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23 février 2019 6 23 /02 /février /2019 15:03
Un acteur si sympathique  : Jean-Pierre Kalfon...

 

Jean-Pierre Kalfon vient de faire paraître sa biographie : Tout va bien m'man... Avec un certain humour, il évoque de nombreux épisodes de sa vie.

 

Il a fugué de chez ses parents alors qu'il avait 15 ans : il a très tôt été attiré par le métier de musicien, puis il a pris des cours de théâtre, de danse.

 

Il s'est vite intéressé plus particulièrement au théâtre, puis il a été acteur de cinéma, de télévision.

 

Né en 1938, Jean-Pierre Kalfon restitue toute une ambiance : celle de la guerre, et de l'après guerre, des moments difficiles, sans doute, mais il sait les raconter avec beaucoup de tendresse et d'humour.

 

"Mes parents d'origine modeste étaient des gens formidables, ils m'aimaient, faisaient tout pour me donner ce qu'ils pouvaient,  mais comme beaucoup de gens, à cette époque, ils ne savaient pas trop communiquer avec les enfants. La transmission n'avait pas l'importance qu'elle a de nos jours."

 

Venu présenter son livre au Festival de la biographie, à Nîmes, l'acteur a lu de nombreux extraits de son ouvrage, avec bonhomie.

 

Il raconte qu'il aurait pu mal tourner quand il a fui le domicile de ses parents, mais il n'était "pas très doué comme voyou..." Il a préféré faire le voyou à l'écran.

Sa carrière a été très éclectique : musique, danse, théâtre, cinéma, télévision, une carrière éparpillée.

 

L'acteur évoque aussi les tickets de rationnement : "Mes parents et leurs amis ne parlaient que de ces fameux coupons, et plus généralement de ravitaillement, ainsi que des différents moyens de se nourrir, après ces temps de privation, cette obsession se comprenait... A l'époque, les parents ne savaient pas trop communiquer avec les enfants, ils les élevaient, c'était déjà assez difficile...

Mes parents étaient des gens adorables, efficaces pour le quotidien, mais qui n'avaient pas la moindre idée de ce que peut être la transmission, tellement fashion de nos jours..."

 

Le récit est émaillé d'anecdotes amusantes : "On m'habillait façon Tintin, pantalon de golf et chemisette à manches courtes... Arriva aussi la vogue des cols roulés, un de mes amis en avait un du plus beau vert... Je voulais le même. Maman m'a dit alors : "Je vais t'en tricoter un, mon chéri, elle en a parfaitement maillé un à l'endroit et à l'envers, pendant 6 mois. Le pull terminé, l'été était là et la mode passait."

On retrouve là l'ambiance d'une famille modeste de l'après guerre : on n'achetait pas les vêtements, on les confectionnait soi-même...

 

Autre anecdote : la rencontre avec les femmes, l'éveil de la sexualité, toujours racontés avec beaucoup d'humour.

 

Jean-Pierre Kalfon évoque enfin les films qui ont jalonné sa carrière : Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre, Les uns et les autres de Claude Lelouch, Mille milliards de Dollars, Saint-Cyr, Canicule...

 

Voilà un beau moment qui nous a fait découvrir un acteur sympathique, émouvant, un être humain proche de nous...

Et en l'écoutant, de nombreux spectateurs pouvaient s'identifier à cet acteur issu d'un milieu modeste...

 

 

 

 

 

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22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 15:04
La poésie est essentielle...

 

 

La poésie est essentielle : on l'oublie trop souvent, mais grâce à elle nous appréhendons mieux la beauté du monde, grâce à elle, nous aimons mieux le monde.

 

La poésie n'est-elle pas une ouverture sur tout ce qui nous entoure ?

Elle suscite émotions, sensibilité, révolte, colère, réflexions.

Elle recrée le monde, le rend plus évident et plus présent.

 

Harmonie ou dissonnance, beauté ou virulence, la poésie nous aide à vivre.

Elle peut transformer et magnifier les êtres, les objets, tout en restituant leur profondeur et leur essence.

 

La poésie transfigure le monde et nous en fait mieux percevoir toute la beauté, ce que nous ne voyons plus, ce que nous ne regardons plus, ou ne ressentons plus.

Un lézard qui s'attarde sur un mur, un coucher de soleil, aux teintes flamboyantes, une aurore naissante aux embruns de roses et de pourpres.

