bonne, ces géants de la tech n'ont pas un mode de vie où ils donnent l'impression d'être à la recherche de plaisirs absolus. Le fond de l'affaire, c'est que ces gens-là sont fondamentalement des religieux. Il s'agit de refaçonner l'humanité. Musk est habité d'une mystique de la technologie et d'une forme de messianisme dont il est lui-même le Messie sécularisé.

 

Mais, en fait, selon Julia Cagé, économiste, il n'a pas pour projet de transporter 6 milliards d'êtres humains sur Mars, il veut sauver ses semblables, c'est à dire une toute petite partie de l'humanité, des milliardaires comme lui. Il dit qu'il veut décarboner l'économie et il envoie des touristes dans l'espace !

Le monde de Musk, c'est une toute petite élite qui sera sur Mars qui regardera de très haut la planète avec des gens qui sont en train de mourir de faim et qui serviront à fabriquer les fusées qui enverront quelques milliardaires supplémentaires sur Mars. C'est, en fait, un libertarien, il est contre l'état parce qu'il pense que les milliardaires peuvent se substituer à l'état. Il pense que l'état est nul, inefficace, corrompu et que, lui, milliardaire n'a pas besoin de payer d'impôts, puisqu'il va prendre les bonnes décisions pour l'ensemble de la planète.

Musk,  Trump et Kanye West se positionnent comme des gourous avec une influence très forte sur une partie des opinions publiques, selon Asma Mhalla, spécialiste des enjeux du numérique.

 

Musk est en train de faire toute une campagne pour rassurer les annonceurs... Toutes ces plateformes du numérique tiennent grâce à nos désirs, nos failles égotiques, au fait que nous tous nous voulions y être.

 

Musk est une espèce de troll en chef, il pointe aussi les failles de notre système, maître en technologie, il est un capteur de données, données personnelles, industrielles, militaires, enfin, c'est un maître en techno politique.

 

Selon Daniel Cohen, Musk est antisystème, il est profondément anti syndicat, il interdit la syndicalisation dans ses entreprises, il est profondément libéral. Il croit jusqu'à la bêtise à la puissance de la technologie, il est dans un monde qu'il se fabrique lui-même.

Musk a racheté Twitter, c'est donc un de ces milliardaires qui mettent la main sur de grands médias.

 

Qu'un seul milliardaire possède un média aussi influent, c'est un problème pour le fonctionnement de la démocratie. Ainsi, Musk est dans une situation de dépendance par rapport au pouvoir Chinois, car la plupart de ses bagnoles sont fabriquées en Chine, la plupart de ses voitures sont vendues en Chine. Ce n'est pas du tout un être indépendant, éthéré. Selon lui, Taïwan doit accepter un statut à la Hong Kong.

 

La promesse des réseaux sociaux, c'est une promesse de démocratie et d'émancipation. Le résultat est complètement opposé à cette promesse d'émancipation.

On attendait une agora planétaire et on a le contraire : des fake news, des post vérités. On est dans une jungle sans médiateurs. Pour se faire entendre, il faut parler plus fort que les autres, appeler à haïr, c'est ça la grammaire des réseaux sociaux.

 

Pour Nathan Devers, la liberté séparée de la responsabilité, c'est un problème majeur. Des gens qui insultent sur Twitter ne diraient jamais ces insultes dans la rue, ils n'iraient jamais insulter un inconnu : ils auraient peur de se faire frapper ou de se faire insulter en retour.

 

Musk, lui, veut une liberté d'expression totale. Qu'est-ce que cela veut dire la liberté pour Elon Musk ?

Quelques jours après l'annonce du rachat de Twitter, il a relayé une fake news à propos de l'agression du mari de Nancy Pelosi, un article de blog assez obscur selon lequel Paul Pelosi avait fait appel aux services d'un prostitué et ce serait lui qui l'aurait agressé. C'est totalement faux.

 

Quelques heures plus tard, il finit par supprimer le tweet qui avait été liké des millions de fois entre temps. Si le chef en personne relaie des fausses nouvelles, c'est tout de même un gros problème.

 

De plus, dans les heures qui ont suivi le rachat de Twitter, on a noté une énorme augmentation des contenus de haine."

 

Après le rachat de Twitter, Elon Musk a licencié environ 50% du personnel : c'est raide ! On imagine le désarroi de tous ces employés qui ont été congédiés...

