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4 avril 2018 3 04 /04 /avril /2018 10:35
Incivilités...

 

 

Les incivilités sont partout : dans la rue, à l'école, dans les magasins, dans les moyens de transport.

Une sorte de manque de savoir-vivre ensemble s'installe dans la société.

C'est l'individualisme qui prime, une forme de barbarie qui prévaut.

 

Et les incivilités commencent dans l'emploi de la langue : on ne respecte plus notre langue, on la malmène, on la torture, on lui fait subir toutes sortes d'outrages...

Fautes d'accord, défauts de liaisons, mauvais usage du vocabulaire, orthographe négligée...

Partout, la langue se délite : on entend les jeunes prononcer des insultes, des mots grossiers, vulgaires, graveleux.

 

Même dans certains journaux, on peut lire des fautes grossières d'accord, quand le sujet est inversé, notamment...

Ne peut-on se relire ? Le temps manque-t-il aux journalistes pour vérifier ce qui est écrit ?

Au fond, on a l'impression que la forme n'a plus d'importance, que tout est possible, que l'on peut s'accommoder de quelques manquements à la grammaire....

Et ces erreurs se répercutent, sont colportées et admises...

 

La civilité passe aussi par le respect de la loi, le "vivre ensemble".

Et les incivilités permettent de passer outre, de ne plus respecter certaines règles, et même dans le langage qu'on utilise.

 

Sur internet, les insultes fusent : elles peuvent être violentes, inhumaines, proférées sans réflexion.

Un ancien candidat France insoumise aux législatives, Stéphane Poussier, s'est ainsi réjoui de la mort d’Arnaud Beltrame.

Des messages abjects, ignobles ont été postés, après la mort de ce gendarme courageux qui s'est dévoué pour sauver une otage.

Comment peut-on en arriver là ?

 

Internet favorise ce type de réaction irréfléchie, ces messages insultants et primaires...

Internet favorise les incivilités et une forme d'individualisme dangereux.

Les incivilités se répandent partout : elles révèlent une société en manque de repères, où la culture du vivre ensemble se délite, où la culture est méprisée et négligée.

C'est la culture qui fonde une société, et elle passe aussi par la langue, par l'usage que l'on en fait...

 

 

 

 

 

 

 

 

Incivilités...
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2 avril 2018 1 02 /04 /avril /2018 09:18
Le Viagra : une chance ?

 

 

Nous vivons une période de progrès médicaux spectaculaires : c'est du moins, ce que l'on veut nous faire croire...

Désormais, en cas de panne sexuelle, une nouvelle molécule peut aider les hommes contre l'impuissance...

 

Un article paru récemment sur le journal Le Monde fait ainsi l'éloge du Viagra.

Intitulé "La découverte du Viagra est un grand coup de chance", cet article évoque avec de nombreux détails cette pilule qui aurait révolutionné la sexualité masculine...

Une façon de promouvoir ce produit, qui est cher : 20 euros le comprimé... une façon d'inciter les hommes à tester le Viagra.

 

Et on  donne même des explications très techniques : 

"La molécule bloque l’enzyme responsable de la dégradation du médiateur qui permet l’érection. En clair, il prolonge la qualité de l’érection en permettant un meilleur contrôle du temps qui précède l’orgasme masculin. Mais si le Viagra a un effet de quatre à huit heures, cela ne veut pas dire qu’il maintient une érection aussi longue. Elle sera juste facilitée durant ce laps de temps."

L'article s'achève sur cette question :

"Y a-t-il des limites à l’usage du Viagra ?"

Avec cette réponse :

"Pourquoi mettre une limite ? Un jour peut-être, on pourra proposer une pilule qui booste pour douze heures les capacités intellectuelles… Pourquoi ne pas la prendre le jour où vous savez que vous avez plusieurs réunions ou un gros dossier à présenter ? C’est pareil pour le Viagra."