Des senteurs de pins dans les sous-bois, si prégnantes qu'elles envahissent l'espace et nous enivrent de bonheurs.

Des couleurs nuancés à l'infini de verts, des camaïeux, des mosaïques variées...

 

La poésie des mots est, en elle-même, une évidence : les mots qui nomment et qui résonnent de sonorités, d'échos qui se répondent.

Les mots et leurs éclats de voix !

Des jeux de mots, des contrastes, des associations nouvelles, des mots qui tourbillonnent et nous emportent avec eux pour découvrir des paysages, des êtres, des histoires.

Oxymores, comparaisons, anaphores, allitérations, assonances, échos sonores, rimes, la poésie nous emporte dans un univers nouveau.

 

Que serions-nous sans la poésie ? Elle nous accompagne dans nos joies, nos révoltes, nos peines, elle nous montre que le regard est essentiel, que la pensée est une force, une force de joie et de bonheur.

 

Elle nous fait redécouvrir le monde, elle est musique, rythme, réflexions, et attention.

Elle est "peinture", elle est tableau, elle contient et réunit tous les arts.

Elle est "musique", aux sonorités variées, douces, légères, ou rudes, virulentes, quand elle s'emporte et dénonce des injustices.

 

Grâce aux images, elle nous fait ressentir l'harmonie des éléments : le ciel, la mer, la terre, les arbres qui chaloupent sous le vent de l'été.

"Un nuage, Flocon de laine, nage Dans les champs bleus du ciel"!

"Les grands lys orgueilleux se balancent au vent" !

 

Fusions, correspondances, mondes qui se rejoignent !

La poésie nous entraîne dans son sillage et nous fait aimer le monde...

 

 

 

 

 

La poésie est essentielle...
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20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 10:24
Les minuscules vont-ils disparaître ?

 

 

 

Libellules, papillons, scarabées, abeilles : ces insectes sont de plus en plus menacés, sont-ils donc voués à disparaître ?

Selon un article, publié dans une revue scientifique de référence "Biological Conservation", une extinction massive des insectes n'est plus un scénario de science fiction, mais une réalité : 40% des espèces sont aujourd'hui en déclin.

 

Parmi les espèces les plus menacées, les abeilles dont la surmortalité inquiète les apiculteurs.

Sont mises en cause l'utilisation de pesticides, comme les néonicotinoïdes, mais aussi la perte d'habitat des insectes liée aux activités humaines et au dérèglement climatique.

On assiste à une vraie désertification.

 

Ce déclin fait songer à la disparition des dinosaures...

Après la mort des dinosaures, ces espèces géantes, allons nous assister impuissants à l'extinction des insectes, ces espèces minuscules ?

 

Cette extinction menace aussi, bien sûr, la survie des oiseaux et des reptiles qui se nourrissent de ces insectes et elle compromet la pollinisation de toutes nos cultures.

Pour stopper ce massacre, de nombreux scientifiques préconisent l'interdiction de la plupart des pesticides.

 

On le sait... les abeilles sont en danger : depuis des années, des colonies entières sont décimées en raison d'une agriculture intensive, de la monoculture, et de l'utilisation de ces pesticides.

Certains miels sont eux-mêmes pollués  et contiennent des résidus dangereux, il est donc urgent d'agir pour interdire ces substances délétères.

 

On imagine, qu'en la circonstance, le lobbying bat son plein, et que nombre d'intérêts sont en jeu, dans cette bataille contre les pesticides.

Ainsi, des intérêts financiers colossaux menacent les abeilles et notre planète entière.

Sans les abeilles, plus de pollinisation, sans les abeilles, un grand nombre de cultures sont vouées à l'extinction pure et simple...

Sans les abeilles, l'homme lui-même est menacé car des équilibres écologiques essentiels sont mis en péril.
 

A long terme, c'est la survie de l'espèce humaine qui est compromise dans un environnement privé d'insectes.

 

 

Sources :

https://www.franceculture.fr/ecologie-et-environnement/pourquoi-ny-a-t-il-plus-dinsectes-sur-vos-pare-brises

 

https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/environnement-les-insectes-en-voie-d-extinction_3187167.html

 

 

Les minuscules vont-ils disparaître ?
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18 février 2019 1 18 /02 /février /2019 12:10
Mais ça existe encore ?

 

 

Des portraits de Simone Veil honteusement tagués de croix gammées, des quenelles, des insultes racistes adressées à Alain Finkielkraut, des devantures de magasins souillées d'inscriptions "juden", cela se passe en France, de nos jours, en 2019.

