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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 12:40
Des thyrses de Bacchus s'éparpillent sur les arbres...

 

 

 

 

Des grappes de fleurs sur les marronniers du printemps... des fleurs aux blancheurs délicates, aux embruns de pistils rayonnants, frémissent sous le vent.

 

Des thyrses de Bacchus s'éparpillent sur les arbres majestueux....

 

Les calices légers, en cascades de blancs, de xanthe et de roses se hissent sur les branches...

 

Les pétales si fragiles, aux teintes de lis, éclairent les arbres du printemps, les subliment d'une écume légère.

 

Sur les feuilles vertes, les fleurettes forment des efflorescences, elles palpitent et s'agitent au moindre souffle.

 

Les feuilles oblongues, d'un vert profond, se nimbent de ces nuées si douces,  aux teintes de l'aurore...

 

Les feuilles épanouies cernent les fleurs, les enveloppent de leurs festons vaporeux, les enlacent de leurs formes généreuses.

 

Les fleurs s'irisent de lueurs du printemps, elles dessinent des embruns de lumières, sous le soleil et le ciel d'un bleu éblouissant...

 

 

 

 

 

 

 

Photo : rosemar

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 11:59
En hommage à Prince : Nothing compares to you...

 

 


Une chanson qui a fait le tour du monde, une chanson qui évoque la douleur d'une séparation, un thème éternel, une chanson écrite par Prince en 1984...

 

Une chanson forcément remplie d'émotions...

 

Le texte se présente sous la forme d'un discours adressé à celui qui est parti : la première et la deuxième personne alternent, mais nulle réponse n'est attendue, car l'absence de l'être aimé semble irrémédiable : "you took your love away".

 

On compte, alors, les heures et les jours qui se sont écoulés depuis le jour de la rupture :"It's been seven hours and fifteen days".

 

Le monde en est bouleversé, le jour et la nuit s'inversent, pour montrer le désarroi de la séparation : "I go out every night and sleep all day..."

 

Certes, c'est un gain de liberté : l'amoureuse peut faire désormais ce qu'elle veut, comme le suggère la répétition du verbe "I can..."

 

Mais la douleur est omniprésente, sous la forme d'un "blues", un mal être que rien ne peut guérir.

 

Le refrain égrène cette phrase répétée comme un leit-motiv : "Nothing compares to you"...

La deuxième personne y est soulignée, en fin de vers, "you", pour insister sur l'emprise de cet amour disparu.

 

La solitude aggrave le mal : c'est ce que suggèrent l'adverbe d'intensité "so", et une comparaison poétique où apparaît "un oiseau sans chanson", "Like a bird without a song."

 

Le thème des larmes vient assombrir le tableau de cette solitude... On perçoit une envie de s'évader en se livrant à d'autres rencontres, mais l'image obsédante de l'être aimé réapparaît sans cesse...

 

Et même le médecin consulté conseille des distractions, pour que l'amoureuse puisse oublier "cet idiot".

 

Et même les fleurs se sont mises à l'unisson de cette séparation, puisqu'elles sont mortes, un symbole saisissant de la douleur vécue par la narratrice...

 

Dans une dernière phrase, on rappelle la difficulté de vivre à deux, mais l'envie de recommencer, de retrouver cet amour prédomine.

 

La mélodie restitue le désarroi, la tristesse de l'amoureuse, et l'obsession d'un amour perdu...

 

 

Le texte :

http://lyricstranslate.com/fr/nothing-compares-2-u-rien-ne-test-comparable.html

 

http://www.lacoccinelle.net/243376.html

 

Prince :

 

https://youtu.be/wMH44I9JTV8

 

https://youtu.be/nkVlZ1kVPCQ

 

 

 


Photo : rosemar

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22 avril 2016 5 22 /04 /avril /2016 12:49
Les volucelles tapageuses...

 

 

 

Pour le plaisir des mots... La volucelle !

 


Dans un extrait des Travailleurs de la mer, Victor Hugo décrit l'île de Guernesey, sa végétation, ses herbes peuplées de toute une faune, des insectes aux noms éblouissants, et notamment, des "volucelles tapageuses"...

