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6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 09:23
Un documentaire bouleversant : le racisme dans les colonies fascistes d'avant-guerre...

 

 

Un documentaire historique diffusé sur ARTE nous montre la virulence du racisme qui sévissait dans les années 30.

 

Dans l'Italie fasciste de cette époque, de nombreux habitants du village de Borgo, poussés par la misère ou l'esprit d'aventure, ont émigré dans les colonies de "l'Empire italien d’Afrique" : la Libye, l'Érythrée, l'Éthiopie et la Somalie.

 

Le documentaire retrace cette épopée qui semblait promettre un Eldorado à ceux qui fuyaient leur patrie. Mais, au bout de l'aventure, ce fut souvent la désillusion...

La guerre, la chute du régime précipitèrent le retour de ces exilés : la plupart d'entre eux rentrèrent chez eux ruinés.

 

À partir de lettres trouvées dans un tiroir, de fragments de son passé familial, de photos, de témoignages, Loredana Bianconi fait le récit émouvant et poignant de cette période de l'histoire dont on parle peu.

 

"C'était à Rome en 1936 : Mussolini annonce la conquête de l'Ethiopie".

Une propagande tapageuse incite alors les italiens à rejoindre ces terres lointaines : de l'eau abondante, des mines d'or, des terres fertiles...

 

La narratrice raconte une histoire familiale, celle de son oncle parti en Afrique... elle revient à Borgo, le village italien de sa famille, pour vider la maison de sa mère et fermer la porte une dernière fois.

 

Elle découvre, alors, enfoui dans un tiroir un petit paquet noué par un ruban : photos, cartes postales, et lettres écrites par le frère de sa mère, parti à 25 ans dans les colonies d'Afrique... un oncle qu'elle n'a pas connu...

On est ému par ces lettres qui témoignent d'un déchirement face à l'exil, des lettres qui parlent d'amour, de tendresse, des lettres qui restituent toute une époque.

 

"Borgo, 5 février 1937... Chère maman, laissez-moi encore vous appeler ainsi, même si en ce moment je vous donne le plus grand chagrin de votre vie, la vie m'était devenue insupportable avec la pensée continue de "comment survivre ? et pas de travail du tout..."

"J'ai décidé de partir pas pour fuir mais pour trouver du travail, pour commencer une nouvelle vie loin de Borgo... Pardon, maman, pardon, j'ai un coeur, et c'est pour moi une telle douleur de devoir partir qu'il semble se casser... embrassez pour moi mon père, mes frères et mes soeurs... et pardon..."

 

C'est la misère qui pousse les gens à partir, à quitter leur pays pour trouver un Eldorado... Le voyage en bateau se présentait alors comme idyllique : confort, piscine, transats...

 

Des témoignages de ceux qui ont vécu cet exil se succèdent et viennent compléter les lettres de l'oncle de la narratrice : on entend la belle langue italienne aux sonorités éclatantes, on entend des mots familiers, une langue qui chante...

 

L'arrivée en Afrique fut d'abord un éblouissement, mais bien vite les immigrés découvrent la misère, la saleté des femmes, des enfants, et bien sûr la méfiance, le racisme.

"Nous nous sommes arrêtés pour manger, raconte une femme qui a vécu cet exil : dans ce restaurant, j'ai vu que c'était un noir qui cuisinait, je n'en avais jamais vu et je n'ai rien mangé, car voir ce noir en cuisine..."

Un autre témoignage dans une lettre : "ici, si un chauffeur écrase un noir, il doit seulement payer une petite amende..."

 

Partout dans ces colonies, des monuments à la gloire de Mussolini, des villages rebaptisés. La plupart de ces exilés vivaient entre eux et ne connaissaient pas les autochtones.

 

Mais l'Eldorado rêvé se révélait souvent plein d'âpreté : manque d'eau pour se laver, chaleur étouffante, hurlements d'animaux sauvages pendant la nuit, absence de distractions, malgré des salaires plus importants qu'en Italie...