 

"Le processus de licenciement en cours est une farce et une honte. Des sbires de Tesla prennent des décisions sur des gens dont ils ne savent rien à part le nombre de lignes de codes produites. C'est complètement absurde", a tweeté dimanche Taylor Leese, le directeur d'une équipe d'ingénieurs qui dit avoir été mis à la porte.

 

 

Sources :

https://www.france.tv/france-5/c-ce-soir/c-ce-soir-saison-3/4232974-emission-du-mercredi-2-novembre-2022.html

 

 

https://www.lepoint.fr/high-tech-internet/elon-musk-chez-twitter-les-surprises-ne-font-que-commencer-05-11-2022-2496537_47.php

 

 

 

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7 novembre 2022 1 07 /11 /novembre /2022 13:22
Chine : Covid toujours...

 

"La politique zéro Covid n'est pas près de s'arrêter en Chine, avec des confinements interminables : depuis plusieurs jours, des rumeurs faisaient état d'un allègement de cette stratégie...

Pas du tout ! répondent les autorités sanitaires... un discours très ferme lors d'une conférence de presse.

 

Les restrictions ont même tendance à devenir de plus en plus fortes.

Les rumeurs de ces derniers jours avaient fait bondir les marchés, anticipant une possible ouverture de la Chine.

Un ancien haut responsable du contrôle des épidémies avait même annoncé des changements à venir dans la politique sanitaire. Mais les autorités sont venues anéantir tous les espoirs.

 

Le message de la commission nationale de la santé a été très clair : la Chine veut continuer de donner la priorité aux vies humaines. Le pays s'en tient à sa stratégie zéro Covid, de manière indéfectible.

Et si la politique sanitaire doit être allégée un jour, ce n'est certainement pas aujourd'hui. Les autorités estiment que la situation face à l'épidémie est en ce moment la plus sombre et la plus complexe.

 

Même s'il reste très faible, le nombre de cas augmente : plus 3600, le samedi 5 novembre, ce qui pousse le régime communiste à multiplier les confinements.

Le nombre de personnes en quarantaine est désormais au plus haut depuis la fermeture de Shangaï, au printemps dernier. Cela représente des dizaines de millions de personnes enfermées dans plus de 50 villes.

 

Des restrictions de plus en plus critiquées par la population surtout lorsque cela se fait au détriment de la santé...

Un petit garçon de 3 ans intoxiqué au monoxyde de carbone est mort parce que sa résidence était confinée et que le comité de quartier a refusé de le laisser partir à temps à l'hôpital."

Un comble tout de même !

La vie d'un enfant sacrifié au nom du confinement : on imagine le désarroi et la colère des parents.

Comment comprendre cet entêtement du gouvernement chinois face à l'épidémie ? Une politique sanitaire totalitaire qui en vient à être contre productive...

La stratégie zéro Covid était présentée comme un inconvénient momentané mais au service d'un avantage sur le plus long terme.

Un inconvénient momentané qui, on le voit, s'éternise... et un remède qui devient pire que le mal...

 

A l'occasion de cette épidémie, la 5G à coup sûr permet une meilleure surveillance de la population chinoise : on en perçoit aussi les dangers à travers les dérives totalitaires de ce pays.

 

 

Source :

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/journal-de-18h/journal-de-18h00-par-amandine-reaux-du-samedi-05-novembre-2022-3393721

 

 

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6 novembre 2022 7 06 /11 /novembre /2022 14:42
Féerie des arbres de l'automne !

 

Tilleuls aux branches ténébreuses, aux feuillages éblouissants, marronniers aux feuilles brunes et rousses...

 

 

Sous la lumière automnale, les frondaisons se parent de teintes éclatantes...

 

 

Féerie des arbres de l'automne !

 

 

Des teintes de verts, de bruns, de xanthe se superposent... une fête des couleurs !

 

 

Les feuilles des tilleuls dessinent des coeurs, festonnés de brûlures...

 

 

Dans le lointain, les pins, les cèdres, les cyprès d'un vert  immuable s'élancent sur l'azur...

 

 

Encore des bouquets de roux dans le Jardin !

 

 

 

Les arbres peignent déjà des dentelles sombres sur le ciel de l'automne... certains s'étiolent, dépouillés et dévoilent toutes leurs ramures dénudées...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéo : rosemar

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4 novembre 2022 5 04 /11 /novembre /2022 12:43
Des révoltes dans l'armée russe ?