 

"Maintenant, faites courir là-dedans et faites voler là-dessus mille insectes, les uns hideux, les autres charmants, sous l’herbe, les longicornes, les longinases, les calandres, les fourmis occupées à traire les pucerons leurs vaches, les sauterelles baveuses, la coccinelle, bête du bon Dieu, et le taupin, bête du diable ; sur l’herbe, dans l’air, la libellule, l’ichneumon, la guêpe, les cétoines d’or, les bourdons de velours, les hémérobes de dentelle, les chrysis au ventre rouge, les volucelles tapageuses, et vous aurez quelque idée du spectacle plein de rêverie qu’en juin, à midi, la croupe de Jerbourg ou de Fermain-Bay offre à un entomologiste un peu songeur, et à un poète un peu naturaliste."

 

Le nom "volucelle "nous entraîne dans un monde aérien, mystérieux... Quel est cet insecte au nom si éblouissant ?

 

Ce mot nous fait voir des envols, des frémissements d'ailes, des danses volubiles...

 

La volucelle, mouche somptueuse déploie des ailes translucides, qui ressemblent à celles d'un papillon.

 

L'abdomen est cuivré, cerclé de noir, avec des teintes de pourpres, de xanthes, de bruns... un corset magnifique qui fait songer à un tissu soyeux de velours noir.

 

Le bourdonnement de ces insectes envahit l'espace, les volucelles s'enivrent du parfum des fleurs et on les voit passer de fleur en fleur pour se gaver de nectar...

On les voit, sous le soleil, s'illuminer de teintes mordorées, éclats d'or sur les fleurs aux senteurs capiteuses.

On les imagine corsetées, virevoltantes, exaltées des chaleurs de l'été...

 

Le mot nous fait entendre de douces sonorités, fricative "v", sifflante "c", et nous entraîne dans un univers poétique...

Le mot nous laisse entrevoir les ailes somptueuses de cet insecte, des ailes légères, fines, d'une transparence pleine de brillances et d'éclats...

 

Les graphies du son "l" suggèrent, aussi, la forme élancée de ces ailes graciles.

 

Ce mot, aux origines anciennes, venu du latin, est issu de l'adjectif "volucer, ailé, rapide", lui-même venu du verbe "volo, voler".

 

La volucelle suscite l'admiration, par sa dénomination évocatrice, ses embruns d'ailes subtiles, son bourdonnement tapageur.

 

Ce mot ne fait-il pas rêver ? Cette mouche revêt une parure délicate, elle nous fait entendre une musique, pleine de vivacité.

 

La finale -elle nous laisse entrevoir des envolées d'ailes somptueuses.

 

Ces mouches tapageuses, qui butinent les fleurs, suscitent l'intérêt du lecteur, car le mot "volucelle", par sa rareté, ses sonorités, emporte l'imagination...

 

Quelle poésie dans ce seul nom ! Quelle poésie dans cette expression ! L'adjectif "tapageuses" vient souligner le bourdonnement de ces insectes, d'une manière inattendue, avec une formation d'onomatopée qui nous fait entendre le tapage que font ces insectes...

 

 

 

 

 

 

 

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21 avril 2016 4 21 /04 /avril /2016 12:26
Honneur à la culture française...

 

 

 


En ces temps de mondialisation où l'on veut nous imposer une uniformisation des cultures, j'affirme ici mon attachement à la culture, à la langue, à l'âme françaises. La culture de mon pays m'a forgée, m'a façonnée : celle d'un pays épris de liberté, aimant la réflexion, la controverse, la pureté de la langue...

La langue de Rabelais au vocabulaire foisonnant, celle de Voltaire aiguisée et acérée, celle de Hugo tour à tour grandiloquente et dépouillée, celle de Baudelaire qui nous emmène au bord du rêve, celle de Zola proche parfois de l'épopée, celle de Montaigne limpide et complexe à la fois, celle de Céline pleine de familiarités et d'inventivités.

La langue des auteurs classiques, La Fontaine, La Bruyère, Molière, Racine... langue épurée, qui exprime l'esssentiel.



J'aime "l'esprit" français, une certaine liberté de ton, une envie de contestation....

J'aime la langue de mon pays, ses sonorités dures ou douces, ses éclats, ses envolées, sa poésie, son charme... la poésie de Verlaine, de Musset, de Hugo, de Racine, Corneille...