L'ambiance était militaire : propagande fasciste, police coloniale, sécurité nationale, milice armée jusqu'aux dents.

"Le climat, les maladies, tout était plus difficile dans ce pays si différent."

"Les noirs accomplissaient les travaux les plus durs, ils allaient pieds nus, ils avaient les mains et les pieds entaillés, des pieds qui s'infectaient.

Les gardiens fascistes les méprisaient et les provoquaient, ne leur épargnant aucune cruauté.

Noirs et blancs étaient séparés dans les autobus : nos parents ne voulaient pas qu'on les fréquente", raconte un autre témoin de cet exil.

On entend aussi ces propos terribles :

"Notre sang ne doit pas se mélanger avec le sang noir, pour ne pas nous infecter, nous les conquérants de l'empire..."

On perçoit un tableau saisissant et terrifiant du racisme exacerbé qui régnait dans ces colonies africaines.

 

Et puis l'heure du retour a sonné en raison des rumeurs de guerre.

"20 mai 1941 : les Anglais sont arrivés sur le chantier, ils nous ont tous embarqués : nous avons voyagé dans des cars vers des camps de concentration."

"Septembre 1943 : nous avons appris que le fascisme est tombé en Italie, que le pays s'est rendu aux alliés...", raconte un autre témoin.

Ceux qui sont rentrés ont retrouvé le village de Borgo en ruines, anéanti par la guerre.

 

Ce documentaire s'achève, de manière poignante, avec la dernière lettre de l'oncle de la narratrice...

"Cette lettre de l'oncle date de 1948 : quelques lignes, accompagnées d'une photo : lui, sa femme noire et son fils...  il écrit alors qu'il entend rester en Afrique, et quand il aura assez d'argent, il viendra bien sûr présenter sa petite famille à sa mère."

Et sa mère lui adresse, alors, par courrier ces mots terribles : "Si tu dois venir nous couvrir de honte devant tout le village avec un fils noir, reste où tu es."

Elle utilise ce mot : "honte", maudissant, ainsi, son propre fils comme s'il était un pestiféré.

"Mon oncle ne donna plus jamais de nouvelles de lui...", conclut alors la narratrice...

 

On voit s'exprimer dans la lettre de cette mère un racisme d'une violence inouïe...

Ce document diffusé sur ARTE révèle un monde où le mépris et le rejet des populations noires s'exprimaient avec la plus grande virulence.

 

Depuis, sans doute, les mentalités ont évolué, mais hélas le racisme, le rejet, la peur restent encore bien vivaces à l'égard des étrangers, de tous ceux qui viennent d'ailleurs, de tous ceux qui sont différents...

 

 

La vidéo :

 

https://vimeo.com/groups/140359/videos/153928979

 

 

https://www.arte.tv/fr/videos/057865-000-A/colonies-fascistes/

http://www.programme-tv.com/television/377677691/colonies-fascistes.html

 

 

 

 

 

Un documentaire bouleversant : le racisme dans les colonies fascistes d'avant-guerre...
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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 12:02
Une rentrée sous le signe de la musique...

 

 

Le nouveau ministre de l'Education, Jean Michel Blanquer a imaginé une rentrée "en musique"...

"Il s'agit de proposer aux élèves, qui étaient déjà présents l'année précédente, d'accueillir leurs nouveaux camarades en musique, manière chaleureuse de leur souhaiter la bienvenue", précise un communiqué de l’Education nationale.

 

En voilà une bonne idée ! L'éducation artistique a été trop souvent négligée, ces dernières années : elle est pourtant essentielle.

 

Où sont passés les cours de dessin, de musique, de travaux manuels que des professeurs qualifiés dans ces domaines prodiguaient autrefois aux élèves ?

 

Ces formations à l'art permettent une ouverture à la sensibilité : une qualité qui se perd dans notre monde d'indifférence et d'inattention.

A l'heure où les voitures sont bardées de capteurs, où elles peuvent se conduire seules, il est important de former l'attention des jeunes générations.