Et c'est un urologue, un médecin, Nicolas Thiounn qui le dit !

 

Alors là, on tombe des nues, avec ce raisonnement par analogie...

Bientôt une pilule pour renforcer les capacités intellectuelles ?

Mais, vers quel monde médicalisé à l'extrême se dirige-t-on ?

 

S'agit-il de médication ou de dopage ? On peut légitimement se poser la question...

Le désir masculin devrait être mû par l'amour, par la capacité d'une femme à séduire.

 

Vouloir le remplacer par une pilule dont les effets sur la santé peuvent être néfastes, n'est-ce pas dangereux ?

En fait, la médecine devient une vaste entreprise commerciale...

 

Il s'agit de vendre des produits de toutes sortes, au prix le plus juteux pour l'industrie pharmaceutique...

De plus en plus, sur internet, des publicités proposent aussi du Viagra sans prescription médicale : on imagine le danger que peut représenter la vente du Viagra hors prescription médicale...

Ce n'est pas un produit anodin : le risque d'addiction est réel et certaines contre-indications existent.

La pilule bleue : une chance ? C'est surtout un pactole et une manne pour l'industrie du médicament...

Le viagra reste une molécule chimique dont on ne mesure pas bien les effets sur la santé... d'ailleurs certains utilisateurs évoquent des "effets secondaires" dangereux : maux de tête, congestion...
 

 

Source :

 

http://www.lemonde.fr/sante/article/2018/04/01/la-decouverte-du-viagra-est-un-grand-coup-de-chance_5279259_1651302.html

 

 

Le Viagra : une chance ?
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1 avril 2018 7 01 /04 /avril /2018 10:16
Un poisson pour ouvrir le mois d'avril : le pataclet....

 

Le "pataclet" ! Un nom étrange pour ceux qui habitent loin de Marseille et des côtes méditerranéennes...

Un mot inconnu et mystérieux qui fait surgir des accents de Provence, une langue qui chante, qui savoure les mots...

 

 

Le "pataclet" ! Voilà un mot du sud, un nom de poisson plein de charme !

 

Le mot déroule des consonnes éclatantes : labiale initiale, dentale, gutturale. La voyelle redondante "a" fait rayonner ce nom...

 

Le "pataclet" nous laisse entrevoir des étendues marines, des vagues incessantes, des remous, des écumes...

 

Le pataclet,  petit poisson de roche argenté et plat,  arbore sur sa queue une tache noire, et fait miroiter ses nageoires aux teintes de xanthe.

C'est un poisson méditerranéen de dimensions modestes.

 

Le mot évoque le sud, le soleil, les calanques, de petits ports de pêche, près de Marseille.

Il me parle de l'enfance, du petit village où je suis née : l'Estaque.

Il me parle de mon grand-père, artisan pêcheur dans la baie de l'Estaque...

 

A l'Estaque, il existait et il existe encore une petite rue obscure, creusée sous des maisons, appelée "le passage du pataclet"... une ruelle sombre, mystérieuse par laquelle on accédait au coeur du village.

"Le passage du pataclet" permettait d'atteindre les hauteurs de l'Estaque... les collines environnantes, un belvédère sur la Méditerranée, une vue magnifique sur la baie de l'Estaque...

 

Ce mot nous fait entendre, aussi, le parler de Provence, l'accent du sud, des mots savoureux.

"Le gobie, la girelle, le loup, le muge, la rascasse, le capelan, le fielas, le pageot"... autant de noms pittoresques de poissons.

Des mots sympathiques qui suggèrent toute une ambiance : le soleil, la mer et ses reflets argentés, des senteurs marines, des odeurs d'algues et de sel...

 

Le pataclet argenté et doré brille dans les eaux méditerranéennes.

Il nous fait admirer des côtes découpées, des calanques, des pins qui s'inclinent vers la mer.

On perçoit le murmure de l'eau, des embruns qui s'envolent, des vagues ondoyantes, on s'enivre d'air marin...