J'aime le théâtre de Racine, celui de Molière, de Giraudoux.

Que dire des romans si variés depuis le Moyen âge jusqu'à nos jours ? Romans  de Chrétien De Troyes, Lesage, Marivaux, Balzac, Flaubert, Giono...

J'aime les mots de ma langue, leur variété, leurs nuances infinies, leurs origines, tant de mots venus du latin et du grec.

Des mots familiers ou recherchés, des niveaux de langue très divers....

J'aime les idées de progrès, l'engagement des auteurs, celui de Hugo, de Zola qui défendent le peuple et ses valeurs, celui de Montaigne qui dénonce l'intolérance et les guerres de religion, celui de Montesquieu qui remet en cause la monarchie de droit divin et ses privilèges, celui des poètes de la résistance... 

J'apprécie la peinture plus particulièrement l'impressionnisme, celui de Monet, de Manet, de Cézanne, de Renoir... l'impressionnisme qui a aussi influencé la littérature : certaines descriptions de Maupassant, de Zola en sont imprégnées...
 

Comment ne pas percevoir aussi le génie musical d'Offenbach, de Bizet, de Lully, de Rameau, de Saint Saens ? 
 Comment ne pas être sensible aux chansons et à la poésie de Brassens, de Nougaro, de Brel ?
 
Musique, peinture, littérature autant d'arts dans lesquels se sont illustrés nombre de créateurs de talent !
 
Notre culture est essentielle parce qu'elle constitue nos origines, notre passé, notre ancrage et qu'elle nous permet aussi de mieux comprendre ce que nous sommes, notre originalité, nos spécificités.
 
La culture est l'âme d'un peuple, de tous ceux qui nous ont précédés, leurs pensées, leurs idées, leur idéal... Sans elle, sans ce passé de culture, nous ne serions que des fantômes sans vie, des esprits vides et arides : sans ce passé, nous ne pourrions pas nous construire et progresser...
 
 

 

 

 

 

 

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20 avril 2016 3 20 /04 /avril /2016 15:29
Nuit debout : la honteuse éviction d'Alain Finkielkraut...

 

 

 

 

Exclure une personnalité, un philosophe, d'un débat démocratique, ce n'est pas glorieux, c'est même indigne de cette organisation qui se réclame de la liberté d'expression : Nuit debout.

 

Alain Finkielkraut méritait, sans doute, d'être entendu et accueilli, au sein de ces discussions qui se veulent ouvertes à tous.

 

Pourquoi l'avoir exclu ? Pourquoi l'avoir condamné au silence, pourquoi des insultes ont-elles fusé à son encontre ?

 

C'est une certitude : ce mouvement contestataire s'est discrédité par cette attitude de rejet et de mépris...

 

Cette exclusion peut même rappeler de tristes heures de notre histoire, hélas !

Alain Finkelkraut, penseur, philosophe n'a-t-il plus sa place, en France, dans une libre discussion ?

 

De telles évictions sont dangereuses, mais elles sont fréquentes, surtout quand une foule se laisse entraîner par des réactions primaires, dénuées de réflexion...

La foule, guidée par la haine, peut se laisser aller aux pires dénigrements, la foule n'hésite pas à vilipender, agresser, exclure.

Un article paru sur le journal Le Monde tend à minimiser les faits : "Dans une vidéo, on voit bien un homme cracher en direction de l’académicien... Mais c’est la personne qui tient la caméra qui reçoit le crachat..."

Est-ce là une excuse ? Le crachat a raté sa cible, mais le geste reste odieux et inadmissible...

Comment peut on admettre de tels comportements et les excuser ?

 

Un autre extrait de cet article :

"Selon un billet de blog de plusieurs  participants à la commission accueil et sérénité de la Nuit debout, le philosophe serait resté plus d’une heure  avant d’être pris à partie."

La belle affaire ! Alain Finkielkraut aurait, donc, pu assister à quelques débats, avant de se faire évincer et insulter.

Certains vont jusqu'à imaginer qu'il s'agit d'un "coup monté" de la part d'Alain Finkielkraut, comme si le philosophe était lui-même coupable des invectives qu'il a essuyées !