 

Il faut réhabiliter ces disciplines : la musique, le dessin.

L'enseignement artistique offre à chacun un épanouissement, un bonheur de la découverte.

 

Que serions-nous donc sans la musique qui apaise les coeurs et provoque tant d'émotions ?

C'est un langage universel qui parle à chacun de nous : elle peut exprimer toutes sortes de sentiments, joie, exaltation, douleur, révoltes.

Elle permet de réunir les gens, de les faire vibrer à l'unisson devant la beauté de certaines harmonies.

 

La musique est un art premier : la nature elle-même nous offre des musiques diverses, chants d'oiseaux, murmure du vent dans les arbres, bruissements d'une source.

 

Le dessin, la peinture sont aussi un langage universel accessible à tous.

Le dessin nous apprend la maîtrise du geste, une concentration, une observation minutieuse du monde.

Il nous permet une redécouverte de la nature : dessiner un arbre, c'est en percevoir toutes les formes, tous les détails, toutes les beautés.

 

Un grand nombre d'élèves ne savent plus se concentrer pendant les cours...

Il est donc important de retrouver ce goût de l'attention qui tend à se déliter dans notre monde moderne où défilent les images.

Le dessin, c'est justement la possibilité de faire un arrêt sur image.

 

Alors, bien sûr, l'idée de proposer une rentrée en musique est intéressante.

Mais on attend aussi que soient vraiment réhabilités les enseignements artistiques dans notre système scolaire...

 

 

 

 

 

 

Une rentrée sous le signe de la musique...
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3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 14:17
Ciel bleu et feuilles brûlées...

 

 

La fin de l'été approche : le ciel tisse encore, sous nos yeux, des teintes d'un bleu éclatant de lapis-lazuli...

 

Les bords brûlés, les feuilles de marronniers s'enivrent de ces couleurs d'un bleu profond.

 

Les feuilles rayonnent sur l'azur, deviennent étoiles lumineuses sous le soleil encore ardent de l'été...

 

Les feuilles déclinent des teintes variées : vert pâle, xanthe, brun brûlé...

 

Déjà, apparaissent les couleurs de l'automne...

 

Déjà, les arbres se parent de teintes éblouissantes.

 

Et le ciel bleu brode une toile somptueuse autour des feuilles qui s'étiolent...

 

Et le ciel bleu s'auréole de teintes vives pour célébrer les feuilles aux dégradés subtils de roux. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

Ciel bleu et feuilles brûlées...
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2 septembre 2017 6 02 /09 /septembre /2017 12:39
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...

 

 

A quelques kilomètres de l'Isle-sur-la-Sorgue, le village de Saumane perché sur une colline rocheuse déroule des ruelles pittoresques, près de maisons de pierres sèches...

 

On est subjugué par la tranquillité de ce village ponctué de fontaines et de lavoirs qui nous font entendre de légers frémissements d'une eau fraîche et limpide...

 

En montant vers le village, l'odeur des pins et le chant des cigales nous accompagnent.

 

Dans le village, partout, des maisons et des hauts murs de pierres sèches sur lesquels s'épanchent des cascades de lierres...

Belle harmonie de teintes ! Le vert près de l'ocre de la pierre...

Le ciel d'un bleu lapis-lazuli éclaire les couleurs  de xanthe des murailles.

 

Un vieux lavoir offre, alors, une halte bienvenue : une eau abondante remplit les bassins de ses reflets dorés et verts.

On ne perçoit ici que le murmure apaisant de l'eau dans la torpeur de l'après-midi...

 

Au détour d'une rue, une maison aux volets bleu lavande, à la façade aux teintes de miel attire et séduit tous les regards.

 

Bientôt, on aperçoit l'église de style roman : on peut y admirer de lourdes portes cloutées, patinées par le temps, on aime la simplicité et la modestie de l'édifice, son toit de lauzes à l'ancienne.

Ce monument qui date du 12ème siècle a été restauré en 1987.