 

Une solde versée aux mobilisés russes qui s'avère très décevante... Le compte n'y est pas ! Des promesses non tenues qui suscitent des réactions de révolte...

 

"L'armée ukrainienne poursuit sa progression et les forces russes semblent sur le point de quitter Kherson dans le sud de l'Ukraine... et voici que le Kremlin est confronté à un autre problème : la grogne de certains mobilisés qui se plaignent de ne pas être assez payés... parfois, très loin de ce qu'on leur a promis.

 

Depuis plusieurs semaines, les plaintes remontent sur les réseaux sociaux, et ces derniers jours, le mouvement semble prendre une certaine ampleur.

 

Et dans quelques centres de formation, il y aurait même eu des révoltes. Une vidéo circule depuis deux jours sur les réseaux sociaux russes : on y voit une centaine d'hommes rassemblés autour de deux officiers dans la cour d'un centre d'entraînement dans le centre de la Russie européenne...

 

Rien qu'au ton, on comprend que ces mobilisés ne sont pas contents...

"Quand je suis allé au bureau de recrutement, explique un soldat, le commissaire-militaire m' a dit que d'ici deux trois jours, je toucherai 300 000 roubles..."

"Ce n'est pas possible", répondent les officiers. Les soldats protestent. D'après certains médias, ils se seraient mis en grève ! Et il aurait fallu l'intervention de CRS version russe pour mater la mutinerie.

 

Cet épisode n'est pourtant pas le premier...

Le gouvernement russe a laissé le soin aux régions de payer les soldats mobilisés, et manifestement tous ne sont pas logés à la même enseigne. En Bachkirie, les familles racontent qu'elles n'ont reçu que 1800 roubles, 30 euros depuis le départ des pères de famille. 

Une misère !

 

Il y a 15 jours Vladimir Poutine avait pourtant promis que les mobilisés ne toucheraient pas moins de 195 000 roubles par mois, soit 4 fois le salaire médian en Russie.

Mais, manifestement, les désirs du Kremlin ne sont pas des ordres pour tout le monde.

 

Par ailleurs, alors que la mobilisation partielle est officiellement terminée, les témoignages affluent de Russes qui reçoivent encore des convocations pour se rendre aux bureaux de recrutement. Il semble y avoir un gros décalage entre le discours du ministère russe de la défense et la réalité..."

 

Des soldats mal équipés, mal entraînés, mal payés, décidément l'armée russe est à la peine...

Face à cette incurie du pouvoir russe, Vladimir Poutine a donc choisi la stratégie de la terreur : bombarder des cibles civiles, des sites énergétiques pour priver les Ukrainiens d'eau, d'électricité, leur rendre la vie impossible. La Russie poursuit son offensive sur les infrastructures énergétiques de l’Ukraine, privant des millions de personnes d’électricité et de chauffage.

 

 

Sources :

 

https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/journal-de-18h/journal-de-18h00-aurelie-kieffer-du-jeudi-03-novembre-2022-7828956

 

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-est-a-nous/guerre-en-ukraine-le-salaire-de-la-peur-pour-les-soldats-russes_5404627.html

Des révoltes dans l'armée russe ?
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2 novembre 2022 3 02 /11 /novembre /2022 10:40
Chanson pour un espion...

 

Au cours d'une conférence, Marc Simon, musicien-poète, nous emmène dans un film sonore... celui des films et des séries d'espionnage... Suspense et péripéties sont portés par des lignes mélodiques empreintes d’inquiétante étrangeté.

 

Marc Simon, musicien-poète, nous propose un voyage musical à travers les bandes originales de films et séries d’espionnage. Du Prisonnier (1967-1968) mis en son par l’Australien Ron Grainer, au Bureau des Légendes (France 2015-2020) composé par le Français Rob, des compositeurs célèbres tels Lalo Schifrin (Mission Impossible), Monty Norman puis John Barry (James Bond) sont sans doute pour beaucoup dans le succès rencontré !

 

Marc Simon cite d'abord Monty Norman compositeur du célèbre thème de James Bond... On parle plus souvent de John Barry qui est l'arrangeur...

 On constate que pour de nombreux films, il n'y a pas un seul compositeur, mais des équipes...

On écoute alors Marc Simon égrener à la guitare quelques notes de ce thème...