 

Je le rappelle et le répète : l'insulte ne peut, en aucun cas, servir d'arguments, l'insulte instinctive et primaire est scandaleuse.

 

L'insulte relève du réflexe et s'oppose à une véritable réflexion, si, en plus, elle s'accompagne de crachats, on atteint le comble de l'ignominie.

 

Exclure, invectiver, insulter, cracher ... de telles attitudes concentrent, à la fois, arrogance et mépris.

 

Il faut condamner ces exclusions du débat démocratique : mon expérience m'a démontré tout le mépris dont est capable une foule, tout le déchaînement de violences auquel une foule peut se laisser entraîner...

Le plus souvent, la foule se conformant à des meneurs, ne respecte plus rien.

 

Crachats et insultes sont du même ordre. Crachats et insultes discréditent ceux qui se livrent à ces débordements.

 

 

L'article du journal Le Monde, intitulé "Alain Finkielkraut expulsé de Nuit debout : les faits..."
 

 

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/04/18/alain-finkielkraut-expulse-de-nuit-debout-les-faits_4904275_4355770.html

 

 Selon Caroline De Haas, militante féministe, à l’initiative de la pétition Loi travail, non merci...

"Finkielkraut, en spécialiste de la provocation et de l’invective, a voulu faire un coup"

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/04/19/finkielkraut-en-specialiste-de-la-provocation-et-de-l-invective-a-voulu-faire-un-coup_4904853_3232.html

 

 

 

 

 

 

 

Nuit debout : la honteuse éviction d'Alain Finkielkraut...
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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 13:14
Après le Sarkozysme... le "fadisme"...

 

 

 

Après des années de Sarkozysme, où le président en exercice suscitait d'âpres commentaires sur sa personnalité envahissante, voilà que François Hollande reçoit la palme du "fadisme" qui lui a été décerné par un de nos philosophes : Michel Onfray...

 

Michel Onfray a trouvé l'intervention télévisée de François Hollande "fade". "Il a inventé le fadisme", a-t-il, ainsi, déclaré... "On écoute, on attend la fin en se disant qu'il y aura peut-être quelque chose, mais on découvre que pendant tout ce temps-là, ça a été un long discours apolitique..."

"Ce n'est pas un président... il n'a rien dit, c'est un bon communicant et non un homme politique..."

 

Le chef de l'état, en cette occasion, subit l'assaut de commentaires très critiques, venus de tous bords.

Michel Onfray ainsi que de nombreux commentateurs, des journalistes ont pourfendu le président, pour sa piètre prestation.

 

Mon but n'est pas, ici, de défendre un président dont le bilan ne brille pas par ses résultats.

Mais, je ne peux m'empêcher de constater l'impasse dans laquelle se trouve notre pays.

 

Nous venons de subir la gouvernance de deux hommes politiques aux tempéraments opposés, et ni l'un ni l'autre n'ont su apporter des solutions aux problèmes de notre société : le chômage, l'éducation, la crise, les migrants aux portes de l'Europe...

Deux hommes différents, mais on ne perçoit pas vraiment des lignes de fracture dans les politiques menées...

Après un hyper-président, François Hollande est décrit, à l'inverse, comme un fantôme de président.

 

"Fadisme ? Sarkozysme ?" D'un côté, comme de l'autre, l'alternance a abouti aux mêmes résultats : de nombreux français excédés par leur président, en fin de mandat.

 

Entre un président fade et un autre hyperactif, les bilans se ressemblent, bien que le mandat de François Hollande ne soit pas encore terminé.

 

Il semble que les clivages droite et gauche se resserrent et n'existent plus vraiment.

Il semble que ce soit l'Europe qui nous gouverne, et nous impose sans arrêt des mesures de rigueur.

La France est bloquée entre la gauche et la droite.

Ces mots "gauche, droite" ont-ils, même, encore un sens ?

Après la loi sur le travail proposé par le gouvernement, on peut en douter...

 

Bien sûr, quelques mesures prises par le gouvernement de François Hollande ont été positives et bénéfiques : la possibilté pour les salariés qui ont à leur actif une carrière longue de prendre leur retraite à 60 ans, le recrutement d'enseignants, par exemple.

 

Mais ces actions restent limitées.