Tout à côté, le panorama est superbe : une forêt de pins et de cyprès, et dans le lointain, les cimes des Alpilles...

 

Au cours de la promenade, on peut, à loisir, observer, en contrebas, les toitures pentues des maisons, aux vieilles tuiles de couleurs variées...

De nombreuses calades parcourent le village déroulant des escaliers en pierres inégales et cahotantes.

 

On entre, alors, dans le domaine des fontaines qui ponctuent le village...

Sous les filets d'eau, des mousses verdoyantes s'épanouissent...

Plus loin, un autre lavoir, à l'antique, déborde d'eau et dessine sur le fond des motifs de mousses étonnants : on peut, à loisir, écouter le doux murmure de l'eau qui ruisselle dans les bassins. Des fougères garnissent le mur près du filet d'eau.

Un olivier tortueux aux branches brunes, au feuillage vaporeux, se détache alors sur une façade aux couleurs d'ocres...

De vieilles maisons aux murs lézardés, aux volets de bois brunis par le temps, des murs de pierres sèches, encore...

Ce village ressemble à un havre de paix.

Le ciel d'un bleu lavande, au coeur de l'été, contribue aussi à la beauté du lieu.

Voilà un village qui a su garder son authenticité, sa simplicité primitive.

Voilà un village apaisant qui procure au promeneur une grande sérénité.

 

Saumane est surtout connu pour son château qui abrita le marquis de Sade pendant son enfance, mais le village, lui-même, mérite d'être visité, car il n'a pas été dénaturé par un tourisme de masse.

 

Les marchands du temple ne n'y sont pas installés et on a l'impression d'y retrouver la vie d'autrefois, paisible et calme...

 

 

 

 

 

Vidéo et photos : rosemar

Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
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Tout le charme d'un petit village de Provence : Saumane de Vaucluse...
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31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 14:14
Les retraités : les laissés-pour-compte de l'économie allemande...

 

 

En Allemagne, pays tant vanté pour sa réussite économique, de nombreux retraités se voient contraints de travailler, faute d'une pension suffisante : ils se disent les grands oubliés du miracle économique outre Rhin...

 

Un reportage du journal de 20 heures sur  France 2 nous montre un de ces retraités âgé de 73 ans : on le voit travailler dans les cuisines d'un hôtel berlinois, occupé à préparer des légumes, à faire la plonge...

Sa pension se réduit  à 870 euros par mois !

 

Comment vivre avec une telle somme, quand il faut payer loyer, électricité, charges diverses ?

 

Il a donc réussi à décrocher un mini job, pour 450 euros, il s'agit d'un contrat précaire de 40 heures par mois.

 

On apprend au cours du reportage qu'en Allemagne, la retraite moyenne s'élève à 1100 euros, mais c'est souvent beaucoup moins.

 

Un million de retraités sont donc obligés de travailler dans ce pays à l'économie "florissante" et trois millions de retraités vivent en dessous du seuil de pauvreté.

On le comprend : le système allemand, la multiplication de petits boulots, de formations diverses, au cours d'une carrière,  ne peut assurer une retraite décente à de nombreux salariés.

 

On voit aussi , au cours de ce reportage, que de nombreux retraités bénéficient de distributions gratuites de nourriture, faute d'une rétribution suffisante.

 

Les femmes sont particulièrement touchées : elles ont subi de plein fouet la réforme des retraites des années 2000 qui a pénalisé les travailleurs à temps partiel...

Depuis la réforme engagée par le gouvernement SPD dans les années 2000 pour faire face au déclin démographique du pays, les règles de calcul des retraites ont été modifiées. Au bout de 45 ans de cotisations, les seniors perçoivent moins de 50 % de leur ancien salaire. Pour un revenu moyen de 3 000 €, la retraite plafonne ainsi à 1 360 € bruts.

 

Ainsi, la réussite économique de l'Allemagne se révèle être un véritable cache-misère... Emplois précaires, petits boulots, temps partiels... Comment les retraités pourraient-ils avoir un revenu décent ?