Voilà qui rappelle les heures les plus sombres de notre histoire...

 

Alors, on se dit : "La bête immonde revient... ça existe encore ?"

C'est comme si on effaçait l'histoire terrible du XXème siècle, c'est comme si on oubliait l'horreur des camps de concentration, tant d'abominations, tant de crimes et d'abjections.

 

"Barre-toi, sale sioniste de merde!, Tu vas mourir, Sale race, Grosse merde, Palestine!, Rentre chez toi à Tel-Aviv!", "Elle est à nous, la France!", crie un jeune homme barbu en agitant ostensiblement son keffieh palestinien. "Nous sommes le peuple!", renchérissent d'autres gilets jaunes.

Le philosophe et académicien a été injurié et sifflé ce samedi en marge de la manifestation des gilets jaunes dans le quartier de Montparnasse à Paris. 

Tant de haine ! Tant de mépris ! Tant d'insultes !

La contestation aurait-elle cédé la place à la détestation ?

 

Les gilets jaunes portent de justes revendications, quand ils dénoncent la baisse du pouvoir d'achat, les inégalités, les salaires insuffisants, les retraites misérables de certains, mais ils devraient aussi dénoncer avec la plus grande sévérité ces manifestations d'intolérance, ce racisme qui ressurgit dans leur rang.

 

Honte à ceux qui insultent, rabaissent, méprisent ! Honte à ceux qui se livrent à ces débordements de haine !

Ce sont là des réactions primaires...  bien sûr, on peut être en désaccord avec la pensée et les positions d’Alain Finkielkraut et le critiquer ; on peut défendre la cause palestinienne,  mais l’insulte n'est pas admissible.

Elle est d'autant moins admissible quand c'est une foule haineuse qui s'en prend à un homme de 70 ans, à un philosophe, un écrivain.

L'insulte discrédite ceux qui l'utilisent, elle est l'arme des faibles.

 

On se souvient aussi de l'éviction d'Alain Finkielkraut lors des débats organisés par Nuit Debout : des insultes avaient alors fusé à son encontre, un participant avait craché dans sa direction.

Certains allaient jusqu'à imaginer qu'il s'agissait  d'un "coup monté" de la part d'Alain Finkielkraut, comme si le philosophe était lui-même coupable des invectives qu'il avait essuyées !

L'insulte ne peut, en aucun cas, servir d'arguments, l'insulte instinctive et primaire est scandaleuse.


L'insulte relève du réflexe et s'oppose à une véritable réflexion, si, en plus, elle s'accompagne de crachats, on atteint le comble de l'ignominie.

 

 

 

 

 

 

 

Mais ça existe encore ?
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17 février 2019 7 17 /02 /février /2019 13:16
Royal, le cygne !

 

Majestueux, impérieux, un cygne sillonne les eaux sombres de sa silhouette lumineuse : col gracile, masque noir, plumes aériennes, il glisse sur les ondes translucides...

 

Tout autour, les replis obscurs de l'eau, tout autour, un miroir aux teintes nuancées.

 

Le cygne, d'un blanc immaculé, attire tous les regards : il caracole, il danse, il arrondit son plumage...

 

Dans son sillage, des canards l'accompagnent, cols verts aux habits soyeux.

 

Regard de côté, cerné de noir, le cygne joue la séduction, il fascine, il subjugue...

 

Il tourne sur lui-même, souplesse, rondeur, vénusté... Il tourbillonne... sarabande, bergamasque sur les ondes...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

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16 février 2019 6 16 /02 /février /2019 12:35

La magnificence du mimosa...


 

Le mimosa aux fleurs exubérantes embaume les jardins de l'hiver...Des myriades de fleurs couleur d'or et de lumière tapissent les branches de l'arbre : des étincelles flamboyantes éblouissent les yeux...

Le nom même du "mimosa" intrigue, étonne : d'où vient ce mot aux sonorités de douce labiale redondante, aux voyelles variées ? Un nom issu du latin "mimus", et plus anciennement du grec μῖμος, "le mime", en raison de la contractilité de la plante.
 
Les parfums du mimosa sucrés, doux envahissent l'espace, des senteurs uniques se répandent, des effluves pleins de bonheurs de l'été rayonnant...Les fleurs explosent en bouquets remplis de luminescence...
 