Dans cette impasse, on peut craindre le retour d'une droite dure qui prendra des décisions de plus en plus difficiles...

 

 

 

Michel Onfray sur France Culture :

 

http://www.franceculture.fr/emissions/le-monde-selon-michel-onfray/michel-onfray-le-quinquennat-supprime-la-fonction

 

 

 

 

 

 

Après le Sarkozysme... le "fadisme"...
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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 16:30
Google : une course indécente à l'immortalité...

 

 

 

 

 

Alors que des gens meurent encore de faim et de misère sur cette planète, des programmes de recherche se mettent en place pour que l'homme puisse, un jour, accéder à l'immortalité...

Google est à la pointe de ces recherches, dans le but de nous vendre l'immortalité.

 

Il s'agit, ni plus ni moins, que de transplanter un cerveau humain dans un corps bionique. Avant la mort, on prélèvera le maximum de données sur les volontaires à l'immortalité, la voix, des éléments de la personnalité, l'ADN. Ces données seront, ensuite, réimplantées dans un clone robotique.

Bien évidemment, ce sont les plus riches qui pourront "bénéficier" de cette "merveilleuse" technique...

Bientôt l'immortalité à portée de mains !

Quelle vision d'horreur !

Un robot doté de ma personnalité, de mes idées, de ma vie !

Je n'ose l'imaginer et le concevoir !

L'homme joue, encore une fois, à l'apprenti sorcier...

L'immortalité n'est-elle pas une transgression de l'humanité et de l'humanisme ?

 

Cette forme d'hubris apparaît bien dangereuse : vouloir transgresser les règles de l'humanité vouée à une condition mortelle, c'est une façon de perdre son humanité.

 

Il serait plus judicieux, sans doute, de dépenser de l'argent afin d'éradiquer la faim dans le monde, de secourir les plus démunis....

 

Notre monde ne cesse d'aggraver les inégalités : les plus pauvres toujours plus pauvres, et les plus riches toujours plus riches.

 

Nul doute que l'immortalité sera promise aux gens les plus fortunés, et les plus fous.

Vivre dans le corps d'une machine ? Qui peut l'envisager ?

Devenir un robot humain ? Qui peut le concevoir ?

 

La sagesse antique devrait constituer pour l'humanité une mise en garde : les grecs dénonçaient l'hybris, comme une sorte de défi lancé aux dieux... les grecs savaient que l'hybris conduit l'homme à sa perte.

 

L'hybris, la démesure de l'homme, ses excès de suffisance et d'orgueil peuvent le conduire au pire, à sa propre destruction.

 

Le poète Homère en avait conscience : le personnage d'Ulysse, dans l'Odyssée, refuse, avec sagesse et discernement, l'immortalité que lui offre la déesse Calypso et préfère vivre pleinement sa condition d'homme.

 

 Ulysse pourrait devenir immortel et ainsi  échapper à tous les malheurs de l’humanité. Mais Ulysse a compris que l'éternité bienheureuse des dieux ne lui permettrait pas de trouver le bonheur humain auquel il aspire... un bonheur à la dimension de l'homme : rejoindre sa terre natale, sa famille, ceux qu'il aime.

 

Les scientifiques qui se lancent à la poursuite de l'immortalité devraient méditer ce message...

Cette quête de l'immortalité n'est-elle pas indécente, face à tous les problèmes que rencontre l'humanité ?

 

 

 

 

 

 

 

http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1231325

 

 

 

 

 

 

Google : une course indécente à l'immortalité...
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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 10:27
Tilia, arbre solaire !

 

 

 

Un bouquet posé dans le jardin... un bouquet de lumières, aux feuilles vert pâle... soudain, comme un éclaboussement de teintes feutrées... 

 

Tilia ! Arbre solaire, céleste ! Tilia, arbre sacré, peuplé de nymphes rayonnantes !

 

La lumière joue avec les feuilles, l'air léger du printemps les fait bruisser et frissonner de lueurs changeantes...

Les feuilles s'éparpillent sur l'arbre, dans un foisonnement de verdures légères.

 

Les branches sombres se parent de ces éclats de feuilles printanières si douces, si volatiles, comme aériennes et suspendues sur l'arbre.