 

La réussite de l'Allemagne n'est que le fruit du sacrifice de beaucoup de gens humbles contraints à vivre misérablement.

 

Et c'est ce modèle qu'on veut importer en France, depuis des années ?

Et c'est ce modèle dont on nous vante, sans cesse, les bienfaits ?

Une société qui néglige ainsi les gens âgés et les plus faibles ne peut être une référence...

 

 

Le reportage sur France 2 :

 

http://www.francetvinfo.fr/economie/retraite/reforme-des-retraites/allemagne-la-colere-des-retraites_2349609.html

 

Un article sur le sujet :

 

http://www.la-croix.com/Monde/Europe/En-Allemagne-retraites-sont-grands-oublies-annees-Merkel-2017-08-30-1200872918

 

 

 

 

Les retraités : les laissés-pour-compte de l'économie allemande...
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30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 12:30
J 'voudrais travailler encore avec mes mains d'or...

 

 


Le chômage, les usines qui ferment, telles sont les dures réalités de notre monde moderne : Bernard Lavilliers nous raconte cette tragédie qui anéantit les hommes dans une de ses plus célèbres chansons : Les mains d'or...

Le poète nous montre, d'abord, "Un grand soleil noir (qui) tourne sur la vallée..."

L'oxymore "soleil noir" symbolise le travail perdu, des usines abandonnées où la vie a disparu...

Un décor désolé apparaît, alors :

"Cheminées muettes - portails verrouillés 
Wagons immobiles - tours abandonnées 
Plus de flamme orange dans le ciel mouillé..."

Les cheminées personnifiées, devenues "muettes", semblent comme muselées, l'énumération des noms, sans verbe conjugué, restitue un désarroi, d'autant qu'ils sont accompagnés de termes négatifs.

La strophe suivante fait intervenir une comparaison : "On dirait - la nuit - de vieux châteaux forts 
Bouffés par les ronces - le gel et la mort ".

Un décor fantomatique est décrit, un décor à la fois somptueux et désolé.... Le verbe imagé et familier "bouffés" traduit une violence inouïe.

 

Ces lieux effrayants sont comme pétrifiés et anéantis dans une immobilité terrifiante.

Seul "un grand vent glacial" anime cette usine, faisant "grincer les dents" d'une machine à l'arrêt, devenu "monstre de métal dérivant".

 

Le refrain à la première personne est un hymne au travail bien fait : le personnage exprime une volonté de retrouver du travail, de manière insistante et réitérée.

"J'voudrais travailler encore - travailler encore 
Forger l'acier rouge avec mes mains d'or 
Travailler encore - travailler encore 
Acier rouge et mains d'or..."

 

L'expression "mes mains d'or" donne toute sa valeur au travail de l'ouvrier qui sculpte l'acier et le dompte.

 

L'ouvrier évoque, alors, sa vie passée dans ce "laminoir", un terme terrible, à double sens, le propre et le figuré, une vie consacrée à un dur labeur, une vie difficile...

 

L'énumération qui suit mêle mots concrets et abstraits : "Mes poumons - mon sang et mes colères noires 
Horizons barrés là - les soleils très rares..." Cette succession chaotique de mots insiste sur la dureté du travail de l'homme : il y a tout mis, ses poumons, son sang, sa vie, ses indignations... sans beaucoup d'espoir puisque les horizons sont barrés...

 

Le laminoir est même comparé à une "tranchée rouge", image guerrière très forte qui vient encore souligner l'âpreté du travail. On voit apparaître, aussi, une "saignée rouge sur l'espoir"...

 

La strophe qui suit est à nouveau métaphorique : l'usine abandonnée suggère des images de "navires de guerre 
Battus par les vagues - rongés par la mer 
Tombés sur le flanc - giflés des marées..." 
Vaincus par l'argent - les monstres d'acier..."

 

Ces navires échoués, balayés par la mer viennent alourdir le désarroi et la détresse du narrateur.