 

 

 

 

 

 

 

Un poisson pour ouvrir le mois d'avril : le pataclet....
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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 08:46
Pour défendre notre langue française...

 

 

Une langue qui s'appauvrit, le règne de l'image qui fait que les mots perdent de leur pouvoir et de leur sens, notre langue française défigurée, meurtrie, mutilée : tel est le triste bilan que dresse Jean- Michel Delacomptée dans son ouvrage intitulé Notre langue française...

 

Quand l'image prend le pas sur le mot, elle peut accomplir des ravages et anéantir tout un patrimoine culturel.

 

Jean-Michel Delacomptée met en évidence l'appauvrissement du vocabulaire et de la syntaxe : il dénonce la lourdeur de certaines expressions de plus en plus utilisées : "par rapport à", "au point de vue de", il débusque les abréviations, le style SMS, ou encore l'emploi d'un lexique banal et répété : "être, avoir, dire, faire"...

 

Les fautes de langue se multiplient : fautes d'accord du participe passé employé avec l'auxiliaire "avoir", le non respect du "h" aspiré dans la prononciation...

 

On ne peut que regretter aussi l'invasion du "globish" en train de dévorer le globe...

Tous ces mots qui sont utilisés sur la toile et ailleurs "pour faire tendance"."News, la semaine du white, The voice, Secret story..."

Le snobisme de certains, la mode, la pub taillent en pièces notre langue.

Comme si on en avait honte... nos mots s'effacent devant l'invasion de la langue anglaise.

 

Jean-Michel Delacomptée fustige aussi l'internet vocal qui risque de prévaloir de plus en plus, les assistants vocaux se multipliant...

Une façon encore de simplifier la communication, de la rendre plus facile mais aussi plus superficielle et moins réfléchie...

Ainsi, l'auteur imagine un monde où l'humain "n'aura plus à fournir d'efforts pour se repérer dans le monde..."

 

La dématérialisation a tendance à gagner du terrain : fini, le bon vieux papier....

"Rédiger à la main devient suranné..." peut-être le geste lui-même se perdra-t-il un jour ?

On imagine facilement le danger que de telles pratiques font courir à la langue : l'écrit élaboré risque de s'évanouir.

 

Que dire de l'écriture inclusive qui massacre la langue ?

Que penser de la féminisation forcée du vocabulaire ?

On forge des mots nouveaux "auteure, autrice"... on hésite et on constate toute la maladresse de ces néologismes.

 

Notre langue mérite d'être protégée et préservée de ces atteintes multiples : à chacun de refuser ces manquements, ces agressions...

Jean-Michel Delacomptée s'inquiète devant le sort qui est réservé à notre langue française : si nous continuons à la saccager, nous risquons de "détruire notre idéal républicain, notre culture et aussi notre civilisation..."

L'enjeu est gravissime...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour défendre notre langue française...
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28 mars 2018 3 28 /03 /mars /2018 08:19
Les oiseaux vont-ils disparaître ?

 

 

Alors qu'on nous promet toutes sortes de progrès technologiques, des smartphones de plus en plus performants, l'avènement de l'Intelligence artificielle, on nous annonce aussi que les oiseaux sont en train de disparaître de nos campagnes...

Il est beau le progrès ! 

Il détruit notre environnement, il pollue l'air, il anéantit la terre, détruit les insectes et il fait mourir les oiseaux...

 

Adieu l'alouette Lulu et le bouvreuil, les merles et les grives qui se raréfient, où sont les serins cini, les pouillots fitis, les mésanges nonnettes, les moineaux friquets ou ordinaires, les verdiers ? Disparus les roitelets, les chardonnerets, les linottes, où sont les sittelles, les mésanges à longue queue, les rouges-gorges, les mésanges bleues et charbonnières ?

Adieu la poésie de tous ces noms aux sonorités emplies de délicatesse, de charme !