 

Le tilleul resplendit de sa verdure vaporeuse, subtile, le tilleul illumine l'azur de sa parure évanescente !

 

Un bouquet posé dans le jardin...

 

Un bouquet éblouissant, illuminé de soleil, de bleu d'azur...

 

Les teintes s'entremêlent, tourbillonnent dans l'air du printemps : paille, éclats de blancs, verts, bruns...

 

Tout un éparpillement de touches éclatantes et légères à la fois...

 

 

 

 

 

 

 

Photo : rosemar

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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 13:40
Pour redécouvrir Rabelais... le thème de l'éducation...

 

 

 

Dans le Gargantua, de nombreux chapitres sont consacrés à l'enfance du héros...

 

Aucune oeuvre du 16 ème siècle n'explore autant ce temps de l'enfance : Rabelais évoque la sexualité infantile, la découverte de la propreté, et, bien sûr, le thème de l'éducation, si important pour les humanistes...

Voilà un thème on ne peut plus moderne : l'éducation reste un sujet d'une brûlante actualité, un problème contemporain qui nous concerne tous.

 

Le jeune Gargantua est d'abord confié à un premier maître qui s'appelle "Thubal Holoferne", un grand docteur en théologie, dont le nom biblique a une fonction critique : il révèle l'aspect poussiéreux du personnage....

Ce précepteur représente les théologiens de la Sorbonne, des sophistes qui dissertent dans le vide.

Gargantua est, ensuite, éduqué toujours selon  des méthodes médiévales, par "maître Jobelin Bridé", et ce nom est, encore une fois, un sobriquet qui sert à dénoncer la stupidité de cet éducateur...

 

Ainsi, les noms ont souvent une signification dans l'oeuvre de Rabelais : "nomen est omen", le nom est un présage, disait-on souvent à cette époque.

 

Rabelais s'attache à ridiculiser les méthodes d'éducation vieillissantes et dépassées de ces précepteurs...

 

Il dénonce, avec virulence, la paresse, la vulgarité du jeune Gargantua soumis à ces maîtres : l'élève se réveille tard le matin, puis on le voit se vautrer dans son lit, grâce à une succession de verbes expressifs et évocateurs : "se gambayait, penadait et paillardait parmi le lit" ("il gambadait, bondissait, se vautrait dans son lit.")

 

Les imparfaits à valeur itérative soulignent tout le temps perdu à se livrer à ces vaines activités...

 

La toilette se résume à la plus simple expression :"se peigner de peigne d'Amain, c'était des quatre doigts et le pouce..."

L'hygiène et les exercices physiques sont, ainsi, totalement négligés.

 

Le vocabulaire grossier qui suit souligne le manque d'éducation du jeune élève : "fientait, pissait, rendait sa gorge, rotait, pétait, bâillait, crachait... se morvait en archidiacre..."

 

Gargantua engloutit, ensuite, un repas copieux où la diététique est complètement absente : "belles tripes frites, belles carbonnades, beaux jambons, belles cabirotades, et force soupes de prime..."

L'énumération et les pluriels soulignent la démesure et l'excès de ce déjeuner... Le gigantisme des personnages est, comme souvent dans l'oeuvre de Rabelais, au service de la satire.

 

Et comme Ponocrates, un nouvel éducateur, lui adresse des remontrances, Gargantua lui répond, avec une assurance pleine d' insolence.

Ponocrates, dont le nom signifie "la force du travail", représente, lui, une éducation nouvelle, moderne qui privilégie l'effort et la véritable culture...

 

Gargantua prononce, alors, un discours creux et vain, il se réfère à des autorités, celles de ses maîtres, au lieu d'argumenter en bonne et due forme...

Il montre, ainsi, qu'il ne sait pas réfléchir par lui-même et qu'il se soumet à des autorités...

 

La satire de l'éducation religieuse est à la fois savoureuse et virulente : le bréviaire, le livre de messes est lourd, gros pesant, difficilement maniable, couvert de crasse... l'objet perd sa valeur première, objet de culture il devient, ici, gênant pour l'esprit : son contenu n'est même pas évoqué, mais seulement son poids : "onze quintaux, six livres"... De plus, il est "empantoflé", c'est à dire enfermé dans une housse, il n'a pas pour vocation d'être ouvert, il ne sert à rien... 