On voit, pour la première fois, apparaître, dans la chanson, le thème de l'argent, du profit : le texte est, ainsi, une dénonciation du monde de la finance qui délocalise, ferme des usines, au mépris de la vie des gens.

La toute puissance de l'argent est bien mise en évidence par cette évocation de ces navires anéantis et vaincus par l'argent...

 

L'ouvrier constate, alors, son inutilité : les négations se multiplient, évoquant un vide de l'existence....
"J'peux plus exister là 
J'peux plus habiter là 
Je sers plus à rien - moi 
Y'a plus rien à faire..."

 

Il en vient même à souligner un paradoxe vers lequel le conduit ce monde absurde de la finance :
"Quand je fais plus rien - moi 
Je coûte moins cher - moi 
Que quand je travaillais - moi 
D'après les experts..." 

 

Et, pourtant, l'ouvrier travaillait dur, il se "tuait" à la tâche, pour "gagner des clous...", expression familière qui accentue l'idée de misère sociale.

"C'est moi qui délire 
Ou qui devient fou 
J'peux plus exister là...", conclut, ainsi l'ouvrier face à ce monde qui inverse les valeurs. 

 

Un monde qui rend les gens fous, qui les anéantit, leur enlève jusqu'à l'espoir de travailler pour un salaire de misère...

La mélodie rythmée et lancinante restitue la douleur et le tourment de celui à qui on a enlevé sa raison de vivre...
 

 

https://youtu.be/C_FrCekiYSY

 

 

 

 

 

 

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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 12:50
Le choc de la rentrée...

 


 

La rentrée approche : et, dès que l'année scolaire est engagée, c'est pour les enseignants un véritable bouleversement qui commence, après le temps des vacances...

 

Le travail de l'enseignant est exigeant et prenant, car l'esprit est, sans cesse, mobilisé par toutes les tâches à accomplir : en début d'année scolaire, il faut d'abord se familiariser avec un nouvel emploi du temps, de nouveaux élèves qu'il faut apprendre à connaître.

 

Et, dès la première semaine, l'enseignant se doit non seulement d'assurer ses cours, de veiller à la discipline, mais aussi de prévoir le travail du trimestre, avec une progression, des exercices, des devoirs à préparer...

Car le temps passé en cours n'est qu'une petite partie du travail fourni par les enseignants...

 

La préparation des cours, la correction des copies occupent souvent les vacances, le week-end, si bien que le temps de loisirs se réduit à peau de chagrin.

 

Dès que l'année scolaire est lancée, c'est, pour les professeurs, une course pour finir les programmes, notamment, dans les classes à examen.

 

La surcharge des classes contribue également à un surcroît de travail, de fatigue et de stress. Les enseignants, confrontés à des classes hétérogènes, doivent s'adapter à un public très divers qui vient d'horizons différents.

Les semaines qui s'enchaînent au cours d'un trimestre ne laissent guère de place à la détente, aux loisirs...

 

Oui, la rentrée est un véritable choc car c'est le début d'un marathon qui s'achèvera à la fin de l'année scolaire, un marathon au cours duquel les enseignants se mettent au service des élèves, de leurs parents, de l'administration.

 

Ainsi, il n'est pas rare que les parents demandent des rendez-vous avec le personnel éducatif.... Il faut, alors, passer du temps pour donner des conseils, des directives précises.

 

Les tâches administratives font aussi partie du travail de l'enseignant : remplir régulièrement le cahier de textes de chaque classe, de préférence en double exemplaire, en cas de visite d'un inspecteur : sur papier et sur ordinateur.

Il faut veiller, au début de chaque heure de cours, à faire rigoureusement l'appel, noter les absents et transmettre cet appel à l'administration.

A la fin de chaque trimestre, il faut remplir tous les bulletins scolaires de chaque élève.

Il faudra avoir veillé auparavant à faire le relevé de toutes les notes des élèves.