 

Puis, Marc Simon évoque la vie de Victor Young, célèbre compositeur américain : il est né à Chicago dans une famille de musiciens juifs, son père est membre d'une troupe d'opéra itinérante. Il fait étudier à Victor le violon à l'âge de six ans puis l'envoie en Pologne en 1910 séjourner chez ses grands-parents et étudier la musique au Conservatoire impérial de Varsovie. Victor travaille ensuite le piano à Paris avec Isidor Philipp. Il revient en 1920 aux États-Unis et entre dans l'orchestre du Central Park de Chicago. Il part pour Los Angeles et est engagé comme violoniste.

Il est nommé directeur musical des théâtres de la Paramount puis au milieu des années 1930 part pour Hollywood où il compose de la musique de film, enregistre de la musique populaire et fournit des arrangements pour des chanteurs populaires comme Bing Crosby.

On lui doit également la musique de grands classiques comme Rio Grande et L'homme tranquille pour John Ford, Pour qui sonne le glas de Sam Wood, le film d'aventures Scaramouche de George Sidney, les westerns L'Homme des vallées perdues et Johnny Guitare (chanson Johnny Guitar).

On lui doit encore la musique du film de Fritz Lang : Espions sur la Tamise... titre original : Le Ministère de la peur.

Voici le scénario :

Un homme gagne, lors d'une vente de charité, un gâteau bourré de microfilms et se retrouve mêlé, malgré lui, à une inquiétante affaire d'espionnage au cours de laquelle il est poursuivi par les services secrets nazis. 

Marc Simon nous fait écouter la bande annonce de ce film : la lumière s'éteint, cris de terreur, coups de feu tirés dans le noir... on est dans l'hyperbole, l'exagération. Le héros est accablé de malheurs; mais le film déroule aussi une belle histoire d'amour, une sorte de paradis dans l'enfer de cette histoire...

 

Mais au fait, qu'est-ce qu'un espion ? Un agent de renseignements qui vit dans un monde obscur, non familier, entouré de forces maléfiques... Et on peut se poser cette question : quelle est la véritable vie d'un espion ? Dans les films, il est souvent représenté comme un être invincible...

 

Imaginons sa vie, sa vraie vie :

Il s'appelle Jean John, qu'est-ce qu'il fait ? Il mène la grande vie dans des hôtels de luxe ?

Non, en fait, il fouille les poubelles pour se nourrir, il saute des repas, il souffre, alors que dans les films, les espions ne souffrent jamais.

Il souffre aussi moralement, car il est loin de sa famille, il attend souvent, comme le fait un acteur de cinéma, il est caché...

Puis, soudain, il saute dans un train, il voyage dans un pays étranger : là, il surveille des gens qui ont une double vie. Jean John se glisse dans une ambassade, prend part à une fête, il doit faire bonne figure, il danse avec la femme du consul... il a déjà repéré 3 personnes, pendant que l'orchestre joue...

Jean John reprend des amuse-gueules, il profite de la soirée, mais il a trop mangé de caviar : pour digérer, il danse avec la maîtresse de l'ambassadeur...

Les derniers invités sont partis, mais il a mal au ventre, il a trop mangé... Eh oui, un espion, ça peut avoir mal au ventre !

Il arrive tout de même à s'éclipser.

 

Ainsi, les films d'espionnage ont des points communs avec les films noirs : une vie nocturne, interlope pour les personnages.

On songe au Faucon maltais (The Maltese Falcon),  un film américain de John Huston sorti en 1941, d’après le roman policier du même nom de Dashiell Hammett paru en 1930. Le Faucon Maltais est considéré comme l'archétype du "film noir" et celui qui a révélé l'acteur Humphrey Bogart, dans le rôle du détective privé Sam Spade.

Dans ces films, on trouve trois types de personnages : le truand, le policier et la femme fatale.

Et cette femme est souvent une chanteuse...

Ici brigade criminelle (titre original : Private Hell 36) est un film américain réalisé par Don Siegel, sorti en 1954, encore un film noir : la musique de Leith Stevens a toutes les caractéristiques d'une musique qui évoque le suspense : des coups de percussion, vibraphone, saxophone... et voici qu'apparaît la femme fatale, une chanteuse qui a des rôles multiples : activité de renseignements, elle connaît des malfrats, c'est un personnage de femme libre, complexe...