 

L'oiseau n'est-il pas un symbole de fragilité et d'élégance ?

Et il est un des premiers à souffrir de la pollution des sols et de l'air...

 

Une étude publiée ce mardi 20 mars, date officielle du début du printemps, par le Muséum d'histoire naturelle et le CNRS met en garde contre la disparition inquiétante des oiseaux dans les campagnes françaises. 

"Pour les scientifiques, ce déclin est dû à l'intensification des pratiques agricoles, avec la fin des jachères imposées par l'Union européenne et l'arrivée des néonicotinoïdes, ces insecticides tueurs d'abeilles : 85 % de la population du carabe, un coléoptère faisant partie du régime alimentaire de certains oiseaux, a disparu depuis la fin des années 1990..."

 

En France, on a perdu un tiers des oiseaux des champs : l'intensification de l'agriculture est à l'origine de cette extinction.

Les progrès nous entraînent vers des dérives inquiétantes...

Si les oiseaux sont menacés, si les insectes pollinisateurs sont menacés, nous sommes nous-mêmes menacés d'extinction...

C'est la survie de l'espèce humaine qui est en jeu..


Aux Etats-Unis, plus précisément à Harvard, des chercheurs imaginent même un avenir terrifiant pour les abeilles : les remplacer par des drones.

Depuis des années, des colonies entières d'abeilles disparaissent. Les pesticides, les prédateurs comme le frelon asiatique, des parasites, le changement climatique sont à l'origine de ce déclin. Une véritable catastrophe écologique se prépare, et plutôt que de prendre le problème à la racine, certains se lancent dans des projets monstrueux : utiliser des machines, à la place des abeilles !

 

Il serait temps de prendre conscience du déclin de certaines espèces, il serait temps de revenir à une agriculture plus raisonnable et plus respectueuse de la nature...

Cette nature si prodigue qui nous offre toute la beauté des oiseaux, leurs couleurs, leurs plumes soyeuses, leurs chants délicats...

Cette nature que l'on s'applique à détruire de maintes façons...

 

 Ces vers d'Aristophane où l'auteur grec célèbre le chant des oiseaux ne seront-ils bientôt plus qu'un lointain souvenir ?

 

 

"Ô les oiseaux chantant doux, chantant gai, chantant fort !

Compagnons des saisons sereines, 

Notes de flûtes du printemps

Et du beau temps..." (Traduction de Marguerite Yourcenar)

 

(C'est ainsi que le choeur apostrophe les oiseaux, dans une comédie antique écrite par Aristophane...)

 

 

 

 

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/les-oiseaux-des-campagnes-disparaissent-a-une-vitesse-vertigineuse_122204

 

 

 

 

Les oiseaux vont-ils disparaître ?
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26 mars 2018 1 26 /03 /mars /2018 12:49
Les boucs émissaires...

 

 

Sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, on se souvient que les principaux boucs émissaires étaient les enseignants : suppression de postes, suppression de l'année de stages pour les nouveaux profs, mépris de la culture et de ses représentants...

Il faut bien trouver des victimes expiatoires, pour contenter une certaine opinion publique...

Il faut bien réformer au détriment de certaines catégories de la population que l'on montre du doigt, que l'on stigmatise...

Il faut bien créer des divisions, soulever des indignations, créer des polémiques contre telle ou telle catégorie de travailleurs...

 

Avec l'avènement d'Emmanuel Macron, qui sont donc les nouveaux boucs émissaires ?

En premier lieu, les retraités, bien sûr... ces nantis, ces gavés... ces retraités aisés qui gagnent 1200 euros !

Il faut les taxer, leur faire payer le prix fort.

 

Et puis, bien sûr, d'autres nantis, les fonctionnaires, ceux qui travaillent dans les hôpitaux, qui paressent, qui osent se plaindre d'un surcroît de travail...

 

Sans parler des cheminots, ces privilégiés du rail qui ont droit à des billets gratuits, qui ont l'audace d'évoquer leurs horaires décalés...