 

Des réunions sont, parfois organisées en vue de la préparation de devoirs communs : les professeurs décident en concertation des exercices qui seront proposés aux élèves.

 

On le voit : les tâches sont multiples et diverses...

Le travail est conséquent : il exige disponibilité, rigueur, sérieux, attention permanente.

 

C'est certain : la rentrée bouleverse les habitudes de tout un chacun, mais plus encore pour les enseignants, c'est le début d'un long marathon qui mobilise l'esprit et exige un travail très absorbant.


 

 

 

 

 

Le choc de la rentrée...
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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 13:12
Nous sommes les descendants d'Homère...

 


 

On ne sait rien ou presque rien de ce poète qui a composé des milliers de vers, deux épopées qui nous sont parvenues par delà les siècles : l'Iliade et l'Odyssée...

 

On ne sait rien de celui qui nous a légué des poèmes d'une grande humanité, des histoires d'amour, de guerre et de paix : Homère.

 

A-t-il même existé ou bien ces épopées sont-elles l'oeuvre de plusieurs auteurs ? L'énigme reste entière.

 

Depuis 30 siècles, les textes d'Homère restent dans l'Histoire, ils sont gravés dans notre mémoire. Et pourtant cet auteur n'a jamais écrit une ligne... Il chantait. Il jouait. Il récitait, il déclamait ses poèmes au son d'un instrument de musique.

Et c'est postérieurement que ses oeuvres ont été fixées par écrit.

 

On connaît tous l'histoire de ce héros, Ulysse qui, après la guerre de Troie, erre pendant dix longues années sur la mer, affronte de multiples épreuves, avant de rejoindre sa patrie, l'île d' Ithaque.

On garde en mémoire certains épisodes célèbres : les sirènes, le Cyclope, Charybde et Scylla, les Lotophages, Circé la magicienne, la nymphe Calypso...

 

C'est Homère qui nous a transmis un art de raconter, avec une certaine rationalité, tout en imaginant des aventures extraordinaires.

C'est Homère qui invente la poésie... C'est Homère qui nous rend perceptible tout ce qui tend à nous échapper : il nous fait voir toute la beauté du monde...

 

"L'aurore aux doigts de rose, la mer vineuse, les rênes luisantes, Nausicaa aux bras blancs, la brumeuse mer... l'Aurore en robe de safran s'épand sur toute la terre, quand voici Zeus tonnant qui assemble les dieux sur le plus haut sommet de l'Olympe aux cimes sans nombre..." C'est ainsi qu'Homère nous rend sensible la beauté des êtres et des choses...

 

Le monde est plus riche de sens qu'il ne nous paraît : grâce à Homère, le monde se révèle plus grand, plus beau, plus intéressant que nous ne le supposions, car Homère transfigure le monde...

Homère est un de ces artistes qui nous délivrent d'une forme d'infirmité et d'étroitesse d'esprit.

 

Homère nous a transmis un héritage qui a inspiré de nombreux écrivains. Des tragiques, de nombreux auteurs ont repris les personnages, les thèmes traités dans l'Iliade et l'Odyssée...

 

Comment oublier aussi, les leçons d'humanité et d'humanisme que nous donne Homère ? L'hospitalité est une valeur cardinale dans les poèmes homériques : chacun se doit d'accueillir les inconnus, les étrangers. Le devoir d'hospitalité n'est-il pas omniprésent dans l'Odyssée ? Ainsi, Ulysse, après avoir été malmené par une tempête, est reçu avec tous les honneurs chez les Phéaciens...

Et les Grecs perpétuent encore de nos jours cette tradition ancestrale.

 

Les héros d'Homère ne sont-ils pas, aussi, des figures à valeur de symbole ? Ils représentent nos faiblesses, nos potentialités, nos peurs.

 

Homère a traversé les siècles car son message est essentiel : c'est l'amour, l'amour des siens et l'amour des autres, le respect que l'on doit à tout être humain... ce sont là les racines de notre civilisation.

 

L'oeuvre d'Homère reste, ainsi, une référence majeure.