 

 

Mais revenons à Jean John : il est dans la panade...enfermé dans les toilettes d'un club de jazz, il réfléchit, il s'est caché dans les toilettes des femmes... on va vite le repérer... il temporise... Mais comment va-t-il s'en sortir ?

 

Alfred Hitchcock s'est aussi lancé dans le film d'espionnage avec L'Homme qui en savait trop (The Man Who Knew Too Much), sorti en 1956. Le réalisateur avait déjà tourné une première version du film en 1934. Musique : Bernard Herrmann.

Le scénario :

Des comploteurs ont prévu d’assassiner un politicien assistant à un concert donné au Royal Albert Hall de Londres. Afin d’éliminer sa cible discrètement, le tueur a prévu son coup. Caché dans une loge de la prestigieuse salle de concert, l’assassin doit synchroniser son tir avec un coup de cymbale puissant qui couvrira la détonation de son pistolet. Il s’agit de la cantate The Storm Clouds, Les nuages de tempête une musique composée par un certain Arthur Benjamin. 

Arthur Benjamin était le compositeur du tout premier film L’Homme qui en savait trop d’Hitchcock sorti en 1934. Lorsque le réalisateur a tourné le remake de ce film en 1956, il a demandé à Arthur Benjamin l’autorisation de réutiliser cette musique pour la scène de meurtre. Le compositeur a accepté et la cantate a donc été réarrangée par Bernard Herrmann. C’est d’ailleurs ce dernier que l’on peut voir à l’écran dans la seconde version de L’Homme qui en savait trop, il dirige l’Orchestre Symphonique de Londres lorsque le coup de cymbale fatal est donné. Une magnifique orchestration !

 

Bientôt va apparaître le héros de Ian Fleming : en 1962, James Bond contre Dr No avec Sean Connery et Ursula Andress. La musique est signée Monty Norman, orchestrée par John Barry. Une des musiques les plus célèbres et les plus réussies...

 

Retour à Jean John : poursuivi dans le métro, il court dans les couloirs, il galope... Il va se réfugier au Rugby Bar de La Placette, à Nîmes. Là, une TV est allumée : on passe une vieille série britannique des années 60, Chapeau Melon et Bottes de Cuir. Musique de Laurie Johnson.

 

En fait, plusieurs musiques ont été écrites : Johnny Dankworth (saisons 1-3) Laurie Johnson (saisons 4-6) Howard Blake (saison 6).

Dans cette série, homme et femme sont presque à égalité : c'est inédit !

Une autre série va lui emboîter le pas : Des Agents très Spéciaux, une série télévisée américaine totalisant 105 épisodes de 49 minutes chacun, dont 29 en noir et blanc. Deux espions, l'Américain Napoleon Solo (Robert Vaughn) et le soviétique Illya Kuryakin (David McCallum), doivent travailler ensemble au service du "Commandement uni du réseau pour la loi et son application". Ils doivent lutter contre une organisation criminelle internationale baptisée THRUSH. Deux espions américain et russe travaillent de concert, difficile à imaginer de nos jours !

 

Une des musiques les plus réussies est celle de la série : Mission impossible. Lalo Schifrin, un compositeur argentin, en est l'auteur. 171 épisodes au total !

 

Et puis, Le Prisonnier (The Prisoner) est une série télévisée britannique en dix-sept épisodes de 52 minutes, créée par l'écrivain et ancien agent des services secrets1 George Markstein et Patrick McGoohan, acteur principal, scénariste et producteur délégué de la série. 

Le Prisonnier utilise les ficelles du roman d'espionnage, teintées de science-fiction, d'allégorie et de drame psychologique. Une série équivoque, glauque, pas très loin de l'univers de Kafka.

La musique fait appel à des percussions, des timbales, des bongos, et les orchestrateurs s'en donnent à coeur joie pour restituer une ambiance mystérieuse.

"Vous êtes le numéro 6 ! Je ne suis pas un numéro ! Je suis un homme libre !"

Ainsi, Le Prisonnier parle surtout de la condition humaine de plus en plus contrôlée dans la modernité.  Et si le Village du Numéro 6 n'était autre que celui, global, qu'on nous propose aujourd'hui ?

 

Patrick McGoohan avait joué dans une série précédente : Destination Danger qui avait obtenu beaucoup de succès.