Il faut bien trouver des coupables et les désigner à la vindicte populaire !

Haro sur le baudet !

 

Et, souvent, ce sont les petits et les modestes qui trinquent !

Diviser pour mieux régner, c'est là une tactique éprouvée et éculée.

Et elle fonctionne !

 

Il faut voir comme l'opinion publique se met à conspuer les cheminots, leur statut de "privilégiés", comme si ce statut ne comportait pas des contraintes et des difficultés, comme si leur métier était de tout repos.

Comme si le déficit de la SNCF ne provenait pas d'une mauvaise gestion de l'état...

 

Il est facile aussi d'opposer les jeunes actifs aux retraités considérés comme des nantis...

Opposition et manichéisme simplistes !

 

Il est encore plus facile d'opposer public et privé... et de prétendre que les fonctionnaires sont des privilégiés, alors qu'ils travaillent dans des conditions souvent difficiles, que ce soit dans les hôpitaux, dans les établissements scolaires, dans les EHPAD.

Non, tous ces gens, tous ces travailleurs ne sont pas des privilégiés.

Ils ont raison de défendre leurs droits et leur statut, obtenus au terme de longues luttes sociales...

 

 

 

 

 

https://www.marianne.net/economie/reforme-de-la-sncf-les-privileges-du-statut-du-cheminot-sont-surtout-des-fantasmes

 

 

Les boucs émissaires...
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25 mars 2018 7 25 /03 /mars /2018 12:41
Courses de cygnes...

 

 

L'eau déborde, elle envahit les berges du bassin où caracolent les cygnes...

 

L'eau verte, aux teintes moirées, argentées, se fait miroir profond où les cygnes paradent et exultent.

 

La joie, le bonheur de l'eau abondante, claire, limpide...

 

Un cygne se redresse sur l'onde, étend son long cou, déploie ses ailes, tout en disant son bonheur, avec des cris rauques.

 

Un autre déploie ses plumes en corbeille, somptueuse robe aux frissons de blancs...

 

Soudain, une course folle s'engage entre les cygnes... ballet de remous et de vagues, sillons majestueux sur les flots...

 

Soudain, les cygnes sillonnent l'eau avec tant d'élégance, dans des remous bouillonnants...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos et vidéo : rosemar

Courses de cygnes...
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24 mars 2018 6 24 /03 /mars /2018 09:58
Quel bagou !

 


 

Pour célébrer la semaine de la langue française et de la Francophonie du 17 au 25 mars 2018...

Dis-moi dix mots sur tous les tons...

 

 

Quel bagou ! Voilà un mot familier, issu du langage populaire, aux sonorités évocatrices, la labiale "b" pouvant suggérer le plaisir de parler, la gutturale "g" traduisant une certaine audace, le son "ou" langoureux révélant un désir de subjuguer, de tromper, de faire illusion.

 

Venu de l'argot "bagouler", "parler inconsidérément", ce nom contient aussi le mot "goule", qui désigne anciennement la "gueule".

En latin "gula"fait référence à la gorge, au gosier. Le terme "gueule" est souvent employé dans un sens péjoratif et a aussi une connotation populaire.

 

Le "bagou", c'est le plaisir de parler, de manière effrontée, excessive, sans mesure... pour en imposer à autrui.

Le terme implique une envie de tromper, de dominer les autres par la parole.

Le bagou est une arme, mais on décèle assez facilement ses faiblesses : marqué par le mensonge, la tromperie, le bagou comporte parfois une nuance péjorative.

 

Le bagou, la parlote, le baratin, la tchatche, le blablabla, le boniment, le bobard, la gouaille... que de termes familiers et évocateurs ! 

 

Ceux qui ont du bagou font preuve d'audace mais ne sont guère crédibles : certains n'hésitent pas à mentir, inventer, se contredire, usent d'un langage outrancier, sans vergogne.