 Les fleurs rondes se déclinent dans des tons de jaunes, clairs ou brillants, de blanc, de crème ou d'orangé... Un duvet subtil les garnit de filaments soyeux. Les fleurs retombent en grappes abondantes autour de l'arbre et s'épanouissent en rameaux éblouissants.
 
Les boules cotonneuses, légères, étincelantes remplissent les arbres... les feuilles, souples, fines, dentelées, d'un vert subtil se couvrent d'une multitudes de boutons d'or : de loin, on dirait de la soie, une moire d'étincelles et de luminosités...
 
Le mimosa, fleur de l'hiver nous séduit par ses couleurs chaudes, ses senteurs à la fois douces et tenaces, le mimosa fait éclater et resplendir ses petites fleurs duveteuses... qui répandent des odeurs de miel doré...
 
Les fleurs blondes, de xanthe ressortent sur les feuillages aériens, souples,aux réseaux serrés et denses...
 
Les mimosas dessinent des panaches de lumière sur l'horizon de l'hiver... ils adoucissent de leurs couleurs, de leurs parfums les froids rigoureux, les frimas au coeur de l'hiver.
 
Senteurs et splendeurs du mimosa ! Quelles images de rêve d'été et de bonheurs infinis ! Quels rivages sereins et bienheureux ! Quels effluves savoureux !
 
Les mimosas, fleurs du sud et du soleil, en imitent la couleur dorée, ils nous font songer aux douces senteurs de l'été...

 

 

https://youtu.be/ikQNFqVkNNc
     
 

 

 
 

 

 

La magnificence du mimosa...
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14 février 2019 4 14 /02 /février /2019 11:31
Houellebecq Sérotonine : La scène de rencontre...

 


Nombre de romanciers ont abordé ce thème, celui de la rencontre amoureuse ou du coup de foudre : ce motif est un lieu commun de la littérature sentimentale, il permet d'ouvrir des perspectives, de lancer un personnage dans une aventure amoureuse, d'orienter son destin.

 

Dans le roman de Houellebecq Sérotonine, on retrouve ce thème littéraire traité de manière moderne et originale.

La scène se passe sur le quai C de la gare de Caen... La gare est un lieu de rencontres où les gens se croisent. Mais, en fait, le narrateur a été dépêché afin d'accueillir une jeune stagiaire dans le service vétérinaire de son entreprise, la DRAF.

 

Le narrateur, Florent-Claude Labrouste, dans l'attente du train, se met à observer certains détails infimes, comme une "précognition bizarre", comme s'il se doutait que la rencontre à venir allait être décisive et essentielle...

Et qu'observe-t-il d'abord ? Entre les voies, il aperçoit des "plantes aux fleurs jaunes" dont il avait appris l'existence au cours de ses études d'ingénieur agronome... Les fleurs, on le sait, sont souvent associées à l'amour, à une forme de romantisme, et on voit ici qu'elles s'épanouissent dans un cadre urbain plutôt hostile : au milieu des pierres et du béton.

Puis, curieusement, le narrateur observe tout autre chose : "d'étranges parallélépipèdes, aux bandes saumon, ocre et bistre, il s'agissait en réalité du centre commercial "Les bords de l'Orne", une des fiertés de la nouvelle municipalité, les références majeures de la consommation y étaient présentes, de Desigual à The Kooples..."

On est sensible ici à une opposition évidente entre les fleurs et le centre commercial, symbole de modernité, emblème du libéralisme, de l'économie de marché, d'une société de marchandisation et de consommation.

Curieux rapprochement entre des fleurs et un centre commercial !

 

C'est comme si ce centre commercial représentait un danger pour l'amour qui va naître... On trouve d'ailleurs cette idée exprimée un peu plus loin dans le roman : "j'avais bien compris, déjà, à cette époque, que le monde social était une machine à détruire l'amour".

 

Puis, soudain, Camille apparaît : désignée simplement par le pronom "elle", le personnage envahit l'espace : le narrateur ne voit plus qu'elle.

Elle est très simplement associée à des verbes de mouvement : "Elle descendit les quelques marches métalliques de son wagon et se tourna vers moi."

Le narrateur remarque avec satisfaction qu'elle n'a pas de valise à roulettes, mais un sac en bandoulière, une preuve de dynamisme, de décontraction, d'anticonformisme, sans doute.

 

La jeune femme n'est absolument pas décrite : on ne sait pas si elle est grande, petite, brune, blonde, on ne voit pas les traits de son visage, comme si elle était une sorte d'archétype de la beauté et de l'amour. On sait seulement que "son regard était d'un brun doux."