On peut évoquer aussi L'homme invisible : Après un accident de laboratoire, Peter Brady, un scientifique londonien, devient invisible. Devenu détective privé, il collabore également avec les services secrets britanniques, tout en continuant à mener des recherches afin de retrouver sa " visibilité ". Inspiré du roman de Wells, la série est tirée vers l'espionnage : le personnage peut espionner partout, grâce à son invisibilité, c'est pratique...

 

Puis, très rapidement, des réalisateurs ont tourné des pastiches et des parodies...

En 1965, Max la Menace, série télévisée américaine en 138 épisodes de 25 à 26 minutes, créée par Mel Brooks et Buck Henry. Le personnage s'appelle Maxwell Smart mais il fait beaucoup de bêtises.


Autres parodies : Les Tontons flingueurs de Georges Lautner, musique de Michel Magne...

Les Barbouzes en 1964, Le Monocle rit jaune de Georges Lautner, encore.

 

On peut citer aussi un film italien, Cet espion qui venait du surgelé,  réalisé par Mario Bava, avec Vincent Price, un film d'un grotesque monstrueux... ce n'est pas une réussite.

 

Les Anglais ne sont pas en reste avec Mr Bean, une série télévisée britannique en 15 épisodes. Elle met en scène le personnage de Mr Bean, créé par Rowan Atkinson (qui joue lui-même le rôle de Mr Bean) alors qu'il était à l'université. Il s'agit, comme le décrit son créateur, d'un "enfant dans le corps d'un adulte" pour qui tout événement de la vie de tous les jours devient une source d'ennuis et prend parfois des proportions insoupçonnées. Il se caractérise également par sa tendance à trouver une solution totalement improbable à ses problèmes. 

 

Au service de la France est une série télévisée française de deux saisons créée par Jean-François Halin, Claire Lemaréchal et Jean-André Yerlès, réalisée par Alexandre Courtès (saison 1) et Alexis Charrier (saison 2) et diffusée, pour la première saison du 29 octobre au 12 novembre 2015 sur la chaîne franco-allemande Arte. La deuxième saison est diffusée à partir du 5 juillet 2018 toujours sur Arte. 

La série parodie les films d'espionnage sur les services secrets français du début des années 1960, symbole d'une France coloniale en déclin.

 

 

 

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31 octobre 2022 1 31 /10 /octobre /2022 12:58
L'infantilisation des masses...

 

"Le peuple est mineur : on s'adresse à lui sur un ton enfantin...", écrit Christian Vigouroux dans son ouvrage La société du dédain.

Il suffit de voir les publicités à la télé pour en être convaincu : des messages répétés inlassablement, des couleurs criardes, des musiques tonitruantes, des personnages de dessins animés qui veulent nous inciter à consommer des produits chocolatés... le consommateur pourra se gaver de Kitkat, avec un grand verre de Coca Cola... matraquage, bourrage de crânes...

 

 

Que dire d'internet ? L'écran nous enferme dans un monde de jeux vidéos, une ronde de divertissements sans fin... un monde clos de repliement sur soi, un cocon qui nous fait oublier les réalités... le monde de l'enfance...

 

"Curieusement, nous sommes tous devenus depuis vingt ans des espions de pacotille réduits aux mots de passe, aux codes d'accès, aux mises à jour : l'existence quotidienne ressemble à un jeu de pistes où payer sa facture d'électricité, tirer de l'argent à sa banque, prendre rendez-vous chez le médecin demande un attirail digne des services.", écrit Pascal Bruckner.

De fait, il nous faut sans cesse taper des codes qui se multiplient...

Code de carte bancaire, code d'accès à l'ordinateur, digicodes en tous genres... un univers codé, chiffré qui donne le tournis et fait perdre la tête...

 

Devant les écrans, nous voici vautrés, assis comme des enfants sages...

Nous voici réduits à l'immobilité, à la passivité...

Et Pascal Bruckner de citer "les cas extrêmes de ces adolescents japonais retranchés du monde, vissés sur leurs écrans jour et nuit, livides et farouches, qu'on nourrit par plateaux-repas glissés sous leur porte."

Et bien sûr, cet enfermement conduit au grignotage permanent, à l'obésité, et à encore plus d'immobilité...

Les écrans nous cernent... et nous ne pouvons guère y échapper...

 

Bientôt des robots parlants vont même veiller sur nous, des machines connectées qui nous donneront des conseils : santé, nourriture, etc. Avec la 5G, ces équipements risquent se multiplier...