 

Mais le bagou peut comporter des aspects plus sympathiques quand il s'agit de raconter de belles histoires, d'embellir une réalité ordinaire...

 

J'aime ce mot car il semble avoir aussi des accents du sud : il nous fait entendre le bagou des bonimenteurs, des poissonnières du port de Marseille, leur parler haut en couleurs, leurs cris tonitruants.

 

On voit des scènes familières, des vendeurs de rues qui vantent leurs marchandises, des éloges appuyés, des voix qui se haussent.

 

Ce mot populaire a des accents de bonheur : on entrevoit le plaisir des mots, la joie des phrases qui s'enchaînent.

 

Ce nom dégage une impression de gaieté de liberté, on perçoit un certain brio, une volupté dans cette envie de s'exprimer, de dérouler des idées, de les magnifier.

 

Le "bagou" est un mot du sud, il représente bien ces hâbleurs de Marseille, ces gens volubiles qui ne s'arrêtent pas de raconter des histoires.

Ce nom évoque des personnages pittoresques, des Tartarins parfois comiques, des conteurs qui s'animent et font vivre leurs propos.

 

 

  
 

 

Les dix mots sélectionnés cette année :
 

accent, bagou, griot, jactance, ohé, placoter, susurrer, truculent, voix, volubile

 

 

 

 

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23 mars 2018 5 23 /03 /mars /2018 12:33
Thyroïde : quand on invente des maladies pour vendre des médicaments...

 

 

Encore une surprescription de médicaments !

 La crise du Levothyrox a ainsi révélé de graves dysfonctionnements dans la prise en charge des "malades" de la thyroïde...

Il a suffi d'une modification de la formule du Levothyrox pour que de nombreux patients se plaignent de malaises graves : vertiges, douleurs, troubles digestifs...

 

Le lactose a été supprimé de la nouvelle formule : pourquoi ? Parce qu'il existe des intolérances au lactose, nous dit-on... Or, il est un pays dont les habitants tolèrent très mal cette substance : la Chine...

Et la Chine, on le sait, représente un marché colossal... il s'agirait donc d'une stratégie commerciale, avant tout, et ce, au détriment des patients français... ?

 

La crise du Levothyrox a mis en évidence un autre problème : une dérive inquiétante, la hausse spectaculaire de patients traités par ce médicament, 3 millions de personnes prennent en France ce produit ! Un phénomène qui n'est pas raisonnable...

L'hypothyroïdie est diagnostiquée trop facilement au moindre prétexte : fatigue, déprime, constipation, frilosité. Les médecins ont tendance à prescrire cette substance trop souvent... On s'est mis, depuis quelques années, à traiter à tort et à travers des TSH à peine élevées.

 

85% de prescriptions seraient inutiles ! Des traitements à vie pour de petites hypothyroïdies ! On voit bien là de graves dérives de la médecine et de l'industrie pharmaceutique.

"On persuade les gens qu'ils sont malades ! Une médecine qui crée des malades, chez des gens qui vont bien ! c'est comme dans la pièce de Jules Romains, avec le docteur Knock..." et c'est un médecin qui le dit !

 

L'excès de traitements n'est pas seulement médicamenteux, il est aussi chirurgical...

Chaque année en France, 45000 personnes subissent une ablation de la thyroïde, notamment pour une suspicion de cancer.

Puis, vient un traitement à vie... Or, la majorité des nodules thyroïdiens sont bénins...

Et comme les échographies permettent de détecter des nodules de plus en plus petits, le nombre de cancers a explosé, mais ces cancers souvent n'évoluent pas et ne sont pas dangereux.

Et pourtant, on les opère... le surdiagnostic génère ainsi des chirurgies inutiles.

De plus, ces interventions ne sont pas sans risque pour les patients : lésions de nerfs, altération de la voix, par exemple...

"On fait croire aux gens qu'on leur a sauvé la vie, voire même on a altéré leur qualité de vie" affirme un médecin oncologue...