Aucune parole n'est prononcée alors : c'est l'émerveillement de la rencontre qui se manifeste par des regards croisés et insistants, comme le suggère l'emploi de l'imparfait à valeur durative : "elle me regardait, et je la regardais, c'était absolument tout."

 

L'amour paraît ainsi comme une évidence, un absolu : on peut noter la sobriété de cette scène, dans le vocabulaire, aucune effusion, aucun trouble émotionnel, mais une grande complicité qui unit déjà les personnages.

On remarque aussi la simplicité du dialogue, la jeune fille se contente de dire : "Je suis Camille."

Puis, les deux personnages se dirigent vers la voiture garée à une centaine de mètres. Le silence les réunit.

La jeune femme se comporte avec naturel, et semble déjà très proche du narrateur.

 

Le temps lui-même semble se mettre à l'unisson des deux amoureux : "le temps était resplendissant, le ciel d'un bleu turquoise, presque irréel..."

 

Ce qui touche, dans cette scène de rencontre, c'est l'extrême simplicité de l'évocation : aucune grande effusion romantique, aucune description grandiloquente.

C'est l'évidence de l'amour qui se manifeste... un amour que le narrateur ne saura pas préserver, et on en trouve comme un indice dans la description du centre commercial... comme si la fin de l'amour était déjà inscrite et programmée avant même qu'il ne débute.

Ainsi, Michel Houellebecq renouvelle le thème de la rencontre amoureuse grâce à l'extrême sobriété du récit, et en l'inscrivant dans un cadre moderne et contemporain.

 

 

 

 

 

 

Houellebecq Sérotonine : La scène de rencontre...
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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 17:44
Réseaux sociaux : jouir de la souffrance des autres...

 

 

Cyber harcèlement, insultes récurrentes, photomontages dégradants : les femmes sont plus particulièrement des cibles sur Twitter, Facebook.

Certains journalistes eux-mêmes se sont livrés à ce "jeu" cruel du harcèlement.

 

La méchanceté devient ainsi une preuve de valeur sociale, le dénigrement personnel est érigé en "coolitude branchée."

C'est ainsi qu'on a découvert récemment "la ligue du lol", un groupe constitué de journalistes qui s'appliquait à harceler quelques hommes et beaucoup de femmes, identifiées comme féministes.

 

Cette explosion de haine qui se déverse sur internet, ce flot d'insultes révèlent une société en manque de repères.

Quel plaisir peut-on prendre à harceler des victimes fragiles ?

Et quand ce sont des journalistes qui se livrent à une telle activité, on peut s'interroger sur le fonctionnement des réseaux sociaux où l'agressivité est bien vue, presque valorisée.

Une dizaine de journalistes français en vue ont été écartés ou renvoyés de leurs postes. Ils ont passé une décennie sur Twitter à insulter en toute impunité des femmes qui avaient eu le malheur d'apparaître sur leurs radars. 

 

Evidemment, l'anonymat favorise ces phénomènes de violence verbale : la parole se libère, elle éructe, elle déborde...

Certes, les réseaux sociaux ont un rôle positif, mais on observe une forme de "dilution des responsabilités, de dimension régressive, une forme de barbarie, de sadisme."

Ces plateformes deviennent de véritables fléaux.

De nombreux journalistes préfèrent se retirer des réseaux sociaux pour ne pas avoir à affronter des flots de haine, de reproches divers. Mais on laisse alors la place à ceux qui se livrent à ces débordements, on leur cède.

 

Ceux qui s'adonnent à ce petit jeu de massacre ne se discréditent-ils pas eux-mêmes ?

Insultes sexistes, insultes qui visent à amoindrir, à dénier toute intelligence à celui ou celle que l'on veut annihiler, insultes qui s'attaquent à l'aspect physique...

Et ces insultes se multiplient... Elles envahissent la toile, haineuses, dévastatrices.

 

Il m'est arrivé de subir, ainsi, des flots d'insultes sur Agoravox, et pendant 3 ans environ, j'ai renoncé à publier sur ce média : il est vrai que le harcèlement peut faire des ravages, et avoir des conséquences graves notamment sur les jeunes, les adolescents. Certains se spécialisent dans le commentaire haineux et malveillant...