 

Le nombre de messes est impressionnant "vingt six ou trente messes..." ce qui aboutit à un véritable abrutissement de l'individu...

 

Le "diseur d'heures", l'homme d'église est, aussi, ridiculisé : comparé  à une "duppe", c'est à dire une"huppe", il est déshumanisé, de plus, c'est un ivrogne qui se donne des excuses : il boit pour immuniser son haleine "à force sirop vignolat."

Le vocabulaire médical prête à sourire en la circonstance... On peut remarquer la savoureuse périphrase d'apothicaire désignant ici le vin  : "le sirop vignolat"!

 

Les prières sont "marmonnées" : on les répète machinalement, sans vraiment les comprendre. Le verbe "éplucher" souligne l'aspect mécanique de cette récitation de prières, un verbe concret étant utilisé pour une activité spirituelle.

 

Les "patenôtres", ou les chapelets ont des dimensions extraordinaires, chaque grain ayant la taille d'une tête d'homme. Là encore, c'est le poids de l'objet qui l'emporte sur toute autre considération.

 

Rabelais, en se livrant à une caricature, dénonce le type d'éducation délivrée au Moyen âge : à aucun moment l'élève n'est invité à comprendre, à assimiler des connaissances, il en devient totalement passif, inculte et paresseux...

Ponocrates aura fort à faire, pour réparer toutes les errances d'une telle éducation...

 

A suivre...

 

 

Chapitre 21....

 

http://sami.is.free.fr/Oeuvres/rabelais_gargantua.htm

 

Le texte :

 

 
"Il dispensoit doncques son temps en telle façon que ordinairement il s'esveilloit entre huyt et neuf heures, feust jour ou non; ainsi l'avoient ordonné ses regens antiques, alleguans ce que dict David : Vanum est vobis ante lucem surgere.
 
Puis se guambayoit, penadoit et paillardoit parmy le lict quelque temps pour mieulx esbaudir ses esperitz animaulx ; et se habiloit selon la saison, mais voluntiers portoit il une grande et longue robbe de grosse frize fourrée de renards; après se peignoit du peigne de Almain, c'estoit des quatre doigtz et le poulce, car ses precepteurs disoient que soy aultrement pigner, laver et nettoyer estoit perdre temps en ce monde.
 
Puis fiantoit, pissoyt, rendoyt sa gorge, rottoit, pettoyt, baisloyt, crachoyt, toussoyt, sangloutoyt, esternuoit et se morvoyt en archidiacre , et desjeunoyt pour abatre la rouzée et maulvais aer : belles tripes frites, belles charbonnades, beaulx jambons, belles cabirotades et forces soupes de prime .
 
Ponocrates luy remonstroit que tant soubdain ne debvoit repaistre au partir du lict sans avoir premierement faict quelque exercice. Gargantua respondit :
 
« Quoy ! n'ay je faict suffisant exercice ? Je me suis vaultré six ou sept tours parmi le lict davant que me lever. Ne est ce assez? Le pape Alexandre ainsi faisoit, par le conseil de son medicin Juif, et vesquit jusques à la mort en despit des envieux. Mes premiers maistres me y ont acoustumé, disans que le desjeuner faisoit bonne memoire; pour tant y beuvoient les premiers. Je m'en trouve fort bien et n'en disne que mieulx. Et me disoit Maistre Tubal (qui feut premier de sa licence à Paris) que ce n'est tout l'advantaige de courir bien toust, mais bien de partir de bonne heure; aussi n'est ce la santé totale de nostre humanité boyre à tas, à tas, à tas, comme canes, mais ouy bien de boyre matin; unde versus :
 
Lever matin n'est poinct bon heur;
Boire matin est le meilleur.
 
Après avoir bien à poinct desjeuné, alloit à l'église, et luy pourtoit on dedans un grand penier un gros breviaire empantophlé, pesant, tant en gresse que en fremoirs et parchemin, poy plus poy moins, unze quintaulx six livres. Là oyoit vingt et six ou trente messes. Ce pendent venoit son diseur d'heures en place empaletocqué comme une duppe, et très bien antidoté son alaine à force syrop vignolat; avecques icelluy marmonnoit toutes ces kyrielles, et tant curieusement les espluchoit qu'il n'en tomboit un seul grain en terre.
 