Comment expliquer une telle dérive ? C'est la tarification à l'activité qui en vient à provoquer des traitements totalement inutiles.

C'est scandaleux !

La médecine se doit de préserver les patients, non de les traiter en dépit du bon sens...

"Primum non nocere", "d'abord ne pas nuire"...  C'est le principal dogme abstentionniste appris aux étudiants en médecine et en pharmacie. 

Et ce principe simple n'est même plus respecté !

Vers quels abus se dirige désormais la médecine moderne ?

Vers quelles dérives ? Le profit reste hélas au centre de notre système de santé.

De nombreux médicaments sont ainsi lancés sur le marché alors qu'ils sont inefficaces ou même dangereux pour la santé.

 

 

 

Source : 

 

https://www.allodocteurs.fr/emissions/enquete-de-sante/enquete-de-sante-du-21-03-2018_26684.html

 

 

 

 

Thyroïde : quand on invente des maladies pour vendre des médicaments...
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21 mars 2018 3 21 /03 /mars /2018 09:41
Ces héros que l'on appelle les profs de Français...

 

 

 

"Ces héros que l'on appelle les profs de Français... ", on doit cette expression à Emmanuel Macron qui pour les journées de la Francophonie rendait, hier,  un hommage appuyé à ces héros du quotidien...

Et l'hyperbole employée par le Président de la République n'est pas usurpée, elle reflète bien la réalité d'un métier exigeant.

 

Oui, les professeurs de Français exercent un métier difficile et complexe.

 "Le professeur de français est cette figure centrale qui forge l'esprit, la sensibilité, la mémoire, la curiosité, car la grammaire, le vocabulaire, l'étymologie et la littérature sont le terreau où nos vies s'enracinent", a précisé Emmanuel Macron, estimant que "tous ici avons une dette à l'égard de ces éveilleurs."

 

Nous avons, ainsi,  tous en mémoire un enseignant de français qui nous a transmis le goût de la littérature, de la langue, du beau style, de la poésie...

Nous nous souvenons plus particulièrement de ces professeurs de lettres qui nous ont appris à apprécier de grands auteurs : Montaigne, Rabelais, Molière, Racine, Corneille, La Fontaine, Voltaire, Rousseau, Hugo, Baudelaire et tous les autres...

 

On s'en souvient car ils nous ont façonnés, ils ont su éveiller en nous un esprit de curiosité et de découvertes.

Ils nous ont transmis la passion de la langue, de notre langue française...

Ils nous ont inculqué l'amour de la lecture et des livres.

La lecture et les livres qui sont de plus en plus concurrencés, de nos jours, par internet, les smartphones, les tablettes, les jeux vidéos....

Et dorénavant, les professeurs doivent réaliser des prouesses pour inciter les jeunes élèves à lire.

Ils sont aussi confrontés à un public de plus en plus réticent face à la culture classique jugée trop difficile.

 

Les réformes successives ont amoindri les cours de grammaire, d'orthographe qu'il convient de réhabiliter.

L'apprentissage de la langue ne peut se passer de ces disciplines fondamentales.

 

Le Président de la République a raison de souligner le rôle essentiel des enseignants...

Mais, il devrait avoir à coeur de ne pas supprimer des postes de professeurs dans des écoles rurales.

Il convient de remettre l'Education au centre de nos sociétés, en revalorisant le métier et lui accordant une priorité.

 

Il ne suffit pas de se payer et de se gargariser de mots : si les enseignants sont des héros, ils méritent plus de considération, ils méritent d'être reconnus comme des acteurs essentiels d'une société moderne.

Ils méritent d'être écoutés : au lieu de leur imposer des réformes improvisées, le ministère devrait les consulter.

Ils méritent de retrouver un respect, une considération quelque peu perdue et oubliée dans l'ensemble de la société.

 

 

 

 

 

 

 

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