 

Chacun doit se montrer responsable sur la toile : les insultes ne sont qu'une marque d'hybris, de démesure et d'irréflexion, il faut aussi les prendre avec du  recul et refuser de se laisser intimider par les fous furieux de la toile...

 

 

 

Source :

https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/complotisme-harcelement-faut-il-quitter-les-reseaux-sociaux

 

 

 

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11 février 2019 1 11 /02 /février /2019 14:51
Une rencontre passionnante avec Axel Kahn...

 

 

Axel Kahn, c'est d'abord pour moi un phrasé particulier qui nous fait savourer les mots, les phrases : on aime l'écouter parler, avec sa verve caractéristique, on reconnaît tout de suite son timbre de voix.

 

Généticien, scientifique, médecin, Axel Kahn est aussi un écrivain : après avoir écrit la biographie de son père qui s'est suicidé le 17 avril 1970, il se lance dans un autre projet : rédiger sa propre autobiographie intitulé Chemins.

 

"Une autobiographie à travers ce qui, après tout, me caractérise mieux que tout, mieux que la génétique, mieux que la médecine, mieux que l'éthique, mieux que beaucoup de choses, c'est à dire mon amour absolu, mon besoin physique, mon besoin vital d'être sur les chemins, en train de cheminer... c'est l'autobiographie d'un homme, des flashs de mémoire entre 5 ans et 73 ans."

 

Axel Kahn évoque l'héritage immense, démesuré qui est celui de son père. Et notamment ce message que lui a laissé son père : "Sois raisonnable et humain..." et Axel Kahn, de se poser ces questions : "Qu'entendait-il par être raisonnable et humain ? En quelles circonstances notre raison et notre humanité sont-elles menacées ?"

Cette phrase, cette injonction ont accompagné Axel Kahn tout au long de son parcours, "comme un fil d'Ariane qui lui a permis de se retrouver dans les dédales de la vie où les Minotaures sont multiples."

 

Il parle aussi de son enfance au Petit-Pressigny, un petit village de 500 habitants dans le sud de l'Indre et Loire qui fut pour lui comme un paradis terrestre : et il a retrouvé maintes fois sur les chemins cette impression de bonheur absolu liée à l'enfance.

 

Axel Kahn raconte des souvenirs, notamment une rencontre éblouissante avec son père : à Chamonix, alors que le jeune Axel atteint de tuberculose fait un séjour dans un sanatorium, une rencontre forte, chargée d'émotions dans de somptueux paysages enneigés... Il découvre alors un homme qui est son père et qui l'aime.

 

Axel Kahn parle aussi de religion : les dogmes catholiques lui ont paru à un moment de sa vie totalement incroyables : la virginité de Marie, la Trinité, le Jugement dernier, la résurrection du Christ...

Mais il ne peut pas rejeter l'humanisme chrétien : même si on ne fait pas l'hypothèse de Dieu, tout n'est pas permis... Axel Kahn reste attaché à un humanisme rationnel sans Dieu.

 

Axel Kahn évoque encore son expérience de président d'Université : une mission exaltante... "essayer de préparer l'avenir, et essayer de dire aux étudiants : "Vous savez, si vous vous intéressez au passé, à vos racines, à ce qui vous a permis d'être là, non seulement ce ne sera pas un affaiblissement pour préparer l'avenir, mais cela vous donnera un ressort extraordinaire."

 

Axel Kahn raconte de nombreuses anecdotes survenues lors de ses pérégrinations et il rappelle que son livre intitulé Chemins est un document sur la France du début du XXIème siècle : "l'importance de l'attachement aux territoires, la diagonale du vide, là où les gens voient tout foutre les camp, des gens pour qui seul le pire est certain...", la France des gilets jaunes.

 

Ainsi, son autobiographie n'est pas seulement un éloge de la marche, elle est aussi le reflet de la France contemporaine : une étude sociologique de notre époque...

 

 

 

 

 

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10 février 2019 7 10 /02 /février /2019 15:06
Aurore naissante...

 

 

Le ciel se pare d'un subtil dégradé de roses, de couches superposées de teintes douces, apaisantes... 

 

Voici l'Aurore aux doigts de roses, voici les plis de sa robe irisée de nuées transparentes...

 

Voici la belle Aurore,  au teint éclatant, aux embruns de roses...

 

Voici l'Aurore au voile de safran, voici ses habits irisés de lumières et d'éclats dorés.

 

Voici la déesse qui s'éveille et étire son voile blond, voici Aurore...

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Aurore naissante...
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