Poésie, art du récit, leçons de vie, les textes d'Homère sont fondateurs et restent encore d'une brûlante actualité...

 

 

Source : une émission diffusée sur France Culture :

 

 

https://www.franceculture.fr/emissions/grande-traversee-celui-que-lon-appelle-homere

 

 

 

 

 

 

 

Nous sommes les descendants d'Homère...
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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 13:34
En été, sous un marronnier...

 

 

 

Dans le jardin, en été, une halte s'impose sous un marronnier...

 

La chaleur du mois d'août pesante, le soleil intense incitent à goûter l'ombre d'un marronnier, une ombre apaisante au feuillage dense et compact.

 

Les feuilles larges, abondantes offrent leur fraîcheur bienveillante.

Les feuilles aux tons de verts profonds procurent apaisement et sérénité.

 

Déjà, les feuilles, en cette fin du mois d'août, s'auréolent de bruns, de couleurs dorées, prémisses de l'automne...

Déjà, les feuilles sèchent au soleil : les bords révèlent des teintes automnales... ocres, orangés, brûlures sombres...

 

Le vert et le brun se côtoient : l'éclat du printemps et la morsure de l'automne, tableau contrasté de couleurs.

Les feuilles vont prendre peu à peu leurs teintes automnales.

 

Perché sur une branche, un pigeon profite aussi de l'ombrage du grand arbre.

Serein, il goûte aux éclats variés de ces feuilles qui hésitent entre été et automne.

Il connaît l'alternance des saisons, il en sait les beautés, il savoure, lui aussi, l'été finissant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos : rosemar

En été, sous un marronnier...
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25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 13:24
Galets aux formes oblongues ou arrondies...






Les galets aux formes oblongues ou arrondies resplendissent de lumières, sous les flots : ils s'étirent de reflets, de blondeurs sous le soleil éclatant du sud.

Ils déploient des teintes variées de bruns, blanc, de roses, de pourpres.

Polis par l'eau, les galets aux arrondis pleins de douceurs, révèlent des formes apaisantes et lisses.

Le mot suggère bien la solidité de la substance, grâce à la gutturale "g", empreinte d'âpreté et de rudesse.

Les voyelles "a", "e" s'arrondissent comme pour nous montrer les ovales adoucis de la pierre.

Les galets sculptés par l'eau laissent voir la fluidité des vagues.

Les galets font, parfois, apparaître des micas, des étoiles brillantes, éblouissantes au regard.

Certains sont, même, sculptés par la main de l'homme et deviennent de véritables oeuvres d'art, tel ce galet ramené d'un de mes voyages en Grèce : le bas-relief d'un éphèbe au profil harmonieux...

Ce galet lumineux, d'un blanc de lys, laisse apparaître le profil d'un jeune grec, avec un oeil vu de face, à la manière antique.

Le front ceint d'un bandeau, cet éphèbe aux cheveux savamment bouclés, sourit légèrement. Le menton volontaire, le nez droit, la sérénité du visage, l'oeil épanoui donnent à ce portrait une harmonie pleine de douceur.

Ce galet, souvenir d'un voyage en Grèce, si doux au toucher évoque toute la statuaire antique : des marbres blancs, des formes élégantes, simples, des oeuvres d'art empreintes d'harmonie, de beauté.

Ce simple galet, taillé révèle un goût délicat, un charme fait de modestie, de retenue.

Des éclats de brillance nimbent légèrement la pierre...

Le visage si doux de cet éphèbe, sa limpidité émeuvent : ce galet fait surgir des images de villes antiques : Delphes et sa vallée des oliviers, Olympie, Cap Sounion, Athènes...

 

Le mot "galet", en lui-même suggère des images méditerranéennes, des flots redoublés qui s'enroulent et déferlent sur des plages irradiées de soleil, des embruns marins, des reflets éblouissants...


 





Photos : Pixabay et rosemar

Galets aux formes oblongues ou arrondies...
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