Au partir de l'eglise, on luy amenoit sur une traine à beufz un faratz de patenostres de Sainct Claude, aussi grosses chascune qu'est le moulle d'un bonnet, et, se pourmenant par les cloistres, galeries ou jardin, en disoit plus que seze hermites.
 
Puis estudioit quelque meschante demye heure, les yeulx assis dessus son livre; mais (comme dict le comicque) son ame estoit en la cuysine.
 
Pissant doncq plein urinal, se asseoyt à table, et, par ce qu'il estoit naturellement phlegmaticque, commençoit son repas par quelques douzeines de jambons, de langues de beuf fumées, de boutargues, d'andouilles, et telz aultres avant coureurs de vin."
 

 

 

 

Pour redécouvrir Rabelais... le thème de l'éducation...
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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 13:23
Un p’tit coin d’ parapluie...

 

 

 

Les orages, la pluie ont inspiré de magnifiques chansons à Georges Brassens... Comment ne pas être sensible au charme, à l'évidence, à la simplicité de ce texte : Un p'tit coin d' parapluie ?

 

Une inconnue rencontrée sur le chemin offre au poète un moment de rêve.

Désignée par le pronom "elle", la jeune inconnue apparaît d'autant plus énigmatique et secrète : on ne connaîtra pas son nom, comme le poète l'ignorera aussi...

 

La pluie intense favorise la rencontre amoureuse.

Privée de parapluie, la belle inconnue a forcément besoin de secours, un secours que s'empresse de lui apporter le poète.

 

Le verbe "courir" souligne cet empressement, et le poète propose "un peu d'abri", grâce à un parapluie qu'il a volé, le matin même, à un ami.

On reconnaît bien, là, dans cette remarque, la désinvolture et l'indolence d'un poète.

 

La réponse de la belle inconnue ne se fait pas attendre... Elle accepte la proposition, avec un geste rempli de séduction :"en séchant l'eau de sa frimousse..."

 

Le refrain transforme alors la jeune fille en "ange" et le "coin de parapluie" devient "un coin de paradis".... L'inversion et la reprise de ces mots traduit bien le ravissement du narrateur.

Et le poète peut, dès lors, constater familièrement : "je ne perdais pas au change, pardi !"

Le vocabulaire religieux : "ange, paradis" transforme la jeune inconnue en une déesse, un être divin, aux attraits envoûtants.

 

La promenade sous la pluie nous permet de percevoir  "le chant joli que l'eau du ciel faisait entendre..."

La pluie personnifiée semble, alors, devenir complice du poète en berçant les personnages de son doux chant...

 

Et celui-ci commente, avec tendresse et humour, son désir de voir la pluie se prolonger à l'infini et devenir "un déluge".

"J'aurais voulu comme au déluge, 
Voir sans arrêt tomber la pluie, 
Pour la garder sous mon refuge..."

 

Le poète se veut protecteur, car le parapluie se transforme en un véritable"toit", en un "refuge".

 

Mais le rêve s'achève avec le bout du chemin qui conduit au pays de la belle...

Les routes personnifiées conduisent "bêtement" vers des pays et le poète voit sa "folie" interrompue par la fin du voyage.

La jeune fille s'éloigne, alors... après un remerciement et on la voit devenir lointaine "toute petite", vision quasi-cinématographique du personnage qui disparaît, symbolisant, pour l'inconnue, l'oubli de ce moment qui reste si intense dans l'esprit et la mémoire du poète.

 

Le refrain rythmé de sonorités de labiales, dentales, et de gutturales assez fortes nous donne l'impression d'entendre la pluie qui s'égrène sur le toit du parapluie.

Le vocabulaire familier :"rescousse, frimousse, pardi", les interventions du narrateur à la première personne, une certaine auto-dérision donnent à cette chanson une allure de confidence, remplie de charmes.

On retrouve, comme souvent dans les chansons de Brassens un subtil mélange de culture et de familiarité : l'allusion à l'épisode biblique du déluge nous fait sourire...

 

La mélodie pleine de fluidité, de limpidité restitue un moment de bonheur inoubliable...

 

 


 

 

Photo : rosemar

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