Ce sera le stade ultime de l'infantilisation des masses avec le métavers... un "méta univers" où réel et virtuel se fondent jusqu'à se confondre, une vision de science-fiction déjà présente dans des jeux vidéo. Le metavers incarne l'avenir du réseau social, selon son fondateur, Mark Zuckerberg. 

Bientôt, des gens équipés de masque de plongée, coupés du monde réel, enfermés dans leur univers parallèle.

Le degré suprême de l'infantilisation !

 

Sources :

La société du dédain de Christian Vigouroux

Le sacre des pantoufles de Pascal Bruckner

 

 

L'infantilisation des masses...
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30 octobre 2022 7 30 /10 /octobre /2022 13:36
Lumières d'automne au soleil couchant...

 

 

De douces lumières sur le canal : les roux, les ocres des arbres sont magnifiés par les derniers éclats du soleil en cette fin de journée d'automne...

 

 

Les arches des ponts s'illuminent de reflets argentés, dorés... ondoiements, éclairs de feux sur les ondes...

 

 

On admire des feuilles, étoiles rousses tombées sur le miroir bleu du canal...

 

 

 

Le jet d'eau lance ses envolées d'embruns et son doux murmure vers le ciel...

 

 

 

Cette brume d'eau transperce les arbres roux et les enlumine de ses teintes argentées...

 

 

Sur le canal, encore des myriades de feuilles, les ombres des arbres qui s'étirent, des camaïeux de verts, de bleus, d'ombres et de lumières...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo et vidéo : rosemar

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28 octobre 2022 5 28 /10 /octobre /2022 12:38
Du JAZZ pour les petits et les grands enfants...

 

Un cadre majestueux : le temple de Diane, dans les Jardins de la Fontaine, à Nîmes... pour un spectacle de jazz qui sollicite les spectateurs, petits et grands, avec des rythmes, des chansons, en français, anglais, créole...

Lors de ce concert, le duo AMALEA (Léa Amable et Marc Simon) nous a fait découvrir de nombreuses facettes du blues : origines, historique, voix féminines et masculines…

 

A travers compositions et standards, les styles les plus variés de cette musique venue du Sud des Etats-Unis, désormais répandue dans le monde, se succèdent : depuis le  fife & drum (fifre & tambour) d’Otha Turner jusqu’à ses formes les plus contemporaines en passant par ses dimensions poétiques…

Le blues est un chant né à la fin du 19ème siècle parmi les ouvriers et les esclaves noirs dans le sud des Etats Unis : ils avaient des manières de communiquer très particulières... ils ont inventé un système avec des percussions pour communiquer entre eux.

 

 Le blues est aussi à l'origine une technique vocale, avant d'être joué sur un instrument. 


Les esclaves ont commencé à chanter pour se donner du courage lors des travaux dans les champs de coton. Les esclaves ont ajouté les percussions corporelles pour accompagner leurs chants, car les Blancs avaient supprimé et interdit les instruments de musiques. Les tambours étaient jugés subversifs, car leurs rythmes codés servaient à communiquer entre les plantations, comme en Afrique.

Le spectacle s'ouvre sur un chant de travail qui est aussi un chant religieux : No more my lord, rythmé par des battements des mains...

 

"No More, My Lord
No more, my Lord,
No more, my Lord,

Lord, I'll never turn back no more.
I found in Him a resting place,
And He have made me glad.

Pas plus, mon seigneur
Pas plus, mon Seigneur,
Pas plus, mon Seigneur,

Seigneur, je ne reviendrai plus jamais.
J'ai trouvé en Lui un lieu de repos,
Et Il m'a rendu heureux."

 

 Pour trouver du réconfort, les esclaves se sont ainsi réfugiés dans des chants religieux...

"Shall not, I shall not be moved.
Non jamais on ne me fera bouger
I shall not, I shall not be moved.

Like a tree planted by the water, I shall not be moved
Comme un arbre planté au bord de la rivière,

On my way to glory, I shall not be moved
Sur mon chemin vers la gloire, on ne me fera pas bouger
On my way to glory, I shall not be moved
Sur mon chemin vers la gloire, on ne me fera pas bouger
Like a tree planted by the water, I shall not be moved.
Comme un arbre planté au bord de la rivière..."

 

Puis, on écoute une chanson de Ma Rainey : See See Rider Blues. Ma Rainey  est l'une des premières chanteuses de blues américaines connues,.. Elle fut surnommée "la Mère du Blues". Elle fit beaucoup pour développer et populariser le blues, et eut une influence décisive sur les générations suivantes de chanteuses de blues et sur leurs carrières.

"I'm so unhappy,
I feel so blue.
I always feel so sad.
I made a mistake
Right from the start.
Oh, it seems so hard to part.
Oh, but this letter
That I will write,
I hope he will remember,
When he receive' it.
 
Seeee see, rider.
See what you done done.
Lawd, lawd, lawd.
 
Made me love you,
Now your girl done come.
You made me love you,
Now your gal done come"

Cette chanson, signée Ma Rainey et Lena Arent, mais inspiré d'un air de blues traditionnel, fut reprise par un grand nombre d'artistes.

 

On découvre encore des chansons de Louis Armstrong, de Billie Holiday, Nina Simone,  Cab Calloway, des grands noms du jazz...

 

Léa Amable et Marc Simon interprètent aussi des chansons de leur composition : une jolie récré-blues pour les enfants, ou encore ce titre : Wolf man blues..., une histoire de loup fait homme ! Ouh ! Ouuuh, Aouuuuh.

 

Un beau moment de détente pour les Nîmois petits et grands venus assister à ce concert...

Ce spectacle sympathique a été présenté dans de nombreuses écoles de la région nîmoise... pour le plus grand bonheur des enfants.

 

 

 

 

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26 octobre 2022 3 26 /10 /octobre /2022 09:40
Sommes-nous vraiment décadents ?

 

Vladimir Poutine en guerre contre l'Ukraine dénonce sans cesse la décadence de l'occident... - En s'attaquant au militantisme LGBT, à la pensée "woke" et au supposé "satanisme" de l'Europe et des États-Unis, le chef du Kremlin fustige notre "décadence".

 

 Devant les ministres, les députés, les sénateurs et d'autres représentants de l'État russe, le chef du Kremlin a déclaré : "Voulons-nous que notre Russie ne soit plus notre patrie ? Que nos enfants soient pervertis, qu'on leur dise qu'il existe d'autres genres que les hommes et les femmes ? Qu'on leur propose de faire des opérations pour changer de sexe?"

 

 Vladimir Poutine a aussi affirmé : "Beaucoup de pays euros-atlantiques sont en train de rejeter leurs racines, dont les valeurs chrétiennes qui constituent la base de la civilisation occidentale. Ils sont en train de renier les principes moraux et leur identité traditionnelle, nationale, culturelle, religieuse et même sexuelle."

 

On peut y voir une déclaration de guerre à l'occident et à ses valeurs que Poutine juge perverties...

 

Et pourtant, comme l'affirme Pascal Bruckner, "ni la reconnaissance de la lutte des femmes et des homosexuels ni l'affaiblissement de la foi aveugle, ni la garantie d'un certain confort ne sont en soi des facteurs de déclin : au contraire, il s'agirait plutôt d'une marque de civilisation. On peut critiquer les excès de l'émancipation (comme dans le wokisme) sans renoncer à cette dernière."

 

L'évolution des droits des femmes, la fin de la persécution des homosexuels, le recul d'une religion sectaire qui brime les femmes, qui les emprisonne dans un carcan sont des indices de progrès, et de civilisation.

Qui pourrait en douter ?

En Russie, "peu de sujets suscitent autant de rejet unanime que l'homosexualité. Les degrés de cette attitude négative varient du mépris affiché à la violence verbale et physique... Les différentes organisations de défense des minorités sexuelles internationales classent la Russie parmi les pays les moins tolérants à cet égard", écrit Tatiana Kastouéva-Jean.

Est-ce là une preuve de civilisation ?

 

Quant aux droits des femmes, on est "surpris de voir la Douma adopter en 2016 une loi sur la décriminalisation de la violence familiale (sauf récidive) à laquelle la majorité de la société a exprimé son soutien." Les femmes, en Russie, sont aussi plus ou moins écartées de la vie politique...  En 20 ans, la part des femmes dans l'exercice des fonctions politiques est passée de 30 à 10 % selon une étude menée par la faculté d'économie de l'université d'État de Moscou,

 

Alors quand Poutine évoque la décadence de l'occident, il ferait bien de balayer devant sa porte...

Le recul des droits des femmes, l'intolérance face à l'homosexualité sont des signes de régression... et de décadence...

 

 

 

 

Sommes-nous vraiment décadents ?
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